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…Trail of Dead fête ses vingt ans avec un neuvième album appelé … ‘IX’. A l’aube d’une tournée européenne qui verra le groupe fouler le sol helvétique à quatre reprises, l’une de ses têtes pensantes, Conrad Keely, nous passe un coup de téléphone.

Quelle évolution a subi Trail of Dead, de votre premier album à aujourd’hui ?

Trail Of Dead était au départ un groupe réactionnaire. Nous avons toujours été fans de rock progressif et psychédélique : nos influences passaient donc des Sex Pistols à Pink Floyd. Nous avons de plus en plus expérimenté avec notre musique, en ajoutant des touches orchestrales par exemple. Notre but est clair : proposer des albums avec une identité sonore propre, pour essayer d’éviter de pondre la même chose encore et toujours.

Qu’en est-il de ‘IX’ ?

Notre dernier enregistrement (ndlr : ‘Lost Songs’, 2012), était plus direct, plus politique, et dans le fond, plus punk rock. Nous voulions dénoncer ce qui nous révoltait dans le monde à ce moment-là. Par exemple, nous avons enregistré ce cover des Pussy Riot car leur situation nous rendait dingues : le simple fait qu’un gouvernement puisse s’autoriser ce genre de pratiques … Bref. Notre nouvel album est très différent, plus personnel et proche de ce que nous avons pu traverser individuellement. ‘IX’, c’est des paysages, une identité musicale particulière et beaucoup moins de colère que sur ‘Lost Songs’. C’est le genre d’album multifacettes, beau et très sentimental en même temps. Je déteste parler de classic rock, mais on y trouve des tonnes d’éléments de classic rock (rires).

Peut-on alors parler d’un album concept ?

Non, car il n’y a pas vraiment de storyline, c’est bien plus vague. Ça parle de la fatalité, du sentiment de perdre ce que l’on aime, de l’incompréhension, de l’injustice qui en découle. J’ai perdu mon père il y a près d’un an, il est mort du cancer. C’était pour moi une façon de faire mon deuil en quelque sorte. Comme je l’ai dit avant, ‘IX’ tire vraiment son inspiration de nos vécus personnels ces dernières années

Votre tournée européenne va bientôt démarrer, et son line-up inclut Midnight Masses, dont tu es membre. Peut-on faire un rapprochement entre les deux groupes ?

Ils ne sont pas vraiment comparables. Ça me fait plus penser à la soul music des 60’s et au crowd rock des 70’s. En fait, je définirais Midnight Masse comme de la soul sombre et gothique ; moins dense que Trail of Dead, d’autres vibrations, une autre énergie… Normalement, j’assure les parties de guitare, mais pour cette tournée, je serai sans doute derrière la batterie. Je suis dans le groupe depuis un moment déjà, j’y joue quand je peux en tant que membre auxiliaire. C’est un moyen d’apporter la musique d’un groupe au public, sans forcément être impliqué dans le processus de composition, de production, etc.

C’est un peu comme dans Nick Cave & The Bad Seeds : il y a Nick d’un côté et les Bad Seeds de l’autre. Dans Midnight Masses, je fais plutôt partie des Masses (rires).

Trail of Dead a la réputation d’être une bande de destructeurs de matériel. Est-ce vraiment la marque de fabrique du groupe ?

Nous ne l’avons jamais considéré comme une marque de fabrique. Ça nous est venu naturellement, et ce n’est de loin pas systématique. Ça arrivait quand nous étions vraiment pris dans la musique. Aujourd’hui, nous ne le faisons plus si souvent que ça, sans doute parce que c’est quelque chose qu’on devrait faire seulement lorsqu’on se trouve dans le bon état d’esprit. Il ne faut pas que ça devienne un gimmick, en tout cas pas pour nous

Le fait de jouer en Suisse pourrait vous remettre dans ce ‘bon état d’esprit’ destructeur ?

On adore jouer en Suisse ! C’est carrément un de nos endroits préférés ! On joue dans quelle ville déjà ? Berne ? (rire démoniaque)

Lors de notre concert à Berne, on détruira la salle, ensuite on la brûlera et finalement on cramera la ville d’un bout à l’autre !

FICHE CD
‘IX’
Label: Superball Music

http://trailofdead.com