20 ans ! Et oui, vingt ans déjà que le Cabaret Vert fait danser toute une ville et même une région. Vingt ans que se côtoient les plus grands artistes : Jacques Higelin, Mass Hysteria, Watcha, Dagoba, Shaka Ponk, Pigalle, Gojira, Suicidal Tendencies, NOFX, Iggy and the Stooges, etc… et cela juste pour la partie rock. Car le Cabaret Vert, c’est surtout une succession de styles, de groupes d’horizons divers et variés et d’artistes en tous genres. Un vrai melting-pot artistique, une explosion d’univers hauts en couleur et de saveurs diverses. Bref, un endroit où il fait bon vivre pendant quatre jours, où tous les publics se côtoient et se mélangent dans un esprit joyeux et bon enfant. Le Cabaret Vert, c’est aussi la proximité et l’écologie, avec beaucoup de sensibilisation à l’environnement et au savoir-faire local. Vous l’aurez compris, le Cabaret Vert, ça ne s’explique pas, ça se vit. C’est pourquoi Daily Rock vous emmène encore une fois cette année au cœur du premier jour du festival, le jour le plus rock bien sûr !

Dès 18 h 30, les affaires commencent par un bon Body Count sur la scène Zanzibar, la grande scène du festival. Ice-T et ses acolytes (dont son fils) débarquent sur scène avec leur gros son et leur énergie rap-metal incomparable. Une bonne heure de show, débutée par le très célèbre « Body Count’s In The House », où le groupe déploie une setlist balayant à peu près tous ses albums, balançant même quelques passages d’Exploited ou encore de Slayer. Rien d’étonnant quand on connaît les goûts musicaux de Ice-T et Ernie C. « No Lives Matter », « Psychopath », « Necessary Evil », ou encore « Cop Killer » sont au programme. Un concert puissant, fort et convainquant. A soixante-huit ans, Ice-T démontre ce soir, qu’il en a encore sous le coude et qu’il sait toujours faire du grand Body Count. On oubliera peut-être qu’il a cru être au Luxembourg pendant tout son set et on mettra cela sur le compte du jet-lag.

Toujours sur la grande scène, la foule attend désormais le groupe du moment, la tendance soft metal, la hype rock, j’ai nommé Turnstile. Un groupe américain qui a débarqué de nulle part il y a quelques années et qui a créé la sensation en raflant une multitude de récompenses et de reconnaissances dans le milieu de la musique. En quatre albums seulement, Turnstile retourne le rock pour créer un style à part, plus moderne, plus lancinant, plus décoiffant. Et c’est tout cela que le groupe va balancer ce soir sur scène. Brendan Yates et ses comparses se la jouent simples et très efficaces. D’entrée de jeu, ils balancent leurs hits comme, bien sûr, « Never Enough » ou « Endless ». Et puis, une vraie énergie communicative s’installe avec une foule immense sur des titres tels que « I Care », « Sole », « Holiday », « Black-Out » ou « Mystère ». Quel mélange de saveurs ! Un groupe qui convainc par ses prestations scéniques, mais aussi et surtout par un son unique, une inspiration bien à eux, et un mix de tout un tas de bonnes choses puisées dans le meilleur du rock, voire de la pop. Un excellent moment ce soir encore !

Un petit tour du côté d’une autre scène : la Razorback. Plus petite, plus intime peut-être, mais avec une prog tout aussi alléchante. La preuve ce soir avec les Frenchies de Last Train, une autre sensation du moment. Un groupe qui monte, qui déchire tout sur son passage et qui conquiert bien plus que l’Hexagone. Les Alsaciens viennent peut-être en voisins ce soir, mais ils sont en plein cœur d’une tournée qui les a amenés dans une multitude de festivals cet été et aussi en première partie d’énormes machines comme Linkin Park. Bref, Last Train, ce sont des bêtes de scène et ce n’est pas leur prestation d’une énergie à couper le souffle qui nous fera dire le contraire. Un show de cinquante minutes interrompu quelques minutes pour cause de bagarre dans la fosse, richement étoffé de morceaux comme « Way Out », « Disappointed », « Between Wound » ou « The Big Picture ». Ça joue, ça crie, ça saute dans le public, ça plane… Bref, ça fait du bien aux yeux, aux oreilles et au cœur !

