Le BoulZeye de Pointe-aux-Trembles accueillait Pépé et sa guitare le 12 juin dernier dans le cadre de l’un de ses événements musicaux. Nos rédacteurs, Sarah Rudge et Pier-Luc Diamond, étaient sur place pour représenter le Daily Rock Québec. La première partie était assurée par David Atman, chanteur, poète, guitariste et meneur du groupe folk progressif La Tragédie. Présentés sans leurs formations respectives, les deux artistes proposaient une formule en solo conviviale et particulièrement adaptée au format de la salle. Plus apparentée à un pub qu’une scène conventionnelle, celle-ci favorisait une approche intime, mais efficace, dont la proximité avec le public constituait sans doute le principal atout.
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David Atman (première partie)
La soirée s’amorce avec une ambiance épurée et décontractée. Seul sur scène, Atman se place au centre, les épaules relâchées, la posture assumée, et entame sa prestation à travers un brouhaha qui ne semble pas du tout le déstabiliser. Sa voix porte des textes imagés qu’il interprète avec aisance, modulant son timbre entre passages rythmés et moments plus intenses.

Sa présence scénique, réminiscence grunge des chansonniers folk poétique des années 1970, met en valeur les contrastes de son répertoire et sa diction, précise, à la manière d’une respiration. Le premier morceau, Ours en peluche, s’appuie notamment sur l’assonance et l’énumération, deux procédés littéraires servis par une interprétation symbolique. Durant Trip de mescal, une pièce à forte teneur poétique, l’artiste se laisse porter, les yeux clos, par une narration immersive. Il en résulte un moment suspendu, empreint d’introspection et d’une certaine part de mystère, où l’on plane momentanément avec lui.
Entre chaque chanson, Atman revient sur son plus récent album, Ça fait longtemps. Fluides et naturelles, ses interventions situent le public dans son processus créatif et dans son parcours prolifique d’artiste actif depuis une quinzaine d’années. Confortable avec l’auditoire, il incarne pleinement son rôle de leader de groupe et invite d’ailleurs les spectateurs à visiter sa table de marchandises soignée et bien garnie.

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Pépé et sa guitare (tête d’affiche)
Le public, manifestement composé d’admirateurs de longue date, Pépé se prête parfaitement bien à la formule acoustique proposée. Des chansons comme Toué tu l’as, Mon avis, Un café, un bat, Y fait beau, On fait juste commencer et, bien sûr, Mal fourré ont trouvé un écho tout particulier auprès des spectateurs. Parmi eux, un groupe venu célébrer un mariage à venir ont contribué largement à l’ambiance animée de la soirée.
Réuni pour un enterrement de vie de jeune fille, le groupe, accompagné d’une poupée gonflable douteuse et de quelques accessoires phalliques assumés, a rapidement attiré l’attention. Cette absence de retenue a d’ailleurs amplifié le caractère grivois de Mal fourré, alors que le public reprenait le refrain avec grand enthousiasme, accentuant davantage l’aspect cocasse du moment. Pépé a habilement combiné le répertoire folk punk festif et désopilant de ses débuts avec ses récentes compositions plus introspectives et profondes, offrant un aperçu de son évolution artistique. D’ailleurs, son programme sur mesure était composé de demandes spéciales, mettant à l’honneur son kazoo, sa guitare et, sans surprise, son inséparable ukulélé.
L’icône de la chanson humoristique invitait Karine Gallant, sa gérante, à se joindre à lui comme choriste sur quelques pièces, telles que Kek’Tattoos. D’ailleurs, le couple, en affaires comme dans la vie, portait une tenue rétro élégante dans un style rockabilly parfait pour s’échanger des regards tendres et quelques baisers. Et leurs vêtements assortis seyaient pour interpréter en duo une reprise de Jackson, un classique country popularisé par June Carter et Johnny Cash. Outre cette complicité, il est incontestable que Pépé maîtrise la scène comme peu savent le faire, avec une grande facilité à interpeller l’auditoire. Ce dernier a d’ailleurs très bien rendu la pareille, étant très collaboratif, notamment durant Bobette Bob. Avec son sourire éclatant, le troubadour dégage une prestance et une confiance inébranlables, chantant L’amour et ses chansons à la plume mordante, s’adaptant aux réactions des spectateurs. Son énergie scénique très communicative fascine à la fois les initiés et les fidèles. Cela a donné lieu à une véritable démonstration de professionnalisme sur scène d’un artiste coloré et unique en son genre. C’est indéniable : Pépé et sa guitare, c’est l’art de rester aussi pertinent — et irrésistiblement attachant — dans sa douce chanson festive. Le BoulZeye aura eu la chance de s’en régaler, pour son plus grand bien.
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En général, ce fut une soirée mémorable qui a transformé le BoulZeye en boîte à chansons. Deux univers contrastants, mais unis par le talent et l’amour de la langue de chez nous, se sont succédé : d’un côté, une première partie intéressante pour son folk dépouillé et la portée symbolique de ses textes ; de l’autre, un répertoire d’hymnes incontournables qui a su réjouir un public déjà conquis d’avance.

Ça t’intéresse?
- Pour écouter l’album Ça fait longtemps de La Tragédie
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