À l’occasion du Greenfield Festival, nous avons fait la connaissance de Pär Sundström, bassiste du groupe Sabaton, pour une interview qui s’est déroulée dans la joie et la bonne humeur. On a même eu droit à une « séance photo » dans un endroit choisi avec soin par Pär lui-même, histoire d’avoir de quoi bien « fangirler » par la suite. Rencontre avec un homme simple et adorable.


 

Comment vas-tu ? Bien arrivé ?

Je vais bien. Vraiment bien à vrai dire. J’étais déjà là hier, pour faire le tour du festival, en profiter et l’atmosphère est bonne donc je suis dans un bon état d’esprit.

As-tu vu quelques concerts hier ? 

Je suis arrivé tard mais j’ai vu Slipknot. Il y avait pas mal de vent mais ça donnait super bien quand ils jouaient. J’ai toujours aimé arriver plus tôt quand c’est possible.

As-tu fait le tour de la ville aujourd’hui ? 

Oui un peu. Je me suis levé dans un hôtel en ville et après je suis allé faire un tour. C’est tellement magnifique! J’adore cet endroit ! J’étais tellement heureux d’arriver ici hier. Je suis venu depuis Genève, j’ai fait un stop à Lausanne et après conduit jusqu’ici.

Ce sont nos villes!

Excellent ! Lausanne ?

Je suis de Lausanne et elle de Genève.

Oh j’aime beaucoup Lausanne. Ma sœur habitait là-bas il y a 25 ans, je venais souvent lui rendre visite. Donc j’aime bien y repasser.


Greenfield 2019 – Sabaton ©Nicolas Keshvary

Nous avons plusieurs questions sérieuses et après quelque chose d’un peu plus fun ! Vous avez présenté votre nouvel album à Verdun: était-ce la première fois que vous alliez à une conférence de presse dans un champs de bataille et comment l’avez-vous vécu ?

Ça l’était effectivement. Nous voulions le faire plus tôt. Mon idée de départ était de le faire pour Carolus Rex, dans l’église où celui-ci est enterré par exemple. C’était mon idée pour cet album mais ça n’a pas marché, nous n’avions aucune chance de le faire. À cette période nous traversions de grands changements dans le groupe donc nous ne pouvions pas gérer quelque chose d’aussi important.

C’était beaucoup de travail car nous avons fait venir plus de soixante journalistes. Plusieurs d’entre eux ont eux-mêmes ramené du monde d’un peu partout en France. C’était un grand projet mais c’était génial et tout s’est parfaitement bien déroulé.  C’était tout ce que j’ai toujours voulu. Tout le monde était là pour écouter l’album, nous parler et nous donner leurs impressions sur notre travail. Nous avons aussi ramené l’équipe de la Sabaton History Channel afin qu’elle se présente d’elle-même. Ils ont rajouté quelques touches d’histoire avec Indy et Spartacus de la chaîne. Donc tout était absolument merveilleux! J’ai adoré !

Le referais-tu ?

Oui !

Vous abordez le thème de la guerre dans vos chansons. Pour toi, quelle guerre a été la pire ?

Ça prend du temps d’y songer. Toutes les guerres ont été horribles évidemment. Mais certaines ont été plus sombres et brutales que d’autres. Certaines ont eu plus ou moins de sens et d’autres ont été absolument inutiles. En fait, certaines d’entre elles se sont déroulées récemment. Je pense que les anciennes guerres ont plus de sens que celles qui se passent en notre temps, mais après ça devient politique donc voilà.

Si j’y réfléchis, nous parlons de la Première Guerre Mondiale dans notre nouvel album, je la trouve très sombre. Je la trouve très personnelle à bien des égards même si au regard du nombre de personnes impliquées cela n’a plus aucun sens. Cela devient d’une certaine manière personnel quand les armes ne sont pas aussi développées. Beaucoup de choses se déroulaient en rapproché, les yeux dans les yeux, main à main et cela, au début du 20ème siècle, quand l’influence de la religion s’était affaiblie. À l’inverse, énormément de gens du 15ème siècle pouvaient marcher en direction d’une armée adverse, être abattus sans aucune crainte car ils savaient que quelque chose de meilleur les attendaient après la mort.

