Actuellement en tournée européenne et en concert le 5 mai prochain au Hallenstadion à Zurich, le guitariste blues rock Joe Bonamassa présentera son nouvel album sorti en septembre 2018 intitulé « Redemption ». L’artiste, qui ne cesse de se renouveler, a accepté de nous en dire un peu plus sur ce nouveau projet.


As-tu été satisfait par les réactions du public et des médias à la sortie de ton nouvel album « Redemption » ?

J’ai été très heureux des retours que j’ai reçus. Honnêtement, je ne m’attendais pas à un accueil aussi bon. On a essayé de nouvelles choses et expérimenté différents types de morceaux et de styles. À vrai dire, je pense qu’on a fait l’album dans l’optique de faire des concerts encore plus aboutis. Le live et les albums forment un tout.

Qu’est-ce qui t’a le plus surpris ?

Je crois que la plus grande surprise à propos du dernier album est l’absence de retours négatifs ! J’entends par là que parfois, lorsqu’on tente un léger changement de style ou quelque chose de nouveau, le public tend à réagir de manière négative. Mais les échos qu’on a eus sont bons. Je crois qu’on a réussi à faire un bon mélange de classique et de moderne, et des morceaux qui claquent, tout simplement.

Pour moi, « Redemption » est le meilleur album de Joe Bonamassa à ce jour. Il est riche et varié, parfois très funky, parfois plus rock, avec beaucoup de blues dans les douze morceaux ! Du bon boulot !

Cet album est vraiment le meilleur qu’on ait enregistré depuis longtemps. « Self Inflicted Wounds » est probablement le meilleur morceau que j’aie écrit en dix ans. Il y a un message fort. La chanson a touché de nombreuses personnes et elle signifie beaucoup pour moi. Elle est liée à plusieurs périodes de ma vie.

En mai, tu seras de retour en Allemagne avec ton groupe. On dirait qu’il y a quelque chose de spécial entre tes fans allemands et toi !

L’Allemagne a toujours été un endroit particulier pour moi. C’est l’un des premiers pays où les gens se sont souvenus de mon nom. Le public a vraiment été derrière moi, même quand on enchaînait tous les bars à bière de Bavière qui voulaient de nous. On faisait douze ou treize concerts à la suite, ça nous tuait, mais le public répondait toujours présent. C’est tout simplement un pays magnifique pour une tournée. Le public m’a toujours beaucoup encouragé, c’est l’un des endroits où je préfère jouer.

Qui fait partie du groupe en 2019 ?

Cette année, nous avons Anton Fig à la batterie. Il est connu pour avoir joué dans le Late Show de David Letterman et comme batteur de studio. Et il a joué longtemps avec Link Wray. C’est un batteur incroyable, l’un des meilleurs au monde. À la basse il y a Michael Rhodes, Reese Wynans aux claviers, Paulie Cerra au saxophone, Lee Thornburg à la trompette, et enfin Jade MacRae et Mahalia Barnes aux chœurs.

Pourrais-tu nous en dire un peu plus sur ton programme actuel en live ?

C’est le dixième anniversaire de notre spectacle de 2009 au Royal Albert Hall. On a ressorti certains des morceaux que les fans aimaient le plus. On ne les jouait plus depuis six ou sept ans parce qu’on avait besoin d’aller de l’avant, avant que les morceaux ne lassent le public… et moi-même ! On a donc repris ces anciens morceaux dans une nouvelle formule.

En tant qu’artiste, quelle partie d’un concert aimes-tu le plus ?

Clairement, le rappel ! Quand le public est vraiment à fond et nous donne un tonnerre d’applaudissements. J’apprécie particulièrement ces moments, parce que pour moi, ça veut dire qu’on les a transportés du début à la fin et qu’ils en ont eu pour leur argent !

Est-ce que tu aimes improviser sur scène ?

En fait, j’aime bien faire une partie de stand-up au milieu du concert. Pour tout dire, j’aime faire le comédien de temps en temps. Je ne suis pas très doué et je me ferais certainement huer dans un théâtre, mais je me dis que puisque les gens sont là de toute façon, ils ont le choix entre rire ou chercher une bière.

Est-ce que cette tournée a un thème, comme « The Guitar Event Of The Year » pour la dernière tournée ?

