Des lustres avant les ‘Slashers’, du temps où le noir-blanc du cinéma permettait à l’encre noire de jouer le rôle du sang frais, régnait en maître incontesté de l’angoisse en bobines un certain Hitchcock Alfred. C’est autour de son oeuvre que s’articule le dernier opus des Italiens de Sadist, nous livrant ici un concept-album qui n’en est pas véritablement un, mais plutôt onze variations sur un thème donné. Si la démarche intrigue et intéresse à première vue, le métalleux cinéphile peinera peut-être à en cerner la pertinence. Le groupe évite l’écueil vulgaire du simple recours aux extraits sonores des films lui servant d’inspiration, et c’est heureux. Ses compos râpeuses et mastoques (on ne dit pas qu’elles sont mal exécutées ni brouillonnes) paraissent pourtant une bande-son assez incongrue pour la filmographie retenue. Un certain soin a été accordé à créer des plages plus calmes et censément anxiogènes entre les parties de death technique, mais l’outrance belliqueuse du tout détonne quand on tente d’en faire une bande-son pour Les Oiseaux ou Psychose. On voudrait sentir l’aura fétide de Norman Bates, mais c’est plus le masque de Jason ou la tronçonneuse de Leatherface qui viennent à l’esprit. Là où l’on espérerait du malsain, on se prend des baquets de sang dans le museau. Demeure un album d’assez bonne facture, qui baigne dans une sorte de brume monotone, comme le cul entre deux chaises, la plupart des titres étant rarement assez lourds pour ou suffisamment rapides pour maintenir l’intérêt de l’auditeur sur le long terme, au détriment du maître de l’angoisse qui lui, nous tenait suspendus à notre dossier de chaise de cinéma.

www.scarletrecords.it

Note: 3

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