Les vétérans du heavy metal américain redémarrent la tronçonneuse pour un quinzième album. Rencontre avec leur leader incontournable, Blackie Lawless.


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©W.A.S.P

Est-ce que votre nouvel album ressemblera au dernier, ‘Babylon’ ?
Du point de vue du son, on trouvera des similitudes entre Dominator, Babylon et ce nouvel album, à cause de la manière dont on l’a enregistré. Mais à part ça, je ne pense pas qu’ils se ressemblent. Pour être honnête, ‘Golgotha’ s’apparente davantage, du point de vue thématique, à ‘The Headless Children’.

Dans ce cas pourquoi vous êtes-vous distanciés de vos deux derniers disques ?
Eh bien, ce n’est pas comme si je m’étais assis pour déterminer dans quelle direction on allait avancer. Une des choses que j’ai apprises, c’est qu’au final il vaut mieux se lancer et laisser couler. Ce qui doit arriver arrivera, et c’est en général la manière la plus pure de laisser la musique parler pour elle-même.

‘Golgotha’ désigne la colline où le Christ a été crucifié ; qu’est-ce qui t’a emmené sur ce thème biblique ?
J’allais à l’église étant gamin, et n’y ai plus mis les pieds pendant vingt-cinq ans. Et durant toutes ces années, j’ai cru être en colère contre Dieu, mais en réalité ce n’était après Dieu que j’en avais, c’était contre l’Homme, pour l’endoctrinement que j’avais subi. J’ai commencé à lire la Bible dans mon coin et ai découvert que beaucoup de choses qui m’avaient été dites étaient en réalité des mensonges. Le problème avec les hommes, c’est qu’ils glissent leurs propres idées pour tirer ce qu’ils veulent de la Bible. Maintenant toute ma foi se résume à Jésus-Christ et à la Bible, ni plus, ni moins. Si quelqu’un a une autre opinion, je serais ravi d’en discuter, mais je ne veux pas entendre parler de purgatoires ou d’interdiction de manger de la viande le vendredi. Ça n’est pas ma Bible, ça n’existe pas. Ce sont des idées d’hommes qui ont été extraites des Écritures et je ne veux rien en savoir.

N’es-tu pas fatigué de l’éternelle attente de l’album ‘back-to-the-80’s qu’on trouve auprès de certains fans ?
Eh bien, les trois premiers titres de ‘Golgotha’ auraient pu être écrits pile à cette époque ! J’espère que tout le monde sera content, mais on ne peut pas avancer en faisant des sondages d’opinion sur chaque album, ça n’est pas là que la vérité réside.

Tu t’opposes au fan service ?
Je préfère juste écrire ce que je ressens sur le moment, c’est là qu’est l’authenticité. Je n’essaie pas de faire quelque chose qui va grimper dans les charts, ou même quelque chose qui avait bien marché cinq ans auparavant, parce que ça ne me correspond pas au moment présent, et chaque album doit se référer à ce moment présent.

Comment te positionnes-tu dans le groupe ? Tu en es le noyau ?
Non, maintenant c’est totalement un travail de groupe. Je fais ce job depuis longtemps et ma perception du monde s’est modifiée. Je regarde les arrangements que les autres membres font et je réalise que je ne pourrais pas faire aussi bien qu’eux, ce sont de meilleurs musiciens que moi.

La confiance est donc essentielle ?
C’est absolument exact, et si tu connais bien les personnes avec qui tu joues, tu sais de quoi ils sont capables. Je ne recommanderais toutefois pas de considérer cette confiance comme garantie, mais elle s’insère simplement dans le tableau général.

Où t’isoles-tu lorsque tu ne tournes pas avec W.A.S.P. ?
Je vis dans un ranch à une heure et demi au nord de Los Angeles, il y a plus de vaches et de chevaux que de gens. C’est aussi là que j’aime composer.

Vos concerts sont chaque fois mémorables, comment les montez-vous ?
Il suffit de se mettre dans la perspective d’un fan. « Si j’étais un fan, qu’est-ce que j’aimerais voir ? » Dans ce sens, on reste des gamins.

Après toutes ces années, ta voix est toujours au top. C’est quoi ton secret ? Du lait et du miel ?
Oh non, je ne fais pas ce genre de trucs ! Pour moi, c’est une bénédiction, je ne peux que l’expliquer ainsi. Après, ça reste un muscle, et comme tous les muscles, il faut l’entraîner faute de quoi, on le perd. C’est comme aller au fitness, et il ne faut juste pas en abuser.

J’ai vu que vous aviez un nouveau batteur !
Oui, on se prépare avec lui pour la prochaine tournée. Mais c’est notre batteur original, Mickey, qu’on peut entendre sur l’album. Il a quitté W.A.S.P. après l’enregistrement parce que sa vie a connu quelques bouleversements. Mais il a été membre de cette famille pendant dix ans et nous continuerons à la considérer comme tel, à lui souhaiter le meilleur avenir, quoi qu’il entreprenne.

Vous avez également changé de label, ça se passe bien avec Napalm Records ?
Bon, on vient d’y atterrir, mais pour l’instant, ça va bien.

Est-ce qu’il t’arrive de songer à la retraite ?
Non, je n’y pense pas. Je ne me sens pas différent du temps où l’on avait commencé. Je ne vois pas encore le bout de l’horizon. Il faut garder à l’esprit que tant que les fans sont là, on va de l’avant. Tant qu’ils sont là, je pense qu’on s’en sortira.

Pour terminer, j’ai une question concernant les paroles de la chanson ‘Animal (Fuck Like A Beast)’ : est-ce que tu es vraiment doué au lit ?
*soupir*… Tu réalises que nous n’avons pas joué ce morceau depuis dix ans ? En tant que chrétien, je ne souhaite même pas en parler.

[Interview réalisée par Alba Eggs]

GolgothaCoverFICHE CD
Golgotha
Napalm records
www.waspnation.com

Retrouvez la chronique de l’album ici

 

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