Après un premier album sorti en 2015 dans une tonalité très sixties, voire fin des fifties, les Jurassiens de Kissing Toads reviennent avec une touche plus sombre cette fois. Place à « Industrial Disease ». Rencontre avec le bassiste Daniel Chariatte pour un entretien très sympathique.


D’abord, pourquoi Kissing Toads ?
C’est une métaphore pour démentir la légende du crapaud qui, selon nous, ne se transforme jamais en prince charmant (rire), c’est d’ailleurs dans cette lignée-ci que le premier album « Carry your Own Luggage », sorti en 2015, a été tracé. Le clip qui s’en extrait représente bien cette illusion.

Tu m’as dit que vous êtes ensemble depuis 2013, comment s’est passé votre rencontre ?
En fait Gaëtan (Gaëtan Bulloni) et Syl (Sylvian Lachat) se connaissaient déjà et tricotaient gentiment la suite, ils cherchaient un local et sont tombés sur Angie (Angelo Oliva) qui en possédait un dans lequel il fait de la peinture – très bien d’ailleurs, avec beaucoup de talent ! Et comme par la même occasion Gaëtant et Syl cherchaient un batteur, ils ont fait d’une pierre deux coups le batteur et le local (rire)…  Il leur fallait donc un bassiste et j’ai été contacté par Angie avec qui j’avais déjà fait un bon bout de chemin par le passé. J’ai pris contact avec Gaëtan et il m’a présenté une démo de ce qui est la genèse de Kissing Toads. J’ai donc rejoint le groupe avec également Gilles (Gilles Alliman) à la guitare …

De quoi parle ce premier album « Carry your Own Luggage » ?
Ce sont des textes qui possèdent plutôt un humour cynique, certainement un peu naïf, qui expliquent pourquoi par exemple on peut tuer pour son jardin ou détester les avions et ne pas se montrer trop jaloux lorsqu’il s’agit de la femme d’un autre (rire).

Parlons de ce nouvel opus « Industrial Disease », quand on regarde de plus près l’habillage du premier album il y a plutôt une ambiance très fifties voire sixties, très contrastée par rapport à l’ambiance du dernier album, est-ce volontaire de se démarquer de cette façon ?
Je tiens juste à souligner une chose ici, c’est que la batterie a été enregistrée avec Angelo, mais maintenant c’est Alain Widmer (batteur de Metamorphosis) qui est derrière les fûts. Angie a voulu donner priorité à d’autres projets et nous respectons cette décision, Angelo est un ami et ça ne changera pas. Il est vrai que la différence est bien plus sombre sur « Industrial Disease » c’est sûrement l’évolution générale du groupe qui s’exprime ici. Il faut savoir que le premier album s’est fait très rapidement, la majeure partie des titres étaient déjà là quand Angie et moi avons rejoint le groupe, donc nous avons enregistré très vite. Nous n’avons pas non plus perdu de temps pour passer aux nouvelles compos, elles se sont faites ensemble au local et quand tu écoutes les deux albums, il y a sur le dernier une certaine prolongation de certains titres du premier, mais avec cette fois le fait que nous avons vraiment tous mis la main à la pâte pour en sortir le meilleur que nous pouvions.

Il y a des titres très variés dans ce deuxième disque, est-ce une volonté ou un hasard ?
Nous avons bien entendu tous nos propres influences et elles se réunissent lorsque nous composons, mais elles ne sont pas mises en avant foncièrement, elles se complètent juste pour apporter au titre ce qui nous semble bon. Rien n’est calculé ni formaté pour ceci ou cela, on va au bout du titre et si une prolongation instrumentale ou autre nous semble coller et même embellir le morceau on ne va pas se gêner de prendre du plaisir à le faire. C’est pourquoi on trouve des titres comme « Into the Wallpaper » et comme « Little Shrimp », ça n’a pas d’importance. C’est le rendu final du titre qui fait foi, y a pas de règle. Donc pour répondre à ta question David, c’est certainement le hasard !

Il y a des invités dans cet album comment se sont passées ces rencontres et qu’est-ce que ça a apporté au groupe ?
Gaëtan a eu fin nez de le proposer, il faudrait lui poser la question pour savoir dans quelles circonstances il a rencontré ces musiciens, je crois qu’il connaissait déjà Raphelson des Magycrays de Lausanne, pour ce qui est de Sarah-Maria Bürgin des Scratches de Bâle, je n’en sais rien. Par contre ce que je peux te dire c’est que quand j’ai écouté les mix de Sarah sur « Into the Wallpaper » et « Looking for a Home » ou Raphelson sur « Set in Stone » j’ai eu grave la chair de poule, je l’ai encore aujourd’hui chaque fois que j’écoute ces titres, c’est bon signe …. Je dois dire que ça colle parfaitement bien avec la voix de Gaëtan, c’est étonnant parfois.

J’écoute « Making my Way Back », mais J’ai l’impression que vous ne voulez pas vous retourner ! Non ?
(rire) Maintenant que j’ai compris ce que tu veux dire… !
Non David, nous n’allons plus nous retourner. On va continuer d’évoluer, je ne sais pas encore comment nous aborderons le prochain album, pour le moment nous cherchons à promouvoir celui-ci, nous avons déjà quelques dates pour cette année et bien évidemment nous sommes ouverts à toutes propositions.

Quelques dates :
– 26 avril 2019 : cargobar, Basel, 20h – featuring elektra medusa
– 4 mai 2019 : lounge bar, Moutier, avec Elektra Medusa
– 25 mai 2019 : galerie du sauvage, Muzak-Porrentruy
– 7 juin 2019 : festival monde de couleurs, Porrentruy
– 5 juillet 2019 : rockin’festival jura, Courrendlin
– 19 octobre 2019 : cormorock festival, Cormoret (BE)
– 25 octobre 2019 : le royal, Tavannes, avec Galaad

David Bétrisey