Or, je pense qu’au début du 20ème siècle, les gens commençaient à être plus conscients de l’importance de la vie. Le sens de la vie n’était peut-être pas le principe des tranchées et étouffer quelqu’un que l’on a jamais croisé avant, pour aucune raison…

Greenfield 2019 – Sabaton ©Maud Robadey

Vous avez toujours eu des décors de scène improbables : avez-vous déjà été arrêtés à une frontière à cause de ça? 

Non, mais on nous a posé des questions : « Pourquoi vous transportez un tank ? » par exemple. Tout doit être déclaré bien-sûr mais ça arrive, et on doit expliquer pourquoi on transporte un tank.

Est-ce que ça arrive toujours dans les mêmes pays ?

La plupart des pays ne demande plus mais à certaines frontières, ils posent des questions. Par exemple les pays de l’ex-Yougoslavie sont parfois curieux de savoir pourquoi quelqu’un amène un tank dans leur pays. Les suédois par contre ne posent aucune question (rires).

Quelle est la chose que tu n’as jamais eue sur scène mais que tu rêves d’avoir ?

J’ai toujours rêvé d’avoir un avion… et un bateau !

Te souviens-tu du premier festival auquel tu es allé ?

Oui, nous avions un festival folk très sympa dans notre ville qui s’appelait le Falun Folk Festival. C’est le premier festival auquel je suis allé parce que c’était « à la maison ». Mais le premier festival de rock auquel je suis allé, c’était le Motala Metal Festival en Suède qui n’existe plus aujourd’hui. Ça a duré que quelques années, c’était en intérieur. Je ne pouvais pas me permettre de me payer un endroit où dormir alors j’ai arpenté les rues au milieu de la nuit, frigorifié. Puis j’ai trouvé un train pour rentrer à la maison le matin avant le début de la deuxième journée. Un peu dur pour ma santé mais bien pour le metal (rires).

Greenfield 2019 – Sabaton ©Maud Robadey

Quelle est la chose la plus folle qui vous soit arrivée sur scène ?

Je sais pas, c’est compliqué… Les gens qui tentent de monter sur scène… Mais c’est presque naturel. Mais nous avons fait un concert il y a quelques années où nous n’avions quasi pas de sécurité devant la scène. C’était en France. Les gens montaient sur scène constamment et c’était dur de jouer. Et du coup ils avaient commencé une sorte de défi qui consistait à nous embrasser. Comme nous n’avions pas de sécurité, c’était difficile. C’était charmant hein, mais étrange (rires).

Quelle est la chanson pop que tu adores en secret ? Celle que tu mets dans le tour bus au milieu de la nuit et qui embête tout le monde ?

Alors je ne mettrais pas de musique au milieu de la nuit pour embêter les autres (rires). Une chanson pop… Comme nous sommes suédois, je vais dire les chansons d’ABBA !

Sais-tu ce que signifie Interlaken ?

Euh… Non… Je suppose que ça a un rapport avec un lac…

Oui !

« Laken » ça doit être lac mais « Inter » …

Ça veut dire entre les lacs ! 

Aaaaah !

Si tu ne pouvais en choisir qu’un : chocolat suisse ou fromage suisse ? 

Mhmm… Fromage !

Une chanson pour décrire le Greenfield ?

“The Green Fields of France” ! Nous ne sommes pas en France mais il y a des champs. C’est une chanson de Dropkick Murphys je crois.

Et nous avons une dernière question que nous n’assumons pas vraiment, donc on va dire qu’elle n’est pas de nous : est-ce que vous prévoyez de faire une chanson sur Star Wars ?

(rires) Non. Nous n’avons pas prévu de faire ça, même si certaines personnes considère que ça fait partie de l’histoire, c’est de la fiction (rires). Certains gars dans le groupe adoreraient… mais j’essaie de l’éviter (rires).

Interview par Alessia Merulla & Hiromi Berridge

Debrief de Sabaton au festival Greenfield 2019 sur : www.daily-rock.com


Les géants du power metal suédois viennent d’ailleurs d’annoncer une tournée mondiale « The Great Tour » lors de laquelle ils présenteront leur nouvel album « The Great War », prévu pour le 19 juillet prochain.

Ils seront de passage en Suisse le 17 janvier 2020 au Hallenstadion à Zurich ! La bande sera accompagnée d’Apocalyptica et d’Amaranthe.

Les billets seront disponibles dès le mercredi 3 juillet à partir de 10h00 sur : www.ticketcorner.ch

Plus d’infos sur www.facebook.com/sabaton