Brian Fallon Moonloop Photography

Brian Fallon
Moonloop Photography

Le 16 avril, Brian Fallon était de passage au festival M4Music à Zurich pour présenter son premier album solo, « Painkillers ». Avant de le voir sur scène, on en a profité pour lui poser quelques questions. On a parlé de ses autres groupes, de tatouages, de matérialisme, et de musique aussi bien entendu. 


 

Que va-t-il se passer avec tes projets secondaires, Molly and the Zombies et les Horribles Crowes, maintenant que tu tournes en solo ?

Je vais continuer à le faire sous mon propre nom. Si je décidais de faire un autre album des Horrible Crowes je le ferais sous mon nom et ce serait toujours pareil. Car avec trop de noms de groupes et trop de groupes, c’est dur les séparer. Par exemple si tu fais une tournée Horrible Crowes, alors tu ne peux faire que des chansons des Horrible Crowes. C’est plus facile d’avoir Brian Fallon et les Gaslight Anthem, c’est pour ça que j’ai nommé la tournée « Brian Fallon and the Crowes ». Molly and the Zombies n’a jamais été prévu pour un long projet.

Est-ce que tu en as marre qu’on te demande à chaque interview si les Gaslight Anthem vont un jour refaire un album ensemble ?

Non, je pense que les gens sont curieux. C’est juste que je ne sais pas du tout pour l’instant. C’est une option, elle est toujours là, et je peux tout à fait la voir se réaliser car nous ne nous sommes pas séparés. Je pense que cela prendra quelques années par contre, et pas cinq minutes. C’est ça que j’aimerais que l’on comprenne, laissez-nous le temps. Cela prendra quelques années pour recharger les batteries et faire les choses que l’on a envie de faire pendant ce temps. Ce n’est pas quelque chose de mauvais, cela peut même rendre un groupe meilleur.

Oui, j’ai lu beaucoup d’interview où on te demande ce qu’il se passe avec les Gaslight Anthem, si vous vous séparer ou non…

J’ai l’impression qu’on l’a pourtant bien expliqué, nous ne nous séparons pas. C’est juste une pause. C’est pour ça que je ne fais pas trop de chansons des Gaslight durant ces shows. Ce n’est pas comme si le groupe s’était séparé, comme pour Morrissey qui joue des chansons des Smiths, mais les Smiths ne joueront plus jamais ensemble. Ou comme Noel Gallagher, qui joue des chansons d’Oasis, mais le groupe ne jouera plus. Je ferais par exemple une version acoustique d’un titre des Gaslight juste pour le fun. Mais ceci plutôt pour honorer le groupe, pour dire que je me souviens du groupe et qu’il est toujours important pour moi et qu’il n’y a pas de disputes. C’est juste qu’on n’a plus d’idée. On fait tellement d’albums si rapidement et la musique rock n’est pas très populaire ne ce moment et je ne voudrais pas qu’un album se perde dans tout ce qui sort actuellement, ce serait terrible.

Tu as dit dans une interview que tu regrettes tes tatouages et que tu ne conseillerais jamais à quelqu’un d’en faire un, puis tu as posté une photo il y a quelques jours une photo d’un ancien tatouage que tu as recouvert…

Je pense que « regret » est un mot un peu fort. Je pense que je ne les regrette pas mais que je ne les aurais pas faits si c’était à refaire. Ce que je fais en ce moment, c’est que je recouvre ceux que je n’aime plus ou qui n’ont peut-être plus de signification pour moi. Mais c’est difficile car cela nécessite un très bon tatoueur car il y a beaucoup d’aplats noirs, et je les trouve surtout en Allemagne. Il y a beaucoup de tatoueurs géniaux en Allemagne donc à chaque fois que j’y vais, j’essaie d’en faire un. Mais c’est juste quelque chose de personnel, je ne déteste pas mes tatouages.

Donc si quelqu’un te disait qu’il prévoyait de se faire tatouer, tu n’essaierais pas de l’en dissuader ?

Ca dépend de qui il s’agit. Si c’est un membre de ma famille, je lui demanderais s’il pense encore l’aimer dans trente ans, s’il a envie d’avoir ce tatouage à cent ans ? Mais sinon c’est leur choix, j’essaie de ne pas m’impliquer dans les choix des autres, mis à part si je pense que ceci est mauvais pour eux.

Pour continuer sur le sujet : beaucoup de fans se font des tatouages en rapport avec les Gaslight Anthem. As-tu déjà vu ces tatouages et qu’en penses-tu? Est-ce que c’est étrange de voir tes mots encrés sur d’autres personnes ?

Non, je trouve ça génial, vraiment génial. C’est le plus grand compliment que tu peux recevoir ! Quand j’ai commencé les tatouages, beaucoup étaient en rapport avec des groupes de musique, et c’est justement ceux-là que je ne ferai pas recouvrir. Le tout premier était un tatouage des Bouncing Souls et je ne le recouvrirai jamais, c’était hardcore, je croyais en ça, et j’adore toujours les Bouncing Souls et les autres groupes de mes tatouages. Ces groupes ont modelé ma vie et mon écriture. Je n’ai jamais fait de tatouage de Bob Dylan. Je devrais probablement en faire un, non ? (rires)

Peu importe les histoires ou thèmes des chansons, il y a toujours dans tes paroles une sorte de message qui revient : ne pas abandonner et garder espoir. Tu es d’accord avec moi ?

Oui, parce que je ne veux pas que les gens perdent espoir. J’ai fait beaucoup de dépressions quand j’étais plus jeune, avec des problèmes d’anxiété et ce genre de choses, et je veux encourager les gens dans le sens où ce n’est pas aussi grave qu’ils pensent et qu’il y a toujours une issue.

Et tu te le dis aussi à toi-même quand tu le chantes ?

Oui, bien sûr, c’est toujours un message à toi-même. Je pense que toutes les chansons que les gens écrivent sont aussi des messages à eux-mêmes.

Est-ce que tu aimerais essayer d’autres genres de musique ?

Oui, j’ai toujours voulu faire un album de gospel, mais pas forcément religieux. Il y a un très bon groupe anglais appelé les Soul Savers qui ont fait une chanson intitulée « Revival » avec Mark Lanegan, vraiment douce et délicate, avec de la guitare et du piano, mais avec ce feeling gospel un peu comme Tom Waits, tu sais quand il avait cette touche gospel ? J’adorerais faire ça. J’aimerais aussi faire un album purement folk acoustique. Il y a vraiment beaucoup de sortes de musique que j’aimerais faire !

Et pour terminer, peux-tu nommer trois choses sans lesquelles tu ne pourrais pas vivre?

Ma famille. J’essaie de ne pas m’attacher aux choses, donc il n’y a rien que je possède et sans quoi je ne pourrais pas vivre. Je tente de rester dans un état loin du matérialisme. J’aime les choses, j’en achète, mais je ne m’attache pas aux choses. Je suis plus sentimental avec les gens. Il y a des gens comme mes proches ou ma famille sans lesquels il serait dur de vivre, mais pas les choses. Je pense que le monde serait meilleur si les gens ne s’attachaient pas autant à ce qu’ils possèdent.

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