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Trois ans après l’album des retrouvailles, le quatuor de San Francisco revient avec un disque qui allie virtuosité et enthousiasme, mélodies et technicité. Un exercice pleinement réussi.

Comment Pat Torpey (batteur) se porte-t-il?

Billy Sheehan: Il va beaucoup mieux (ndlr: en début d’année, il a été diagnostiqué comme atteint de la maladie de Parkinson). Il y a peu, nous pensions qu’il ne pourrait pas nous suivre sur la tournée européenne, mais il a fait d’importants progrès. Jamais nous n’aurions pensé qu’il puisse reprendre l’avion. C’est un miracle!

Comment le groupe gère-t-il cette situation nouvelle et difficile, tant d’un point de vue personnel que musical?

C’est une épreuve difficile pour chacun de nous. Il peut se joindre à nous sur scène par moments pour les chœurs et lors du passage acoustique. Il est même capable de jouer un ou deux morceaux, ce qui est fantastique! Nous sommes très heureux de le voir revivre. Son remplaçant (ndlr: Matt Starr, le batteur d’Ace Frehley) est très proche de lui afin d’être sûr qu’il joue comme lui. Matt est merveilleux et se montre très coopératif pour jouer de manière à sonner comme nous le souhaitons. Tous les deux collaborent étroitement.

Dans quelle mesure Pat a-t-il joué sur le nouvel album?

L’album ne contient pas de véritable partie de batterie. Toutes les mesures ont été programmées, nous avons utilisé le bruit que font ses baguettes. Lorsque nous avons entendu le produit fini, nous nous sommes dit: ‘C’est exactement ainsi que Pat aurait joué’.

Ce drame a-t-il changé votre façon de voir la vie?

Je me suis posé ces questions existentielles il y a longtemps déjà, notamment après avoir perdu des proches. J’avais déjà tenté de comprendre le sens de ces choses. Dans le cas de la maladie de Pat, j’en avais entendu parler auparavant, mais cela me touche bien plus fortement aujourd’hui qu’un ami aussi cher en soit affecté. J’essaie donc d’encourager du mieux que je peux ceux qui passent par de grandes difficultés, car je crois qu’il y a des leçons à en tirer. Je suis heureux d’être présent pour quiconque traverse une épreuve.

Quelles sont les valeurs qui vous sont chères?

J’essaie de voir les choses, quelles qu’elles soient, d’un point de vue positif. Dans chaque situation, il y a quelque chose à apprendre. En fait, je crois que je suis un «solutionneur de problèmes». Transmettre des encouragements et de l’enthousiasme, être une source d’inspiration pour les autres, voilà ce que je vise. Et je crois sincèrement que j’y arrive plutôt bien. J’ai même contribué à aider des amis à sortir de la drogue et à mener une vie honnête.

A quoi le titre de l’album, ‘…The Stories we could Tell’, fait-il référence?

A une chanson des Everly Brothers dont les paroles disaient en substance que peu importe les difficultés, les catastrophes, les tragédies, un jour il sera possible d’en garder un bon souvenir et de raconter ces événements comme des anecdotes. D’ailleurs, ces temps-ci, nous passons du temps quand nous voyageons en bus de nous raconter toutes nos péripéties. Il est possible aujourd’hui de rire de situations qui ne nous ont pas fait rire sur le moment. Mon père était un très bon conteur. J’adorais l’écouter raconter des histoires: c’était une tradition dans notre famille irlandaise.

Vos textes parlent le plus souvent d’amour. Peut-on en déduire que Mr. Big est un groupe qui n’a pas de message à transmettre?

Au contraire, nous avons beaucoup de messages à transmettre. Nos chansons parlent d’espoir, de tolérance, d’amitié, de respect. Nous recevons quantité d’e-mails de gens que nos chansons ont aidé à traverser une épreuve. J’ai conservé une centaine de lettres de personnes qui nous ont affirmé avoir renoncé à se suicider après avoir écouté Mr. Big. De manière générale, le public sourit à nos concerts et en repart avec une bonne dose d’énergie positive. Si nous pouvons transmettre un peu de force, nous en sommes ravis.

En regardant en arrière, de quoi êtes-vous le plus fier?

Je suis heureux d’avoir pu garder les mêmes amis depuis quarante ans, ceux qui étaient là lors de mes premiers concerts dans les années septante. Je suis toujours en contact avec eux, je sais ce qui se passe dans leur vie. Je suis fier d’avoir pu conserver ces liens.

Vous êtes un virtuose: quelle est la part de talent et la part de travail pour arriver à votre niveau?

0,5% de talent et 99,5% de travail. Comme je suis un «solutionneur de problèmes», je me suis acharné à trouver des solutions pour maîtriser les accords difficiles, compliqués, pour jouer rapidement, pour créer des notes improbables. Je me suis montré enthousiaste, déterminé et inspiré. D’ailleurs, je me suis davantage inspiré aujourd’hui et je m’exerce beaucoup. Je joue trois heures par jour dans ma chambre d’hôtel. Je me laisse inspirer par tout: les musiciens, les chanteurs, la guitare, le piano, Frank Sinatra, Jimi Hendrix, Oscar Peterson. J’aime le jazz, la musique classique, le blues, la pop, le folk, la musique ethnique, la dance, Prodigy, Fatboy Slim: tous les styles m’inspirent.

Comment vous décririez-vous en cinq mots?

I will always be learning. (‘Je serai toujours en train d’apprendre’).

Brièvement, que pensez-vous des ces bassistes?

Lemmy : Je l’adore, c’est un gars merveilleux.

Steve Harris : Je l’aime beaucoup. Il est très gentil et généreux. Nous utilisons les mêmes cordes de basse et avons fait une fois une séance photo ensemble pour notre sponsor. En plus, il a une fille, Lauren Harris, très talentueuse.

Geezer Butler : Je l’ai rencontré quelques fois. Les premiers albums de Black Sabbath ont été très importants pour moi, je me suis littéralement plongé dedans.

John Myung : C’est un bassiste incroyable, mais je ne suis pas très familier avec la musique de Dream Theater qui me fatigue rapidement car trop compliquée à mon goût. Le rock progressif ne doit pas forcément être compliqué : les premiers albums de Genesis et King Crimson étaient accessibles.

Gene Simmons : Il a été très gentil avec moi, notamment en twittant que The Winery Dogs (ndlr: le groupe que Billy Sheehan a monté avec Mike Portnoy et Richie Kotzen) était pour lui le meilleur nouveau groupe rock du moment. D’ailleurs, Paul Stanley, Tommy Thayer et Eric Singer nous ont également félicités. Et j’ai joué un jour sur scène avec Ace Frehley et Peter Criss. Je n’ai jamais été un fan de Kiss à proprement parler, mais je dois reconnaître qu’ils ont réussi à créer une marque connue dans le monde entier. Et j’adore leur chanson ‘Magic touch’.

 

 

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FICHE CD
‘…The Stories we could Tell’
Frontiers Records

www.mrbigsite.com