Sa mélancolie coule, l’espoir se fraye un chemin; elle explore les nuances de la guérison. Il y a chez Alexandrine Larson une sensibilité rare lorsqu’elle livre son folk introspectif. Ces dernières années, l’autrice-compositrice-interprète a participé à plusieurs concours musicaux, révélant finalement son premier microalbum Eaux douces le 28 janvier 2026.
Œuvre en triptyque où l’on aborde les lieux intimes d’une jeune femme, l’album se déploie d’un air tempéré, sous la délicatesse du jeu de guitare. Elle exprime un deuil amoureux persistant dans Quelque part – chanson qui a remporté le prix du meilleur texte à Chante en Français en 2025 – avec une franchise dépourvue de rancune. À l’opposé, elle brosse une idylle teintée de nuances dans Sans fièvre; elle admet ses parts d’ombre. Sa plume, désaltérée d’impressionnisme, miroite un cristallin de voix ; l’essence de sa poésie chante, elle résonne juste.
Alexandrine Larson confie la réalisation à Marcus Lowry (Belle Grand Fille), artiste montréalais de la scène folk anglophone, qui assure une panoplie d’instruments (violon, guitares, basse, orgue à pompe, synthétiseurs, batterie, percussions). Ce dernier conçoit tous les arrangements d’un subtil rendu folk baroque aux mélodies épurées. Savoir-faire et dévouement se reflètent dans sa démarche. Son empreinte s’harmonise avec l’hypersensibilité de Larson, l’atmosphère musicale atteignant même des recoins bouleversants, à la Patrick Watson. Se joignent au petit cercle d’instrumentistes Joe Grass (mandoline, pedal steel) et Sandrine Masse (alto).

« Le soleil sur le rivage
Semble moins loin avec l’âge
Et plus vaste l’étroit passage
Où je pose mes pieds
Dont je retrouve l’usage
Je ne suis plus mon propre otage
Je suis une femme sauvage
Je migre à chaque été »
–Les battures
Dans la troisième plage, Les battures, la chanteuse jaillit une étincelle d’espoir à travers un texte où l’expression « voler de ses propres ailes » prend une signification personnelle, presque libératrice. L’interprète exploite même le meilleur d’elle-même, moins crispée qu’au début. Sa voix agile, évocatrice d’une jeune Joni Mitchell, parvient à transmettre fragilité et résilience; qualités inhérentes pour se niveler à la stature des folkeuses québécoises réputées, telles que Beyries.
En trois actes, Eaux douces capture un échantillon de douceur folk chatoyante, dans laquelle Alexandrine Larson nage aisément dans son art. Avec elle, on flotte sur ses chansons modestes, mais captivantes par leur teneur incarnée. Ce premier microalbum dévoile quelques brillances d’une identité encore en émergence, mais revêtue d’un éventail de possibilités.
Crédit photo : Rebecca Vachon
Pour écouter Eaux douces :
