Nous avons eu l’immense plaisir d’accueillir dans nos locaux un invité de marque en la personne d’Antoine Minne, nouveau programmateur de Post Tenebras Rock qui est venu nous rendre visite accompagné d’Aïda Hamouda, responsable promotion de la vénérable association genevoise. Nous avons profité de l’occasion pour faire le point avec Antoine qui aura la lourde tâche de relancer la machine à musique après cette pause interminable durant laquelle la culture est entrée en hibernation forcée.

En plus de devoir reprogrammer de nombreuses dates passées à la trappe durant cette magnifique année 2020, Post Tenebras Rock se démène pour nous proposer de nouvelles programmations alléchantes composées d’artistes qui ne demandent qu’à mettre le feu à la scène et retrouver un public affamé de concerts ! Faisons plus ample connaissance avec Antoine et les tâches qui lui incomberont pour le début de cette nouvelle année !


Salut Antoine, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours avant de rejoindre PTR?

Je m’appelle Antoine Minne avec deux « n », j’ai pour surnom artistique « Zebra ». Mon parcours de musicien, programmateur et animateur radio en France, puisque je suis français, a certainement dû séduire Post Tenebras Rock puisque cela fait plus de 30 ans que je suis dans le milieu musical et médiatique. La connaissance continue des scènes actuelles en faisant de la radio m’a permis de pouvoir présenter un projet artistique pour PTR assez ouvert même si mon background est plutôt axé rock indie et que je suis moins calé en metal que mes prédécesseurs mais je continue à découvrir énormément de choses et c’est cette découverte ajoutée à mes connaissances des scènes suisses et françaises qui m’ont amené ici.

Quelles sont les difficultés actuelles à reprendre ce poste dans de telles circonstances ?

J’ai moins de difficultés que d’autres programmateurs de salles ou de festivals car je n’ai pas vécu les deux premières vagues de déprogrammations, je suis arrivé en octobre et j’ai directement pu commencer à bosser sur le printemps 2021 et c’était assez excitant d’arriver en me disant que je peux bosser sur quelque chose de neuf et aussi suivre les dossiers qui avaient été amenés par mon prédécesseur et voir ce qui pouvait être fait. Donc ça c’est avéré assez simple finalement de m’intégrer.

Comment se passe la reprogrammation ? Est-ce compliqué de reprogrammer ce qui a été annulé ?

C’est toujours compliqué, chaque salle a ses points de vue, il y a ceux qui décalent tout d’un an. La plupart des agences de booking avec qui on a à faire sont dans cette logique là car pour l’international c’est des grosses tournées mondiales ou européennes et tout est déplacé d’un an au mois voir au jour près ! Disons que c’était plus logique que ça se passe comme ça. Après pour la programmation elle-même, on en est arrivé au point maintenant pour le printemps où l’on ne peut plus continuer à décaler, décaler, décaler… on observe ce que font toutes les salles, y compris en France voisine et à un moment on annule simplement car il y a des nouvelles choses qui arrivent et j’ai plutôt envie de programmer des artistes que j’écoute en 2020, 2021. Si c’est une promesse forte, on rediscute de la façon de comment on fait, pour quel type de public, pour combien de public, est-ce qu’ils sont d’accords de jouer pour moins de 100 personnes sinon on attend. C’est pleins de petites clauses à discuter entre nous mais actuellement on reprogramme plus aussi facilement qu’en 2020 sauf pour les internationaux qui ont des logiques de tournées, là une fois qu’on est engagé avec eux il faut le faire.

Justement, avez-vous déjà discuté avec les artistes pour savoir si le concert se fera devant 100 personnes ou 200, 300 avec distanciation sociale, assis à une table ou pas etc?

Les premières négociations dans ce sens là sont de savoir si l’artiste est d’accords de jouer devant moins de 100 personnes, si oui on aura différents types de deal car nous avons bien sûr des logiques de billetterie, on discute de l’opportunité de vendre des places à un certain prix ou moins. C’est des concerts à la carte en fait mais l’important est de le faire une fois qu’on s’y est engagé. Beaucoup de formules peuvent être possibles sauf pour les concerts en streaming vidéo car nous considérons qu’à PTR on offre du rassemblement donc c’est quelque chose qu’on ne propose pas aux groupes. Dans notre cas, si c’est permis on s’engage sur une volonté inébranlable d’ouvrir en mars.

En tant que programmateur, vas-tu poursuivre sur les mêmes bases que ton prédécesseur ou as-tu des idées et des projets nouveaux?

N’étant pas du tout dans le milieu metal, je m’adapte à ce qui se fait à PTR depuis de nombreuses années, l’histoire de PTR est une histoire très liée au style metal en général. Je respecte cela et j’en tient compte dans mon projet mais ma sensibilité me fait ouvrir aussi à des styles qui peuvent parfois faire penser au projet de Kalvingrad. Il est toutefois certain que la programmation doit ressembler à une programmation Post Tenebras Rock, la façon dont j’aborde le concert avec un groupe très rock en première partie font que le tout ressemble à un concert PTR. Cela paraitra plus ouverts que ça ne l’était ces dernières années mais ma sensibilité se ressentira sur plusieurs mois.

C’est une programmation qui reste assez rock donc?

Oui bien sûr il faut qu’on sente le rock après rien n’empêche de faire des collaborations comme on l’a fait avec TCO prod pour du hip hop où ce n’est pas du tout rock mais dans ce cas il s’agit de co-productions. Les co-productions sont aussi notre mission, d’offrir la salle et notre façon de faire des concerts de rock à d’autres gens.

Que penses-tu apporter à Post Tenebras Rock sur le long terme, quelle est ton ambition ?

Ah je sais pas, des idées tordues ! (rire) Actuellement nous sommes un peu coincé par la politique culturelle mais dès qu’on va pouvoir ré-ouvrir on va avoir une mission d’amusement, il faut que les gens prennent du plaisir à venir et à nous de leur offrir du bon temps ! Si les gens se disent je vais à un concert PTR pour bien m’amuser, la marge de « délire » est infinie, on peut se lancer dans des trucs ambitieux comme ça se fessait par exemple dans les soirées disco PTR où la décoration était absolument géniale et délirante, on discute avec les partenaires locaux pour avoir des idées et ça peut aller très loin. Si ça prend bien et l’ambiance est top pour les premiers mois suivants la réouverture on va rigoler c’est certain !

Aïda tenait à ajouter quelques précisions concernant les aides perçues et les financements au cours de cette crise sanitaire

Nous souhaitions remercier l’association Petzi qui s’est battue et nous a aidé à mettre en place le community found, dans notre cas il s’agissait d’un crowfounding. Nous voulions également remercier le grand conseil de la nuit qui a débloqué les sous et a énormément communiqué avec les politiques genevois, un très grand merci à eux !

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