Le The Godless IV Tour 2026 faisait un arrêt à l’Olympia ce mardi, même jour que le match numéro 4 des Canadiens de Montréal. Behemoth, Deicide, Rotting Christ et Immolation étaient au programme. Il ne fallait donc pas être à la fois mordu de la « Sainte-Flanelle » et des piliers du Metal blasphématoire, sinon le choix allait être compliqué !
La messe débute avec Immolation. Fondé en 1986, le groupe originaire de Yonkers dans l’état de New York ne compte plus que deux rescapés des débuts : Ross Dolan à la basse et au chant ainsi que le guitariste Robert Vigna. Dès les premières notes, c’est un mur de son qui nous frappe en plein visage. Pour être honnête, je n’avais jamais entendu parler de ce groupe malgré sa longue histoire, ce qui n’était visiblement pas le cas de la foule puisque ça bougeait pas mal dans le public.
C’est ensuite au tour des Grecs de Rotting Christ de prendre le relais. Changement d’ambiance car leur musique mise davantage sur les mélodies de guitare avec un côté presque « festif » même si l’on reste dans le Death Metal. Le groupe a pigé dans les meilleurs titres de sa discographie pour livrer une performance solide et efficace.
Arrive ensuite Deicide, monument de la brutalité mené par Glen Benton, une légende du Death Metal pur et dur. Leur setlist est une véritable machine de guerre contre la religion, un assaut frontal qui ne laisse aucune place au compromis. Entre les classiques comme Once Upon the Cross et Sacrificial Suicide, le message est clair : on déchire les dogmes et on rejette la rédemption pour de bon. Chaque titre, de la violence pure de Dead by Dawn à l’hommage assumé de Homage for Satan, crache une haine viscérale envers le sacré tout en célébrant l’ombre et la liberté absolue. C’est du blasphème pur jus, livré avec la précision chirurgicale de Benton et sa bande pour nous rappeler que, dans leur univers, c’est Satan qui mène le bal.
Enfin, la grande majorité du public était là pour assister à l’ultime cérémonie, celle de Behemoth. Avec les Polonais, on dépasse le simple cadre du concert pour entrer dans une véritable célébration occulte. Leur setlist, pigeant autant dans la brutalité de Conquer All que dans le mysticisme de leur dernier album, montre un groupe au sommet de sa puissance, capable de transformer l’Olympia en temple démoniaque.
C’est cette intensité, mêlée à une imagerie blasphématoire assumée, qui a valu à Nergal des années de démêlés judiciaires en Pologne entre bibles déchirées sur scène et accusations d’offense aux sentiments religieux. Mais loin de les freiner, ces controverses semblent avoir nourri la bête : chaque morceau, du rituel hypnotique de Bartzabel à l’apocalypse sonore de Chant for Eschaton 2000, dégage une force monumentale. Sur scène, Behemoth déploie une précision chirurgicale et une mise en scène théâtrale qui imposent le respect, se terminant par le magistral O Father O Satan O Sun! qui laisse la foule complètement possédée. C’est du grand art noir, massif et sans compromis.









