Non, absolument pas ! Cette tournée est simplement une tournée de Joe Bonamassa, et le but est de marquer le dixème anniversaire du concert au Royal Albert Hall. Je dirais que c’est ça, le thème de la tournée.

Combien de guitares as-tu ?

Combien de guitares est-ce que je possède ? Au dernier décompte, entre 430 et 440, mais j’ai arrêté de compter !

Quelle est ta guitare préférée ?

Ma guitare préférée est celle qui est accordée et celle sur laquelle je joue en ce moment.

Est-ce que tu lui as donné un nom, comme B.B. King avait baptisé sa guitare « Lucille » ?

Je ne donne pas un nom à toutes mes guitares. Certaines sont des guitares, point. La plupart du temps, je joue sur telle ou telle guitare pour un morceau bien précis, qu’il s’agisse d’un accordage particulier, d’un but recherché ou d’une qualité sonore. Ou pour frimer. Au public de décider…

Tu tournais déjà avec B.B. King quand tu avais 12 ans. Peux-tu nous en dire plus ? 

J’ai rencontré B.B. King à 12 ans, en 1990. Il était très bienveillant et m’a toujours soutenu au fil des ans. Je l’ai connu 25 ans. Voici la meilleure chose qu’il m’ait jamais dite : « Garde ton style. Ne change surtout pas, sous aucun prétexte ; tu t’en sors très bien ! » Lorsqu’il m’a donné ce conseil, les choses n’étaient pourtant pas simples pour moi en termes de carrière ! Et si j’avais changé quoi que ce soit, je ne serais pas là en train de te parler ! C’est vraiment le meilleur conseil qu’il m’ait donné. Et à 80 ans, il m’a montré comment transférer des morceaux d’un laptop à un iPod ! Véridique !

Tu es clairement l’un des meilleurs guitaristes au monde. Si tu devais donner un conseil à un jeune talent, que lui dirais-tu ?

La même chose que m’a dite B.B. Fais ton truc et assume-le ! Ne change absolument rien, car si suffisamment de personnes te disent que ce que tu fais n’est pas bien, il y a des chances que tu sois tombé sur un truc unique. Et c’est ce qui compte : quelque chose d’unique !

Tu es connu pour ta collection incroyable de guitares vintage, de matériel et d’objets de collection. Est-ce vrai que tu appelles ça le « Bonaseum » ?

C’est vrai que ma maison est un peu un musée avec une cuisine. J’ai commencé à collectionner des guitares à l’âge de 11 ou 12 ans. Quand j’avais 200 dollars en poche, je m’achetais un ampli Fender ! Ça fait partie de moi, c’est quelque chose que je fais depuis presque 35 ans. Je suis tombé dedans quand j’étais gamin, grâce à mon père. J’avais 8 ans. Je pense qu’on est collectionneur ou on ne l’est pas ! On me demande souvent si j’ai besoin de toutes ces guitares. Non, je n’en ai pas besoin, je les collectionne, tout simplement. Je préserve l’histoire.

C’est une collection privée à laquelle seuls tes amis et toi ont accès ?             

Tu dois être très sympa avec moi et faire un dépôt de 100 dollars pour visiter le « Bonaseum » !

Quel est ton sentiment à propos de la scène blues du moment ? Est-elle en bonne santé ?

Oui, en très bonne santé ! Il y a plein de jeunes très bons, d’excellents artistes qui percent, une sorte de résurrection. Et c’est une très bonne chose. Je pense que mieux le blues sera représenté, mieux il se portera.

Quelle musique écoutes-tu en privé ?    

A la maison, j’évite deux choses : la musique trop forte et les foules. En général, j’écoute des émissions à la radio.

Quelle est selon toi la chanson de blues parfaite ?

Pour moi, le meilleur morceau de blues est « The Thrill Is Gone » ! C’était un tube. Tout est parfait, aussi bien la mélodie que le refrain, et il n’a pas pris une ride ! Et il suffit d’entendre les deux premières notes de l’intro pour reconnaître le morceau.

Pour terminer, pourrais-tu nous dire ce qui suivra ta tournée en Europe au printemps puis aux Etats-Unis en été ?

Quand la tournée en Europe sera terminée, je vais commencer un nouvel album solo et on l’enregistrera au studio Abbey Road à Londres. On va tout faire à Abbey Road. Je ferai enfin du british blues au Royaume-Uni !

 

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