L’iconique voix d’Alter Bridge et plus récemment de Slash & The Conspirators n’est plus à présenter. Le très attendu premier album solo de Myles Kennedy sortira le 9 Mars 2018. Cet album raconte l’histoire du décès du père de Myles en 1974 lorsque que celui-ci n’avait que 4 ans, après avoir refusé quelques mois auparavant tout traitement médical à cause de ses convictions religieuses. Selon le calendrier chinois, 1974 est l’année du tigre, d’où le titre de l’album ‘Year of the Tiger’. Entretien téléphonique avec un artiste d’exception.


Salut Myles ! Merci de m’accorder un peu de ton temps.

Comme cet album est très introspectif, était-ce pour toi une expérience cathartique d’aborder un sujet si personnel ?

Oui, extrêmement cathartique. C’était l’idée derrière cet album solo, et je me sens très bien après l’avoir écrit. Des morceaux comme ‘Haunted By Design’ illustrent plus particulièrement mon point de vue personnel en tant qu’adulte ayant grandi, influencé après une telle expérience si tôt dans ma vie, alors que d’autres comme  ‘Mother’ et ‘Turning Stones’ expriment plutôt le point de vue de ma mère qui s’est retrouvé seule avec deux jeunes enfants à sa charge, à devoir se battre pour éviter que tout s’effondre. Une chose que j’ai comprise, c’est que le temps permet de guérir, au moins partiellement, de beaucoup de maux.

J’imagine qu’une telle expérience a influencé ton point de vue sur la religion ?

Cela m’a fait me poser énormément de questions et m’a fait douter, oui. Je ne suis pas quelqu’un de religieux, mais je ne peux pas dire que je hais la religion. Tout le monde a besoin de quelque chose à laquelle s’accrocher, que ce soit l’art, la musique, ou n’importe quoi d’autres. Pour certaines personnes, c’est la religion qui leur permet de continuer à avancer.

Tu avais terminé une première version de l’album il y a 2 ans, puis tu as préféré tout recommencer depuis le début et le réécrire complètement. Pourquoi cette décision ?

Quand je l’écoutais, je sentais que ce n’était pas le bon moment. Et mon producteur a relevé le fait que c’était trop rock pour un album solo, trop proche de ce que j’avais déjà fait. J’ai donc décidé de tout recommencer à zéro, et à mesure que j’avançais, le concept derrière qu’il y avait se définissait de plus en plus.

Est-ce qu’un album acoustique était un moyen de faire ressortir ta voix, ou c’est quelque chose qui est venu naturellement ?

C’était une décision prise dans les premiers stages, pour faire ressortir la voix en effet. Le fait que ce soit acoustique aide effectivement vraiment à se focaliser sur celle-ci.

De quelle manière le fait d’avoir joué avec Slash t’a influencé dans ta façon d’écrire ? Je pense plus particulièrement au morceau ‘Devil On The Wall’ qui m’a rappelé un peu sa façon de composer.

Je vois ce que tu veux dire mais je ne suis pas sûre que cela vienne de Slash. J’utilise des progressions d’accords que j’utilisais bien avant de jouer avec lui. Il y a clairement plein d’influences différentes sur cet album. Tu peux aussi entendre les influences d’Alter Bridge dans ‘The Great Beyond’ par exemple, de par son côté épique. Mon morceau préféré, ‘Haunted By Design’, sonne un peu country, ce qui est assez surprenant.

Comme c’est un album assez différent de ce que tu fais d’habitude, appréhendes-tu la réaction de tes fans ?

Honnêtement, un peu. Mais je m’y étais préparé, cet album devait être différent et je ne voulais pas faire un autre album de rock basé sur les guitares électriques et tout ça. Je pense que ce n’est pas pour tout le monde, mais au moins c’est très honnête.

Toi qui es habitué à tourner avec un groupe, comment imagines-tu tourner en tant qu’artiste solo ?

Les concerts vont être simples et épurés, juste moi et ma guitare acoustique. J’aimerais jouer l’album dans son intégralité à chaque fois. Par contre, j’aimerais bien refaire une seconde tournée avec les musiciens qui apparaissent sur l’album. On verra !

Beaucoup de très grands artistes nous ont quittés récemment. Comment cela t’influence ?

Cela m’a fait prendre conscience encore plus que le temps que nous avons à disposition ici n’est pas infini et qu’il faut en profiter au maximum. ‘Fais-le aujourd’hui, soit productif’ est devenu ma philosophie de vie. Mais je ne vais pas sombrer dans le désespoir. La mort de Chris Cornell, en particulier, a poussé des artistes à eux-mêmes choisir de partir. Je ne ferai pas partie de ceux-là, je peux te l’assurer.

Peut-on attendre d’autres albums solos dans le futur ?

J’aimerais bien ! On verra, j’espère que la réaction du public sera positive !

Pour finir, j’aimerais parler de la fondation caritative dont tu t’occupes dans ta ville, Spokane, qui se donne pour but de donner accès à une éducation musicale à tous les enfants, partie fondamentale d’une éducation complète. Aimerais-tu expandre ce projet internationalement ?

Oui, on l’espère ! Nous avons déjà commencé un peu à agir en dehors de nos frontières, notamment à Londres. Cependant, nous nous focalisons sur Spokane à l’heure actuelle. [CG]