Afin de promouvoir leur troisième album, Voice Of Ruin a accepté de répondre à nos questions et de présenter Acheron, qui, nous en sommes sûr, saura vous briser les cervicales. En plus d’un très bon album, le groupe a la tête sur les épaules. Randy a raison : il ne manque plus qu’un coup de pouce du destin !


Peux-tu nous présenter ce 3ème album ?
[Randy, chant] Nous avons commencé à composer ce nouvel album en fin d’année 2017, soit six mois après la sortie de ʿPurge and Purifyʾ. Après une année de composition et de pré-production, nous avons enregistré ce nouvel album fin 2018 au Studio Fredman à Göteborg en Suède. Pour la production et l’enregistrement, nous avons travaillé durant trois semaines avec Henrik Udd et Fredrik Nordström, deux grands producteurs connus pour leur travail avec des groupes mythiques tels que In Flames, Arch Enemy ou encore Dimmu Borgir. Côté visuel, nous avons travaillé avec Metastazis, un artiste basé à Paris.

Depuis votre début, il me semble que les parties mélodiques sont mieux intégrées aux morceaux. De plus, vos parties plus brutales sont très variées, ça lorgne vers le death, le hardcore, un peu de black peut-être … es-tu d’accord avec moi ?
[Erwin, basse] Merci pour ton analyse. Notre processus de composition reste identique à celui de l’album précèdent. On travaille les préproductions avec Nico et on arrange chaque titre tous ensemble. On ne définit pas quel style on veut faire à l’avance, on essaie seulement de ne pas se répéter et de tenter de nouvelles choses. C’est le deuxième album avec le même line-up et ça a beaucoup facilité le processus, je suis d’ailleurs très content de notre marge de progression. Outre le death, le hardcore et le black, on peut citer le thrash metal qui a aussi beaucoup d’influence sur certains riffs ou structures. Chacun a progressé techniquement mais ce n’est pas une fin en soi. Notre but est d’écrire des titres efficaces pour le live avec des refrains solides.

Peux-tu me dire un mot sur les textes que tu composes entièrement ?
[Randy] Pour chaque album, je me fixe un thème général et pour Acheron j’ai continué sur la thématique des problèmes et catastrophes qui traversent les siècles, toujours en mélangeant fiction et réalité. Sur certains titres, j’ai mis l’accent sur la période du Moyen Âge qui m’a toujours passionnée. Et sur d’autres, je me suis concentré sur certaines peurs contre lesquelles le cerveau humain lutte depuis toujours.

Et les clips ? Je trouve qu’ils n’ont rien à envier à ceux des grosses pointures.
[Randy] Merci ! Depuis 2015, on essaie vraiment de se donner à fond pour les clips, car aujourd’hui c’est hyper important d’allier ta musique avec du visuel. Pour les clips de ce nouvel album, on s’est encore plus creusé la tête et on a pris davantage de temps sur les tournages. Par exemple, le clip de « Salem » était une sacrée organisation vu le lieu et le nombre d’acteurs et de figurants. Mais vu le résultat, ça valait vraiment le coup.

Vous avez encore une fois changé de studios pour l’enregistrement, le mastering et le mixage. Pourquoi une telle décision ?
[Nico, guitare] À chaque nouveau cycle nous tentons de changer un peu d’approche. Pour cet album il y avait clairement un côté plus sombre, nordique, et assez vite lorsque Erwin et moi avons enregistré les premières démos, on s’est dit que la production de cet album devait être différente de celle du précédent. J’ai pris contact avec Henrik Udd et après avoir écouté cinq démos, il a tout de suite montré de l’intérêt pour le projet. On était très content du son de l’album précédent mais cette fois on voulait un son de guitare « massif » et de ce côté-là Henrik et Fredrik sont vraiment des experts. De manière plus générale, ce groupe est aussi une super aventure humaine et c’était donc l’occasion de passer trois semaines tous ensemble en Suède. On l’avait déjà remarqué lors de l’enregistrement de Purge and Purify, le fait de vivre et respirer musique les cinq durant trois semaines apporte vraiment quelque chose au processus d’enregistrement.

