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Usine PTR, backstage, les Canadiens paraissent détendus. Normal, ils ont sorti un tout bon album avec ce ‘IV’ et peuvent désormais se concentrer sur les concerts et nous faire planer et secouer du chef avec des morceaux hypnotisants ou plus dynamiques qui donnent de chouettes contrastes.


Le dernier album de Black Mountain date de plusieurs années (‘Wilderness Hearts’ en 2010), mais vous avez sorti une musique de film (ndlr : ‘Year Zero’). Comment était-ce de composer sur des images ?
Stephen McBean (chant/guitare) : En fait, l’album comportait à moitié de veilles chansons et peut-être cinq nouveaux morceaux. Jeremy a fait une bande-son pour un vrai film. Nous c’était un petit film sur le surf. Je crois qu’on l’a fait car on aime Joe Guglielmino (ndlr : le réalisateur). C’était filmé en 16mm, ça nous plaisait. On l’a regardé et on a fait quelque chose. C’est pas vraiment comme faire une bande-son pour un vrai film.

C’est différent de composer sur des images ?
Oui, tu te distancies différemment du projet. Tu n’auras pas besoin de le jouer en concert et si quelqu’un te dit que c’est nul, tu peux blâmer le film (rire).

Quels genres d’idées vouliez-vous mettre dans ce nouvel album ?
On voulait juste montrer où on en est maintenant. Cinq personnes vivant leur vie. On n’avait pas vraiment de pression autre que la pression artistique que nous nous mettons sur le dos pour arriver à quelque chose que qui nous satisfait. En fait, on était plutôt enthousiastes par rapport à la direction qu’on prenait. On a écrit quelques chansons. Certaines étaient bonnes, d’autres moins. On se réjouissait car cela semblait facile.

Pour moi, cet album se situe à mi-chemin entre ‘In the Future’ et ‘Wilderness Heart’, vous êtes d’accord ?
Oui, je pense qu’on a pris plusieurs éléments de chacun. Il y a ce côté surenchère de ‘In the Future’… Je ne sais pas trop en fait… C’est facile pour toi d’analyser (rire).

Commencer l’album par ce monumental ‘Mother of the Sun’, long de huit minutes, c’est gonflé. Etait-ce pour nous faire plonger profondément et instantanément dans l’univers de ce disque ?
En fait, on fait comme bon nous semble. C’est vrai qu’on a des références basées sur les vinyles. On pense que les gens vont écouter le tout et pas une seule chanson. Cela résume un peu toutes nos personnalités dans le groupe.
Josh (batterie) : C’était un choix évident pour nous après avoir regardé toutes les chansons. C’est une excellente introduction. Cela t’emmène dans l’espace pendant un moment.
Stephen : C’est comme un gladiateur qui se lance à fond dans une bataille sans sourciller (rire).

D’où prenez-vous votre inspiration pour ce genre d’atmosphères ?
Il y a tous ces éléments que les membres du groupe affectionnent comme les riffs, les synthé. On aime tellement de musiques différentes en ce moment.

C’est intéressant que tu dises ça car on sent plusieurs influences comme la musique psychédélique des 70’s ou alors ce côté plus punk qu’on retrouve dans ‘Florian Saucer Attack’ par exemple.
Oui certains d’entre nous adorent le punk, d’autres le détestent. Ce mélange, c’est un peu la personnalité du groupe. Toi, tu entends ce genre d’influences et quelqu’un d’autre pourrait en entendre d’autres. Cela dépend dans quel environnement tu te trouves et ce qui s’y passe. C’est pareil pour le groupe. Chacun sent différentes vibrations.

Pour toi par exemple, qu’est-ce qui t’inspire autour de toi ?
Ça peut être n’importe quoi : aller à un concert et voir un groupe super, ça peut être un film. Des fois, tu te balades dans le rue et tu vois un petit chiot et ça te donne envie de rentrer chez toi et de jouer de la guitare (ndlr : what ?!). De la bonne bouffe (rire).
Josh : Les gens aussi… Des fois, tu as une idée et tu veux l’essayer car tu aimes cette idée, mais ça ne marche pas toujours.

Vous être le genre de groupe à essayer une tonne de trucs lorsque vous répétez ou quelqu’un arrive avec un morceau déjà presque terminé ?
On est bizarre car on fait un peu tout et n’importe quoi. Par contre, on est assez rapides pour déterminer si c’est du Black Mountain ou pas. Un morceau folk ou ‘Florian Saucer Attack’ sont très différentes, mais on voit assez vite qu’elles ont un cœur ‘blachmountanesque’. D’autres trucs peuvent sonner très bien, mais ce n’est pas nous.

Vous ne mettriez pas une chanson qui ne sonne pas comme du Black Mountain ?
Ce n’est pas le morceau, mais le feeling Black Mountain. On ne sait jamais.
Josh : Finalement, toutes les morceaux qu’on fait ressemblent à du BM puisque c’est nous qui jouons. Ce sont plutôt les gens qui penseraient que ce n’est pas nous. Certaines personnes trouvent que ‘IV ressemble beaucoup à ‘In the Future’ et d’autres trouvent que l’album est plus doux. Certains pensent que ‘Wilderness Heart’ est l’album le plus rock et d’autres le trouvent acoustique. Personnellement, je pense qu’il a les deux côtés.

Vous êtes plus ‘studio’ ou ‘live’ ?
Josh : On est les deux, on aime les deux. En live, on se connecte avec les gens. En studio, on est connecté avec le son, on est perfectionnistes. On fait gaffe à tous les détails, on change beaucoup de choses. En live, ça fonctionne ou ça fonctionne pas.
Stephen : La chanson ‘Druganaut’, qui a quinze ans maintenant, je suis arrivé à la répète et j’ai dit à Josh ‘Regarde j’ai ce chouette riff à la Jimi Hendrix’ et ensuite, on l’a gardé sur l’album. En fait, ça peut être excitant parfois de terminer quelque chose. Tu es content, tu prends une tuée, tu vomis le jour après mais…
Josh : … et tu oublies tout (rire).
Stephen : En live, ça dépend du son, des salles de concert, des gens présents…

La pochette est très chaotique et très 70’s avec plein de trucs dessus. Que vouliez-vous montrer? C ‘est une pochette qui incite à acheter en format vinyle aussi.
Josh : C’est le genre de pochettes qu’on aime. On aime aussi ce grand format. Tu peux t’y perdre facilement.

En parlant de vinyle, avez-vous la série et qu’en pensez-vous ?
J’ai vu quelques épisodes. C’est chouette, mais ça ressemble à un dessin animé. C’est divertissent, mais c’est très exagéré. C’est chouette car cette période m’intéresse particulièrement. Mais bon quand le bâtiment s’écroule et que rien ne se passe ensuite… Du côté de l’industrie musicale, je pense que cela est assez véridique.

Qu’avez-vous sur votre iPod ou votre vinyle player en ce moment ?
Stephen : On a beaucoup de Sun Ra. L’autre jour, on a écouté Judas Priest ‘Sad Wings of Destiny’ c’était chouette.  Et toi ?

Moi, j’ai le nouveau Suns of Thyme qui est génial. C’est un mélange entre les 80’s, le post punk et les 70’s.
Josh : On a écouté les Spits hier.

Fiche CD
‘IV’
Jagjaguwar Records
http://www.blackmountainarmy.com/
note 2.
5