Approchez, approchez. Les membres de Shaârghot ne vous veulent aucun mal… Avant de vous laisser contaminer par le même virus qui les frappe, revivez notre rencontre avec Clémence (bassiste) et Bruno (guitariste), lors du Hellfest 2019, peu après leur concert. Entre leur look cyber-punk et le make-up noir, le groupe laisse forcément des traces sur son passage.

Est-ce que vous pouvez vous présenter et nous parler un peu de l’univers de Shaârghot ?
Clem  : Etienne, le chanteur, a imaginé un univers apocalyptique, dans lequel il incarne un personnage qui aurait subi des expériences un peu malsaines. Suite à cela, il serait devenu une créature un peu dangereuse. Autour de lui, on trouve les « Shadows », c’est-à-dire tous ceux qui sont également contaminés par le même parasite qui rend la peau noire. En conséquence, on essaie d’être cohérent au niveau du spectacle. Nos concerts sont très orientés sur le visuel.

Comment a été accueillie la prestation ?
Clem : Très bien ! On ne savait pas trop si on allait avoir du monde ou pas. (Ndlr. Shaârghot est passé à 11h00 sur la scène du Temple), surtout que cela faisait un petit moment que je n’étais pas venue au Hellfest. Au premier morceau, on avait déjà pas mal de monde, puis au fur et à mesure, ça se remplissait. J’en ai déduit que ça devait plaire car vu le choix au Hellfest, si ça ne te plaît pas, tu peux facilement aller voir autre chose !

Combien de temps mettez-vous pour vous préparer et pour tout enlever ?
Clem : Entre une heure et une heure et demie ! Bruno par exemple a également plein d’accessoires qu’il met au fur et à mesure du show. Pour enlever il faut quand même quelques douches, il y en a pour un moment. Quand je vais rentrer chez moi à Paris, je pense que pendant une semaine je vais être comme ça !

On va parler un peu de votre travail. Au niveau des compositions et de la musique, comment ça se passe et qui fait quoi ?
Bruno : Etienne, qui a tout dans sa tête, s’aide beaucoup de Clem pour retranscrire le tout en musique. C’est un travail assez fastidieux car ce sont beaucoup de sonorités et autres bruitages à écouter et sampler. C’est un travail technique préparatoire qui leur permet de créer un squelette déjà bien construit, qu’ils étoffent. Ensuite, ils me le font écouter pour voir si des choses ne vont pas. Une fois que le morceau est terminé en post-production, il part chez notre ingé-son-producteur qui ne l’a encore jamais écouté. Il a donc une oreille complètement neuve. Il n’hésite pas à couper certaines parties. En fin de compte, il a aussi un rôle d’arrangeur. Puis nous, on doit finalement réapprendre à le jouer car des choses ont changé. Ce qui fait un peu notre force, c’est cette capacité à confier notre travail à quelqu’un – sans forcément lui attribuer tous les pouvoirs, mais en lui donnant carte blanche pour travailler dessus. On fonctionne systématiquement comme ça maintenant.

Combien de temps prend le processus en tout, de la construction jusqu’à l’enregistrement ?
Bruno : En tout, l’album nous a pris deux ans. Evidemment, ça dépend des morceaux. Certains prendront trois semaines, d’autres un mois et demi, car ils nécessiteront de revenir dessus. En tant que musicien, c’est assez difficile de faire en sorte que ce ne soit pas trop répétitif ou qu’il n’y ait pas de lenteurs. C’est pour cela que l’arrangeur est important car il n’a pas de scrupules à enlever certaines parties inutiles.

Lors de cette édition du Hellfest, afin de connaître vos influences, dites-nous… Quels sont les concerts que vous ne raterez sous aucun prétexte ?
Bruno : Cette après-midi je suis puni ! Je ne peux pas voir Eisbrecher, ni Punish Yourself. Hier j’ai réussi à voir Dagoba mais je n’ai pas pu voir Gojira car il était trop tard, il fallait que j’aille me coucher ! Mais j’ai vu Slipknot et Rob Zombie (le jeudi soir au Knotfest). C’était excellent. Tout à l’heure, si j’ai le temps, j’irai voir Combichrist.
Clem : Je suis seulement arrivée hier, donc je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir trop de concerts. Ceux que j’aimerais voir car ils ne passent pas souvent en France, c’est également Eisbrecher.

J’ai cru comprendre que Punish Yourself faisait partie de vos influences…
Clem : Oui, complètement. Etienne et moi avons grandi en les écoutant. Donc forcément, ça ressort toujours dans notre musique !

Pour la seconde partie de l’interview, je vous propose un petit jeu. Le but est simple: tirer au sort des petits papiers sur lesquels se trouvent des questions et y répondre. C’est parti !
Clem (rigolant en piochant un papier) : C’est la question que je me pose depuis plus d’une semaine. « Es-tu stressée avant de monter sur scène ? ». Alors oui et non ! Je suis stressée plus d’une semaine avant les shows. Ce sont des jours entiers à se demander si tu connais bien le morceau et à tout préparer dans ta tête. Puis quand tu sors les premières notes sur scène, c’est génial.
Bruno : « Quel est ton film Disney préféré? » (éclats de rires dans l’assemblée). Heu… La Reine des « Glaces », non ?

Du coup, tu dois nous chanter « Libérée, Délivrée » !
Bruno : Mmmh… Non ! « Pirates des Caraïbes », c’est pas un Disney à la base ? Alors « Pirates des Caraïbes ». Ouf, je m’en suis bien sorti !

Pour terminer, avez-vous un dernier mot ?
Bruno : Je voudrais dire au groupe que c’est moi qui ai les tickets boissons.
Clem (morte de rire) : C’est bon à savoir car je les cherchais ! Déjà, on est super content d’être là. Au-delà du fait que le Hellfest est un grand festival, il y a un vrai côté affectif. C’est un peu l’aboutissement de quelque chose et on n’a eu que des bons retours. Et merci aux gens qui se sont levés pour venir nous voir à 11h00 ! Côté dates, nous serons le 19 juillet au festival La Guerre Du Son à Landresse (25), le 23 août au Festival 666 à Cercoux (17) et le 11 octobre au Petit Bain à Paris. Et puis pour les fans : Merci ! Merci de nous tirer vers le haut, car on n’est pas tout seul, et (s’adressant à moi) merci à toi aussi !

Interview & photo par Floriane Piermay

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