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© Julien Chavaillaz

Un superbe quatrième opus de la fribourgeoise Laure Betris dans les oreilles rend notre printemps enchanté. ‘Bella Lui’ ne saurait tarder à être le meilleur album helvétique de cette année, qu’on se le dise!


Avant toute chose, le titre de ton album n’est pas inspiré de la montagne du même nom, si?
Ha, je vois qu’il y a des montagnards dans la salle…! Indirectement. Disons que c’est un titre à double, voire triple sens. Il y a un jeu sur le genre, et aussi cette référence aux langues anciennes (« Belle Lumière » en vieux valaisan). C’est un nom que j’ai dans mes petits carnets de notes depuis longtemps, et là c’était le bon endroit où le mettre.

‘Bella Lui’ est généralement plus optimiste que tout ce que tu as fait auparavant, à l’image de ta pochette très colorée. Tu as quitté ce côté sombre et romantique?
Je crois que comme toutes les personnes curieuses et passionnées, j’élargis ma palette avec le temps, les rencontres, les expériences. Je fais d’autres projets en parallèle, et les choses se nourrissent les unes les autres. Le moteur est de toujours chercher plus loin, ailleurs. Là c’était dans ces grooves chauds et colorés, qui correspondaient tout à fait à l’état d’esprit du moment de l’enregistrement, un truc très spontané.

Ce qui est frappant, c’est que chaque titre a son propre son, ses propres découvertes, tu t’amuses encore une fois avec des percussions très tribales sur certains morceaux, orientales sur d’autres. Est-ce que ‘Bella Lui’ était une sortie de laboratoire d’expérimentation?
Oui, dans la mesure où j’écris les chansons seule, j’enregistre des démos avec les moyens du bord. Ensuite, je collabore avec des gens et chacun amène sa touche et ses idées. Et à chaque fois c’est une expérience, car on ne sait jamais comment les autres vont réagir. Cela demande de la confiance et un peu de lâcher prise, mais ça vaut vraiment le coup. Là avec Robin, Sacha, Nelson (les musiciens) et Antoine (l’ingé son), on était tous sur la même longueur d’onde, un plaisir total.

Tu as demandé à tes fans de financer ton album via wemakeit, est-ce que cela te donnait plus de liberté quant à la création de cet album?
Oui c’est important. Mais c’est surtout une nécessité. Il n’y a pas beaucoup d’alternatives pour les artistes indépendants. Et c’est clair que cette liberté et cette indépendance demandent de trouver d’autres canaux, d’autres manières de faire. Je crois à fond à cet esprit DIY, même si ça prend beaucoup de temps et d’énergie.

Tu as sollicité beaucoup de musiciens, producteurs locaux. Tu as une foi immuable en la scène Suisse?
Je trouve qu’elle est riche et vivante en tous cas! Et malheureusement on n’entend pas assez tous ces gens talentueux qui font de la super musique. C’est l’un des crédos du label avec lequel je travaille, Cheptel Records. Ca serait bien que les gens soient un peu plus curieux de ce qui se passe à côté de chez eux. Et ça ne vaut pas que pour la musique d’ailleurs…

En parlant de scène Suisse, tu dois être une des musiciens les plus attendus au tournant – un peu la frousse de sortir ce nouvel album?
Vraiment? (sourire et moue dubitative) Ah mais non, je me réjouis! Là on a formé un groupe super, l’envie de jouer augmente de jour en jour et les concerts arrivent… donc qui nous aime nous suive!

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EN CONCERT LE 25 MARS AU BAR KING DE NEUCHATEL ET LE 26 MARS A LA PARENTHESE DE NYON

ALBUM: Bella Lui
Label : Irascible
Note : 4/5

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