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Connu pour être un des groupes les plus déjantés de la scène punk (c’est dire), Gogol Bordello est une valeur sûre de tous les festivals européens. Une consécration pour ce groupe américain, contenant plusieurs musiciens expatriés soviétiques. Rencontre avec le chanteur charismatique et déluré, guitare à la main, Eugene Hütz. 

Vous avez sorti votre album l’année passée : quel fut son accueil ? 
Parfaitement bon ! [rire] … Je crois… [rires]

Vous bossez déjà sur le suivant ?
Il sortira en octobre. Nous avons pas mal bossé dessus. La composition est assez naturelle de la part de tout le monde. Parfois ça coule de source, parfois c’est un plus grand défi à relever.

Quel est votre regard sur vos quinze ans de carrière ? 
Je ne regarde pas en arrière. Ce n’est pas vraiment une carrière pour moi. D’ailleurs, quand nous ne serons plus célèbres, je continuerai à jouer quand même. C’est tellement de joie, d’amusement, de gonzesses et de rencontres.

Vous avez un son vraiment particulier. Comment vous décrivez-vous ? 
Je ne sais pas, je ne nous décris pas. Parfois, je disais que nous faisions du gipsy punk pour donner un aperçu aux gens. Ce n’est pas important pour moi. C’est de la musique expérimentale : à expérimenter live pour apprécier la communication. C’est une question d’émotion. Nous abordons plein de sujets, afin d’avoir une large palette d’émotions. Un truc du genre.

Vous allez voir quelques artistes ce soir ? 
Ouais, peut-être. Y a qui qui joue ? [rires]
Faut que je checke le programme, je viens de me lever dans ce merveilleux paradis il y a deux heures, maintenant il y a une tornade et notre matos est coincé à la frontière. Dans deux heures, ça ira mieux sûrement. Mieux vaut ne pas paniquer.

Quels sont vos plans pour après l’été ? 
Je vais me casser dans un endroit inaccessible, en Equateur dans la jungle, ou peut-être retourner au Brésil. J’apprécie les moments où tu te sens libre, j’irai où le vent me portera.

Qu’est-ce que tu n’aimes pas en Suisse ? 
Je ne sais pas. ‘Ne pas aimer’, c’est un peu trop fort. C’est un pays qui ressemble à une carte postale. Difficile de ne pas aimer. Sauf si tu n’aimes pas les cartes postales. [rires] Peut-être que ça manque d’énergie, surtout comparé à la Colombie.

À quoi devons-nous nous attendre pour le concert de ce soir ? 
Je n’en sais rien, vu que nos instruments sont toujours coincés à la frontière. Peut-être qu’il faut s’attendre à rien du tout… Ou alors de nous voir dans un autre concert ! Ce qui est important pour nous, c’est de tout donner, même dans les situations les plus compliquées. Il ne faut pas y survivre, il faut les rendre meilleures. C’est excitant pour nous : aller jusqu’au bout de notre challenge et d’y survivre. ‘Survivre’ sonne mal, je préfère le terme ‘réussir’. Nous vivons dans une époque où l’on ne sait jamais ce qui va arriver. Au lieu de paniquer, certains lèvent les barricades et font la guerre. J’ai grandi en Union soviétique [NDT : il est ukrainien]. C’est ce genre de gens que j’admire, ceux qui combattent et réussissent. Survivre, c’est ennuyeux.

FICHE CD
‘La Pura Vida Conspiracy’
ATO Records

www.gogolbordello.com

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