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Si ‘The Connection’ relatait la descente aux enfers de son frontman, Papa Roach revient deux ans après avec ‘F.E.A.R,’ un nouvel album positif et plein d’espoir. Quatre lettres signifiant la peur que les californiens lisent comme ‘Face Everything And Rise’, un message combatif et optimiste. Jacoby Shaddix, leader charismatique aux commandes du groupe depuis presque vingt ans, nous livre les liens entre ce dernier opus et sa vie personnelle.


Quelle serait pour toi l’évolution de Papa Roach en deux ans, entre ‘The Connection’ et ‘F.E.A.R’ ?
Jacoby (chant) : Je pense que l’on reprend là où on s’est arrêté avec ‘The Connection’, dans un style plus proche de nos débuts avec des riffs plus lourds et certains couplets rappés. Je pense qu’on a construit un album solide fait pour le live et c’est pour ça qu’on a hâte de sa sortie.

Dans ‘The Connection’, les paroles étaient autobiographiques et très sombres. Tu parlais des épreuves que tu avais endurées. Qu’en est-il pour cet album ?
J: Oui, cette période était très difficile pour moi. J’ai du faire face à des problèmes d’alcoolémie, une rupture temporaire avec ma femme et d’autres soucis de santé avec mes cordes vocales. J’avais besoin d’exprimer tout ça dans ‘The Connection’. Maintenant, je me suis relevé et j’ai appris à faire face à mes peurs. C’est de ça dont parle ‘F.E.A.R’, une sorte de passage de l’obscurité à la lumière, un message très positif. Je ne me suis pas laissé détruire et j’ai du apprendre en quelque sorte à tuer cet ancien moi que je n’apprécie plus.

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Est-ce pour cela d’ailleurs que tu es devenu croyant ?
J : Pas nécessairement. Cela fait dix ans que je suis à la recherche de dieu, je ne trouvais rien dans la religion qui me parlait mais je me posais quand même des questions. Je ne pense toujours pas que ma façon de penser et ma vision des choses s’apparentent à l’Eglise, je suis d’ailleurs assez allergique aux religions en général pour être honnête. Je n’en parle pratiquement jamais, je n’essaye pas d’influencer quiconque. Ma relation avec dieu est une expérience spirituelle personnelle, c’est dans ma période la plus sombre que la foi m’a aidé. Là où j’ai senti que dieu communiquait avec moi, c’est quand mes proches ont tout donné pour que je m’en sorte. Cette aide d’autrui est pour moi imagée comme un acte spirituel. Ca n’est pas arrivé comme « Je suis la Dieu, prend moi » (rires) mais plus comme une réflexion. Aujourd’hui c’est un état d’esprit qui m’accompagne au quotidien, dans ma façon de vivre ma vie et de me comporter avec mes proches.

Te sens tu également mieux dans ton groupe, dans ta musique ? Est-ce que la foi change quelque chose ?
J: C’est clair ! Tu sais je vais te dire une chose, du moment que j’ai éloigné la bouteille de ma vie, ma créativité a décuplé. L’addiction me faisait prendre des décisions que je regrette encore aujourd’hui. Maintenant j’ai un esprit sain qui sait où il veut aller, et ça vaut pour la musique aussi. Je suis beaucoup plus confiant quand j’écris. Dans les deux précédents albums, j’étais tellement déprimé, je ne savais plus quoi ni comment écrire. ‘F.E.A.R’ est un album composé avec une tête sobre et ça change tout, vraiment.

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Pour reparler de cet album musicalement, tu disais il y a quelques années que tu ne voulais plus rapper. Il semble que tu aies changé d’avis, d’ailleurs le ‘scream’ prend plus de place aussi…
J : Oui je l’ai souvent dit, après notre deuxième album ‘Lovehatetragedy’ j’en avais marre, je pensais être allé au bout de ce que je pouvais faire en rappant. Je voulais vraiment être un chanteur de rock. C’est au moment de l’écriture de ‘The Connection’ que je me suis dit de ne plus me poser de barrières. Je me sentais de rapper à nouveau, j’ai essayé sur le titre ‘Still Swingin’ et ça a fonctionné. D’ailleurs c’était génial pour nos fans, on faisait une sorte de retour à notre époque néo-metal. Pour le scream c’est la même chose, j’avais arrêté depuis quelques albums et là ça me revient. Tu sais, même si je suis sobre maintenant il m’arrive encore d’être énervé après certaines choses (rires) et le scream me permet de les exprimer et de les laisser sortir. D’ailleurs, ‘F.E.A.R’ est l’album qui a le plus d’influences metal parmi nos derniers. C’est du essentiellement à ce qu’on a écouté ces deux années précédentes.

Le premier clip que vous avez sorti pour cet album est le single ‘Face Everything And Rise’. Paraît-il que tu l’as co-réalisé ?
J : Oui c’était une super expérience ! On a enregistré notre album à Las Vegas, et en vu de l’artwork je me suis dit qu’il fallait tourner le premier clip dans le désert pour être cohérent. Je suis allé à cet endroit du nom de « Red Rocks » en dehors de la ville, ça m’a beaucoup inspiré. Il y avait une sérénité, un paysage, quelque chose de fou là bas et c’est cette image que j’ai vu : l’histoire d’un survivant dans un décor post apocalyptique. Là je me suis dit qu’il fallait que je filme des clips. Je me suis alors impliqué dans le projet de direction avec le réalisateur qui a fait un super boulot et a réussi à retranscrire sur écran ce que je voyais dans ma tête. Cette expérience m’a d’ailleurs tellement plu que je vais co-diriger notre prochain clip pour le titre ‘Gravity’.

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J’imagine qu’il y aura bientôt une tournée en Europe pour ce nouvel album ?
J : Oui on adore jouer en Europe, il y a un vrai engouement pour le rock et le metal. Pour l’instant on va tourner avec Seether aux USA et en Australie, mais ensuite on va revenir en Europe, et il y aura à coup sur un crochet par la Suisse. J’aimerais revenir à Lausanne, j’adore jouer là bas. Non seulement parce que les concerts qu’on a faits étaient géniaux, mais aussi car cette ville est spéciale. Je pense que c’est une de mes villes préférées dans le monde.

FICHE CD :
F.E.A.R
Eleven Seven Music
26 Janvier 2015
paparoach.com

chronique de l’album

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