Mais il est l’heure d’aller rejoindre la scène principale pour un moment vraiment très attendu ce soir : le concert de Deftones. Ce n’est pas tous les jours que les Californiens débarquent en France. Il y a donc des milliers de personnes, plus que prêtes ce soir, à aller admirer le jeu de scène de ces vieux briscards du rock. Après Korn il y a deux ans, Deftones arrive en force au Cabaret Vert pour balancer son nu-metal intense et robuste ! Au programme : une heure et vingt minutes de show, une petite vingtaine de morceaux, et un concert qui tient toutes ses promesses en retraçant toute une carrière.

Ce soir, on a le droit à tout ce que Deftones sait faire de mieux, c’est-à-dire passer du rire aux larmes, de la colère à l’apaisement, du clair au sombre. De « Be Quiet and Drive » à « My Mind Is A Mountain » en passant par « Around The Fur » ou « Rosemary », de « Risk » à « Infinite Source » ou encore « Entombed », « Korea », « Change (In The House Of Flies) », « My Own Summer » et enfin « 7 Words » : bref, un concert complet de Deftones. Une setlist parfaitement calibrée pour créer des émotions et faire vibrer toute une foule de connaisseurs. Pour ne citer que « Risk », ce titre n’avait pas été rejoué sur scène depuis plus de quinze ans !

Chino Moreno n’est pas le champion de la prise de parole ou de l’interaction avec le public, mais il assure le spectacle. Il donne un maximum d’énergie ce soir et nous subjugue par sa prestation vocale. La grande classe, le grand show, l’émotion à son paroxysme ! Un grand moment de rock avec des frissons garantis à la fin.

Comment se remettre d’une telle claque musicale… En allant voir un autre groupe qui déchire, mais dans un autre style : Rise of The Northstar. Sur la scène Razorback, les Parisiens prennent la suite de Deftones quasi immédiatement. Pas de répit pour nous ce soir. Mais avec une telle programmation, on ne s’en plaint vraiment pas. Bon, même en courant, on arrive pile pour rentrer dans le pogo déjà formé sur le très efficace « Showdown ». On peut dire que le feu est attisé, et que l’ambiance est à son comble. La foule est déjà en folie et la sécurité est un peu dépassée par l’afflux de slammeurs. Et grosse surprise ce soir avec l’arrivée de guests sur scène sur « One Love » : Enhancer ! Quel moment ! La fiesta sur scène et dans la foule ! « Rise » ou encore « Again and Again » feront partie de la set-list du soir et tout est prétexte à pogo, circle pit ou slams ! Rise of The Northstar, emmené par un Vithia en super forme, a décuplé son énergie habituelle pour enflammer toute la plaine de Charleville-Mézières ce soir. Un metalcore, thrash, groovy, rap, japanisant qui fera fondre l’armure des plus sceptiques !

Et puis, en parlant de Frenchies, quoi de mieux pour finir une soirée de festival en beauté que de terminer par Ultra Vomit ? Eh bien, rien de mieux en fait ! Pas question que l’ambiance retombe, ni de se refroidir par cette soirée plus fraîche que les quatre-vingt-dix dernières ! On remonte donc vers la Grande Scène pour le dernier concert de la soirée, histoire de s’offrir une bonne dose de délires métallo-rigolos.

Dès l’intro à la Warner Bros, on comprend qu’on ne va pas s’ennuyer. « Évier Métal » ouvre le bal, puis c’est un déferlement de titres plus délirants les uns que les autres : « Le Coq », « Doigts de Métal » (avec doigts géants gonflables, s’il vous plaît !), « Un chien géant », « Tikawahukwa », « Ricard Peinard », « Patatas Bravas », et « Je collectionne les canards vivants » avec l’apparition du Roi Canard en personne. Surprise de taille : Mouss de Mass Hysteria débarque en duo avec Fétus sur… « Mouss de Mass ». Après « Kammthaar », la soirée se termine de la meilleure des manières avec un splendide « A.N.U.S. » ! Seul Ultra Vomit peut clôturer un show – et une soirée de festival – de la sorte !

Quoi qu’il en soit, le délire est là, le bon moment est là, la musique parfaite et qui laisse même bouche-bée par la puissance du jeu, bref, magique pour conclure ce premier jour du festival. !

Ce premier jour à Cabaret Vert sera notre unique jour pour nous, mais quel jour, juste parfait ! Les groupes qui ont joué ce soir, l’ambiance festive, l’atmosphère et l’accueil de ce festival, tout fait que c’est un moment vraiment unique ! Certains qualifie ce festival de grande fête entre amis, nous nous dirons un évènement incontournable pour terminer l’été en beauté !

Texte : Marjorie Delaporte
Photos : Catherine Florian – By CFK Photographies

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