Home Interviews ICE CREAM MEN – Vous en reprendrez bien une once ?

ICE CREAM MEN – Vous en reprendrez bien une once ?

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Ce trio 100% genevois est formé de Sam (Helmut, Ilkhah) à la guitare et au chant, Yann (Law of silence, Uncalled, Sulphur) à la basse et au chant et de Stéphan à la batterie (This Miysery Garden). Leur dernier album ‘When time was yours’ en format vinyle pour les puristes, por favor, est sorti en juin 2017. Très inspiré par Cream, leur blues rock bien burné fait du bien par là où il passe. Petite rencontre lacustre avec Sam, magnéto :

Sur cet album tu chantes aussi, c’est nouveau ça ?
C’est intervenu faute de mieux dans mon parcours. Avec Helmut, on était cinq et au bout d’un moment on avait envie de se séparer du chanteur, mais on avait pas de plan B. On était prêts à repartir sur un nouvel album, mais on voulait le faire sans lui. Sur l’album précédent y’avait eu plein de restrictions artistiques et on était tous au clair. On a commencé à chercher et des mois plus tard on avait fini d’enregistrer la musique, mais toujours sans chanteur. On s’est posé autour d’une table et on s’est dit « ça fait vingt ans qu’on fait de la musique, on n’est pas plus cons que les autres, on doit pouvoir chanter ». Et là, pareil comme je compose aussi les textes, je me suis retrouvé en front line et puis voilà. Je connais mes limites, ma voix est ce qu’elle est et je m’en bats les c….. Le propos, c’est la musique et si le son de ma voix n’est pas aussi attractif que celui d’un « vrai chanteur », on s’en fout.

Cela ne fait pas très longtemps que vous jouez ensemble, raconte-nous comment s’est formé le groupe ?
J’ai la chance d’avoir un studio d’enregistrement chez moi et ça faisait quelques mois que je maquettais un peu des chansons. Il se trouve que j’ai un esprit extrêment créatif et que je compose tout le temps sans forcément savoir ce que vais faire de ces morceaux. En gros, je lâche l’idée et je range ça dans des tiroirs virtuels, j’ai plein de tiroirs virtuels. Et là, j’avais un tiroir qui peu à peu s’était rempli de ce qui allait devenir le répertoir de Ice Cream Men. C’était fin 2015-début 2016, j’étais tout le temps en contact avec Yann et je lui ai demandé si ça l’intéressait de poser la voix sur des maquettes dont j’ignorais ce qu’elles deviendraient. On est parti comme ça et on s’est retrouvé avec l’équivalent d’un album maquetté. Quand j’ai commencé à prendre la température de ce truc là, l’influence majeure c’est en regardant le live de Cream quand ils se sont reformés en 2005. Je le regarde régulièrement et je me dis que la musique live aujourd’hui, la façon dont j’ai envie de la faire, c’est comme ça, pas en jouant ces morceaux-là, mais dans cet état d’esprit là. L’ambiance, la connexion entre les trois musiciens et l’efficacité qui est déployée sur scène avec des chansons qui sont très simples, entrecoupées de longues impros enrichies par les trois personnalités Ginger Baker (batteur), Jack Bruce (basse/chant) et Eric Clapton (guitare/chant).  Et c’est là qu’on a commencé à chercher un batteur et à faire des concerts en mai 2016.

Tu avais déjà composé tous les morceaux ?
Oui, c’était un regroupement de titres qui allaient ensemble, tous rangés dans un même tiroir et avec le recul ça fait deux ans qu’on tourne avec ces titres et c’est un set qui se tient. On a vraiment réussi à créer le son d’un groupe et, finalement, le challenge c’est ça, donner une identité sonore au projet ! Et on y est plutôt bien arrivé, surtout cette année avec l’arrivée de Stef’ Montinaro, qui est vraiment le batteur que j’imaginais pour ce projet là. Je le connaissais et je l’avais démarché, dès le départ on avait essayé de bricoler des trucs, mais lui était professionnellement très impliqué. Début 2016, je l’avais démarché parce qu’on savait assez précisement ce qu’on voulait faire et quel type de batteur on voulait intégrer. Y’a pleins de batteurs formidables, mais il y en a peu qui ont le sens de l’impro. Mais de la vrai, le critère c’était de trouver de vrais musiciens qui savent improviser, pas des gens qui ont cette incroyable faculté à te jouer leurs trucs préférés dans des ordres désordonnés et te donner l’impression qu’ils improvisent parce qu’ils l’exécutent à la perfection. L’idée, c’était de trouver quelqu’un et maintenant qu’on a la chance de jouer avec Steph’, on est en plein dedans. Quand je regarde le DVD de Cream – qui est magique – et tout le boulot de Ginger Baker, le batteur, il ne joue jamais deux fois la même chose. Il est tout le temps libre, c’est quelqu’un qui vient du jazz, ce qui est le cas de Steph. Parce qu’il ressent les choses et il joue d’une manière jazz, discrètement il va accentuer ici et là, la voix, un riff de guitare avec son groove, il va accompagner la musique à 100% comme on le fait dans le jazz et lui il le fait sur du blues rock. C’est vraiment une chance de pouvoir jouer avec Stef, comme c’est une chance de pouvoir jouer avec Yann qui est un excellent musicien.

Et l’album en crowfunding, ça s’est passé comment ?
On a sorti l’album début juin 2017, on avait lancé le crow trois mois avant. C’est quelque chose qu’on a fait en réaction à un système. En Suisse romande, on est dans un système où y’a pleins d’organismes de soutien à la culture qui font énormément de promo et le sentiment que j’en retire après vingt ans à faire des demandes, c’est comme l’impression que ce sont toujours les mêmes qui ramassent. On avait un projet sérieux, cohérent et on a fait tout le cycle des demandes possibles et imaginables et à la fin on nous a donné combien ? Zéro ! Du coup dans le crowfiunding ce qui intéressant, c’est que le public peut financer ce qui lui plaît à hauteur de ce qui lui convient, plutôt que de se contenter de se dire qu’une partie de ses impôts servent à soutenir la culture, même s’il n’est pas forcément en accord avec tout ce qui se fait. On avait ciblé les frais fixes qu’on pouvait avoir et les gens nous on donnée le double. C’était assez incroyable de voir à quel point on a de la chance d’être entourés par des gens formidables.

Comment ça se fait que vous alliez faire une tournée en Russie ?
Ben c’est de la promo, ça fait quelques années que des groupes locaux très actifs vont jouer à Cuba, au Japon et y’a un marché qui s’est créé. L’année passée, on a fait une tournée en République tchèque et en Slovaquie avec nos amis de Avo et on a trouvé ça pas mal, malgré quelques couacs, mais c’est vraiment de la promo. C’est un service que tu paies et c’est aussi du team building de vivre les uns sur les autres comme ça. La Russie, c’est avec une très bonne agence, un service qui se paie assez cher, mais je me réjouis car les feedbacks que j’ai eus sont vraiment biens. Des salles pleines et un public très réceptif.

Une ‘tite info ?
Un prochain album en solo, un big projet puisque ce serait la première fois…

www.facebook.com/icecreammenband

FICHE CD :
‘When time was yours’
Urgence Disk Record
Note : 4/5

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