Yarol Poupaud est un homme qui multiplie les casquettes. En tournée avec Johnny, en projet de reprise avec Darkminou, en sortant un album solo sous son nom, ce musicien ne s’arrête jamais. L’artiste est partie en tournée cette hiver afin de préparer son premier album qui sortira en février. Une vie effrénée qui lui va bien.

Ta vie est bien chargée musicalement ! Musique de film, producteur, organisateur… Ou trouves-tu le temps ?
Tu fais bien d’en parler, y a moyen de rallonger les journées ? (rires) Quand un projet me motive, je réfléchis pas, quitte à le regretter plus tard niveau temps. Mais tout me nourrit, fait rencontrer des gens, vivre des expériences. Travailler sur une musique de film me faire apprendre quelque chose qui me servira à travailler sur mon album solo, etc. Si je n’étais que musicien à jouer derrière d’autres chanteurs, j’en aurai marre, si j’étais toujours en studio, la route me manquerait… Je suis assez heureux d’avoir plusieurs casquettes !

Et de Blackminou à Yarol ?
Blackminou est un projet monté à Pigalle juste pour faire des reprises, juste parce que la scène me manquait. J’ai appelé des potes, mon frère, on est descendus dans le bar en bas de chez moi pour faire des reprises. Entre les tournées de Johnny, j’étais content de faire des petits trucs. On faisait des stades, c’était énorme. Mais j’aime ce côté intimiste, proche du public. C’était ça l’idée Blackminou. Ce n’est pas un groupe, plutôt un collectif de musiciens. Le guitariste est avec Indochine, le bassiste avec Etienne Daho… On a un melting-pot de gens qui se mélangent pour faire des dates. Tu vois, les Beatles ne sont pas interchangeables ! (rires) Le nom est resté comme une colle aux basques, et c’est plutôt devenu le nom du back band plutôt que d’un groupe en lui-même. Quant à Yarol, mon album sort en février, et j’ai décidé de faire des dates pour se préparer. C’est assez surprenant car le public ne sait absolument pas à quoi s’attendre. Après on s’adapte et on fait quelques reprises suivant comment le concert se passe, mais j’aime bien cette idée de surprendre le public et voir leurs réactions à chaud.

Tu as joué avec Victor de Dirty Deep. C’est important pour toi de transmettre ton savoir ?
Transmettre pas vraiment, c’est une collaboration qui se passe dans les deux sens. On m’a proposé d’enregistrer car j’étais dans la région et j’espère sortir un petit 45 tours, quelque chose de marrant. J’aimerais bien faire quelques collaborations et enregistrer avec des groupes de la scène locale. Paris c’est sympa, mais j’aime passer du temps dans d’autres villes, l’énergie est différente et c’est bien de sortir de Paris où l’on tourne parfois en rond et où l’on se croit les rois du monde.

Comment définirerais-tu le rock aujourd’hui ?
Pour moi, c’est plus un prisme qu’un style de musique. C’est aussi une attitude, une façon de se mettre en danger. Il y a des gens qui font du rock qui n’ont pas l’attitude, et vice-versa. La musique en soit n’est plus beaucoup représentée. À la base c’est une musique d’adolescent qui se retrouve à une musique de daron qui se retrouve le soir à écouter du Led Zep avec un cognac à la main. Il y a Last Train qui cartonnent bien, Mannequins sont incroyables…. Il y a plein de gens qui ont cette énergie assez unique qui méritent un peu d’attention. Après le public ne suit pas forcément, le mainstream est trop présent. Tu vois mon gosse de douze ans il aime le rap et l’électro.

Et surtout les clubs qui ferment !
C’est dramatique ! Mais pas seulement pour le rock, ce sont des clubs d’expression, de culture. Mais ça fait du bruit dehors, c’est pas aux normes, ça crée des problèmes pour les gens qui veulent le silence. Tu vois le bar où j’ai commencé Blackminou n’avait pas de sortie de secours, tout le monde fumait dedans… Heureusement que rien n’a brûlé sinon on était tous morts (rires), mais ça a cette âme unique, on a fait beaucoup d’efforts en France pour monter des SMAC. C’est toujours un peu trop clean pour moi, mais c’est toujours ça ! [Jérémy Cardot + Nicolas Keshvary]

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