©Mumbling Thom

Y a-t-il vraiment un point de convergence entre Mumbling Thom et Tom Bombadil, héros de Tolkien mais aussi d’une chanson d’Higelin, petit homme qui n’en fait qu’à sa tête et trouve les hommes drôlement bizarres ? Je vous laisse seuls juges… Quoiqu’il en soit voici ce que Thom nous a confié.


Pourquoi un EP cinq titres et pas un album ?
Comme je suis un artiste indépendant, je me produis tout seul et un album ça coûte cher. Pour des raisons purement économiques et parce que j’avais envie de travailler plus en profondeur. Y’a plus d’instruments différents que ce qu’on utilise d’habitude et il fallait prendre plus de temps pour travailler et enregistrer ces morceaux.

Parles-nous un peu de l’album et de ce que tu entends par electo-shamanique ?
Shamanique, tout ce qui colore les productions de ce projet est d’inspiration amérindienne, les textes, les rythmes avec un traitement un peu tribal pour les percussions et la basse. Electro shamanique parce l’idée était d’amener quelque chose de nouveau sur ce projet après un projet très rock, parfois même un peu hard-rock sur le premier album, un deuxième pratiquement acoustique donc très folk, et sur celui-ci, on a commencé à travailler les textures electro, avec plus de claviers, plus d’effets, on a beaucoup travaillé les sons des guitares électriques pour les rendre un peu plus datés avec des textures et  des sonorités une peu différentes de ce qu’on avait sur les précédents.

Tu dis t’être inspiré de la trilogie Bowie – Eno, tes compos sont indéniablement moins froides, est-ce dû au fait que tu as des racines folk ou parce que tu n’as pas pris assez de coke ?
C’est vrai que je ne marche pas trop à la coke… Bowie c’est toujours une démarche assez cérébrale, en tous cas sur ces albums-là. Notre manière de travailler avec Morattel est assez intuitive,  on laisse un peu les titres se faire tous seuls. Avec une base très acoustique, donc folk de toute manière, comme je suis à fond dans le rock, on travaille les textures chaudes, je cherche un son assez plein, rond, granuleux, pour qu’on entende aussi les particules d’air entre le micro et l’instrument. C’est une démarche assez différente. La coke, l’héroïne c’est un peu plus Velvet, et un peu moins mon monde !

Plutôt Bowie à qui tout réussit ou Eno, poète solitaire et malaimé ?
Tout dépend ce qu’on entend par réussite. Musicalement,  je ne me reconnais pas trop dans l’un et l’autre, ce sont des gens que j’aime bien mais ce n’est pas forcément des artistes auxquels je m’identifie à la base

Quels sont les artistes auxquels tu t’identifies ?
Des artistes folk. Rodriguez découvert il n’y pas si longtemps, mais c’est surtout les Who, c’est l’univers de Pete Townsend qui m’a donné envie de faire de la musique et de jouer de la guitare. Je suis plus rock anglais à la Who ou à la Beatles, l’univers d’Eno, de Bowie, de Lou Reed que j’aime par ailleurs beaucoup, est un univers un peu trop poisseux, sombre, froid, pour moi.

Comment as-tu rencontré Diane et comment t’es venue cette idée de l’inviter ?
C’est un immense coup de cœur, elle a un petit grain de folie très rafraichissant et une grand lucidité sur ce qu’elle fait et elle dégage quelque chose de très paisible et en tant que chanteuse. J’adore sa voix un peu entre Tracy Chapman et Nico. Une très belle découverte en fait.

Les artistes qui collaborent avec toi sont toujours tes invités, ils ne participent pas vraiment à l’élaboration des chansons ?
La base est toujours très construite mais avec une possibilité d’ouverture. Je fais beaucoup de choses mais pas vraiment tout seul dans mon coin.  J’amène le projet, j’enregistre des parties, mais c’est toujours des collaborations. Et du point de vue de la réussite, tout s’est bien passé sur ce projet, les collaborations sont toujours surprenantes. Là, on a eu Benoit Frech, violoniste qui a improvisé en deux heures toutes les lignes de violon qu’on entend sur ‘Incence’. Y’a des choses assez rafraichissantes qui émergent, je suis toujours émerveillé de ce que les gens amènent et je dirais que tout réussit, même si j’aimerais que le projet décolle un peu plus.

FICHE CD
Nom de l’album : ‘Sheltering Skies’
Label : Black Hills
Website : www.mumblingthom.com
Note :3.5

 

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