Même question pour les couvertures de vos albums et EP. Cinq titres en tout et cinq styles différents. Pour moi, il ne s’agit pas d’une coïncidence.
[Randy] À la base, on aime bien arriver avec du neuf et un concept pour chaque disque. Pour Acheron nous avions justement hésité entre repartir sur du nouveau ou travailler encore une fois avec Travis Smith qui avait créé les visuels pour Purge and Purify, mais finalement, on trouvait cool d’arriver avec quelque chose de frais et plus surprenant et on est carrément satisfait du résultat.

Malheureusement (ou heureusement, c’est selon votre caractère), le line-up change beaucoup…
[Randy] Haha bien vu. C’est clair qu’entre 2009 et 2016 nous avons eu de nombreux changements, mais le line-up est maintenant stable depuis trois ans et c’est une très bonne chose. Quand un membre change, c’est beaucoup de stress, d’organisation et de perte de temps. Avec ce line-up on a trouvé un bon équilibre et une belle vitesse de croisière, donc tout roule au poil !

J’ai constaté que vous avez booké beaucoup de concerts d’ici novembre 2019, on peut dire que 2/3 des week-end y passe. Comment vivez-vous cela ?
[Randy] On a une dizaine de shows sur deux mois entre la Suisse, la France et l’Allemagne. On a toujours fait beaucoup de concerts avec VOR et c’est important d’être présent sur scène lorsque tu sors un nouvel album. Depuis 2016, on répartit un peu mieux les cycles avec et sans concerts, d’où ce genre de périodes plus condensées. En tout cas, tout le monde se réjouit de reprendre la route, faire de la scène c’est ce qu’on adore le plus. Alors c’est clair que les weekends d’automne ne seront pas de tout repos, mais on se reposera à Noël (rires).

Pour votre « release party », est-ce que tout est prêt ? Avez-vous prévu quelque chose de spécial pour l’occasion ?
[Randy] On peut dire que tout est prêt. On est justement en train de voir ce qu’on peut faire de plus pour embellir davantage le show. On aura d’ailleurs deux jours de résidence juste avant pour mettre le show en place, on se réjouit.

Il y en a même pas mal de l’autre côté de la Sarine. Comment cela se passe-t-il avec les fans ? Voyez-vous des différences culturelles ?
[Randy] Effectivement, pour la première fois depuis nos débuts, on va davantage jouer en suisse allemande qu’en suisse romande sur l’année. On commence à avoir pas mal de personnes qui nous suivent de ce côté du pays et ça fait super plaisir. Je remarque notamment que les suisses allemands sont plus branchés death metal que les romands. Après culturellement parlant, je ne vois honnêtement aucune différence. De manière générale l’organisation et l’accueil sont toujours au top dans l’ensemble du pays.

Je pense qu’il ne vous manque pas grand chose pour « monter » de catégorie. D’après toi, que vous manque-t-il ? Quelle est cette petite chose ?
[Randy] Merci pour le commentaire qui fait plaisir ! Notre album précédent Purge and Purify nous a clairement aidé à monter d’un cran, on espère que cela va encore être le cas avec Acheron. Notre renommée s’est vraiment construite au fil des albums et des années et on n’a jamais brûlé les étapes. Après, honnêtement, je pense que ce petit quelque chose qu’il nous manque est d’être là au bon endroit et au bon moment. C’est souvent à ça que ça se joue dans la musique, mais aussi dans la vie en général.

Quels sont vos projets d’avenir et que pouvons-nous vous souhaitez ?
[Randy] Alors pour le moment l’objectif principal est de promouvoir un maximum ce nouvel album et de tourner le plus possible. On aimerait bien réussir à se greffer sur une grosse tournée en 2020, on verra s’il y a une possibilité. Et sur le plus long terme, le but est toujours de faire du hard en prenant du plaisir sur scène.

voiceofruin.com

Notre chronique d’Acheron ici !

Auteur: Domenico Troilo

FICHE CD
Acheron
Tenacity Music
4/5