The Offspring était de passage au Centre Bell dans le cadre de sa tournée Supercharged, en référence à son onzième album lancé à l’automne 2024. Accompagné de Bad Religion en première partie, l’affiche réunissait deux figures emblématiques du punk rock californien.
BAD RELIGION
La soirée débute avec Bad Religion. Les morceaux s’enchaînent par une approche qui privilégie la continuité musicale. Si la sélection demeure solide, la proposition scénique convainc un peu moins. Une mise en valeur visuelle plus affirmée, comme des podiums ou des jeux de lumière, aurait sans doute permis d’amplifier l’impact. Les musiciens, relativement statiques, misent avant tout sur la rigueur d’exécution plutôt que sur l’occupation de l’espace. Le public demeure majoritairement assis, une réaction étonnamment contenue dans un contexte punk. La nostalgie, elle, circule pourtant librement dans la salle. « Man, c’est ma jeunesse, cette toune-là ! » lance un spectateur, sourire aux lèvres. Des titres phares comme 21st Century (Digital Boy), Fuck You, No Control et American Jesus reçoivent un accueil favorable. Une prestation modeste, mais qui peine à provoquer l’élan attendu.

THE OFFSPRING
Puis vint le tour de The Offspring. Silence. Obscurité. Tension palpable. Les premières notes déclenchent une réaction instinctive. Des éclairs envahissent l’arrière-scène pendant que les faisceaux lumineux balaient la salle de haut en bas, comme une foudre cherchant son point d’impact : et elle l’a trouvé. Le public se lève d’un seul mouvement. La signature visuelle du spectacle s’impose avec assurance. L’éclairage ne sert pas simplement d’habillage, mais participe pleinement à l’expérience. La mécanique du concert se déploie avec fluidité, intégrant un animateur de foule déguisé en gorille, des confettis, des ballons de plage et des lumières stroboscopiques dans une progression maîtrisée. Parmi les moments marquants, un ballon dirigeable traverse le Centre Bell, affichant l’inscription « Danse, fucker, danse », en parfaite résonance avec You’re Gonna Go Far, Kid. Un clin d’œil aussi ludique que simple, qui illustre bien l’esprit du spectacle. Le frontman Dexter Holland et son complice à la guitare, Kevin Wasserman, assument une présence charismatique qui rappelle l’animation de la WWE. Une dynamique qui rend le concert à la fois divertissant et intense, le tout ponctué d’absurdité et d’humour. Puisant autant dans Smash qu’Americana que dans leur répertoire plus récent, The Offspring enchaîne les classiques en gardant les titres phares comme Why Don’t You Get a Job?, Pretty Fly (for a White Guy), The Kids Aren’t Alright pour la fin.
Dans l’ensemble, si Bad Religion a livré une prestation honnête, appuyée par un répertoire solide, l’énergie attendue pour ouvrir une telle soirée est demeurée en dessous des espérances. À l’inverse, The Offspring a livré une proposition scénique efficace et assumée au Centre Bell. Un passage à Montréal qui, malgré un départ timide, s’est conclu sur une note électrisante. Et bonne nouvelle pour ceux et celles qui n’auraient pas pu y assister : The Offspring sera de retour le 8 août à l’International de Montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.
Photos cellulaires : Sarah Rudge
