Nos cordes vocales ont souffert vendredi soir et nos bras ont pris des coups, mais on est encore en état de vous faire le compte-rendu de cette deuxième journée du Greenfield 2019. Une soirée un peu ‘fangirls’ pour nous deux…

On entame cette deuxième journée avec Chelsea Deadbeat Combo. Le public se met à l’aise, assis dans l’herbe pour profiter du soleil et du concert. Le groupe en profite pour présenter leur nouvel album ‘Perspectives’ et pour lancer une tonne de merchandising dans le public. Il y a de quoi motiver les troupes, mais les changements fréquents de style au sein même des morceaux laissent quelque peu perplexe. On apprécie une partie, et le couplet suivant pas vraiment. On enchaîne avec Eskimo Callboy. Le nom un peu emo nous a intriguées, et on n’a pas été déçues. Des riffs entraînants, avec des sons electro, deux chanteurs qui alternent chant clair et scream : c’est un combo gagnant. Par moments, entre deux mélodies à la David Guetta, il y a un petit breakdown, alors on se prend au jeu. On dandine la tête, on danse un peu, se remémorant l’époque de nos 12 ans où on écoutait ce genre de groupe en boucle dans notre chambre. Cette fois, la journée a bel et bien commencé !

Greenfield 2019 – Eskimo Callboy ©Nicolas Keshvary

Ceux qui avaient certainement la plus grosse pression vendredi, c’était Almøst Human. Après avoir remporté le Greenfield Band Contest à Lausanne en mars, les Yverdonnois doivent maintenant convaincre les festivaliers avec leur dernier album XS2XTC. Ces derniers se font un peu prier pour aller vers l’Eiger Stage, préférant profiter de l’ombre et garder leurs forces pour plus tard. Mais il finira quand même par y avoir un petit pogo et les personnes présentes sont restées jusqu’à la fin : pari réussi pour Almøst Human. Sur la Jungfrau Stage, Saltatio Mortis ont déjà commencé leur set. La cornemuse nous interpelle immédiatement, mais très vite, quelque chose nous dérange et on perd intérêt. On retourne donc du côté de l’Eiger Stage où Cane Hill s’apprête à monter sur scène. Le public commence à se chauffer et ne bronche pas face au nuage passager qui disperse quelques micro-gouttes sur le festival. Retour vers la grande scène avec une jolie découverte. Frank Turner, accompagné de The Sleeping Souls, débarque en chemise blanche et cravate, bien coiffé. L’ensemble donne l’image d’une scène bien rangée (ce qui fait plutôt plaisir après avoir vu l’état du camping…). L’anglais détonne un peu dans la programmation mais a réussi à conquérir la foule. Passant de titres folk à passages aux rythmes punk, il a offert un show plein de relief. Il a même réussi à faire danser les festivalier.ère.s, tant devant que tout au fond ! Côté petite scène, c’est ambiance estivale avec State Champs. On se croirait presque sur une date de feu Vans Warped Tour. Les américains donnent immédiatement le sourire avec leur pop punk certes classique, mais qui fonctionne toujours. On ne pouvait pas demander mieux pour faire le plein d’énergie avant une longue soirée.

State Champs, c’était pour nous le dernier détour du jour par la Eiger Stage avant une soirée quelque peu ‘fangirling’.

18h10, nous sommes prêtes, devant la Jungfrau Stage, à enchaîner quatre concerts qui risquent de laisser leur trace sur nos muscles pour les prochains jours. On démarre le marathon avec Lamb Of God. Les Américains sont arrivés avec un show fidèle à eux-mêmes, avec une mise en scène bien orchestrée. On notera une énergie folle et une souplesse dans les sauts de Randy Blythe, ce qu’on lui envie beaucoup. Les basses à 150db ont fait vibrer tout notre corps, préparant nos muscles à la suite du marathon.

Greenfield 2019 – Papa Roach ©Maud Robadey

C’est ensuite au tour de Papa Roach de faire chanter la foule. Amour de jeunesse pour l’une, presque totale découverte pour l’autre, on n’a pas été déçues. Avec un set composé de leurs titres les plus connus, la bande à Jacoby Shaddix a mis une ambiance du tonnerre au Greenfield ! Ils ont aussi proposé une séquence émotion en rendant hommage à Keith Flint après un discours émouvant de Shaddix sur la santé mentale, comment il ne faut pas écouter les voix dans notre tête et comment lui-même a pris du temps avant de pouvoir se sortir de cette noirceur. Discours qui sera d’ailleurs également tenu par Slipknot quelques heures plus tard. Un message d’espoir pour encore mieux se défouler ensuite ! On notera aussi la voix du frontman qui, de la première à la dernière note, était tout simplement au top.

Changement total de décor (littéralement) pour Amon Amarth. La toile de fond et l’énorme casque à lunettes viking nous transportent dans une autre époque. Mais avec Amon Amarth, le meilleur moment, c’est de les voir arriver sur scène avec leurs grosses barbes et leurs airs de vikings sans merci et puis de voir leurs visages se transformer, avoir le sourire jusqu’aux oreilles et le regard de gros nounours. Et puis, avec Amon Amarth, on fait ‘formule 3 en 1’ : de la bonne musique, du spectacle et des reconstitutions de batailles vikings, sans oublier une petite séance de bronzette. Avec leur pyrotechnie en veux-tu en voilà, on n’a même pas remarqué l’arrivée de la bise fraîche, c’était comme la canicule en hiver. Bien sûr, on a eu droit à une fin en apothéose avec Guardians Of Asgaard et Twilight Of The Thunder God.

Greenfield 2019 – Amon Amarth ©Nicolas Keshvary

Nos cordes vocales déjà bien amochées, on observe attentivement la mise en place de la scène de Slipknot. Le vent a commencé à détacher le rideau qui devait cacher la scène pendant l’intro, obligeant l’équipe à le retirer complètement. On reçoit quelques gouttes sur les bras mais impossible de déterminer si c’est de la pluie, de la bière ou de la transpiration qui nous coule dessus. Mais lorsque Slipknot entrent en scène, le ciel est clair et la bise à presque cessé : des conditions idéales. Et là, c’est la folie furieuse. 1h30 de pur bonheur, tout simplement. Slipknot sont bel et bien de retour, qu’on aime le nouveau masque de Corey ou non, on ne peut pas le nier. On démarre sans échauffement avec People = Shit, plus tard on devient tous fous avec Psychosocial et l’enchaînement Custer-Sulfer nous achèvera presque après à peine une heure de show. Et pour bien nous finir, Corey a fait asseoir tout le monde, nous faisant découvrir l’ampleur de la foule depuis notre premier rang. Et lorsque tout le monde s’est levé et s’est mis à sauter, c’était la guerre. Les percussions, perchées à plusieurs mètres de haut se font malmener, que ce soit par les coups qu’on leur porte ou par les secousses que les autres membres lancent à la structure. On est sans cesse partagé.e.s entre le déchaînement et l’admiration face à leur jeu. Slipknot nous ont offert un petit bout de perfection au Greenfield 2019, et on n’est pas prêtes de l’oublier.

www.greenfieldfestival.ch

Texte par Alessia Merulla & Hiromi Berridge
Photos par Maud Robadey & Nicolas Keshvary