Le Hellfest n’a pas dit son dernier mot… La chaleur non plus. Le jour 4 a été sauvé sous réserve de conditions aménagées surtout sur la consommation d’alcool. Ouf ! Aux vues des affiches du jour, il aurait été inconcevable de louper quoi que ce soit ! Et la foule est bien sûr au rendez-vous, bien qu’un peu plus calme… La calme sera toutefois de courte durée car même s’il fait chaud, le rock’n’roll avant tout !

MAINSTAGE 2 : REVNOIR (11h40)

Les francais de Revnoir, malgré leur jeune carrière, connaissent un succès retentissant, et la reconnaissance d’un genre, d’un style. Un véritable phénomène qu’on ne pouvait pas râter ce matin. Et on a bien fait, car le show, bien que court, a fait l’unanimité jusqu’à donner quelques frissons ! Car oui le show était d’une qualité exceptionnelle, bien qualibré et plus que convaincant. Mention spéciale pour Maxime avec un travail incroyable sur la voix ! Niveau ambiance, un énorme circle pit matinal et déjà des paroles reprises en chœur ! Nul doute que Revnoir est un nom à retenir !

MAINSTAGE 2 : RESOLVE (12h50)

Puisque la France regorge de talents, autant les mettre en avant ! C’est ce qu’a fait le Hellfest en programmant Mainstage Resolve. Puissants, envoutants, c’est comme cela qu’on a envie de vous décrire les lyonnais de Resolve. Ceux-là savent y faire et emporter la foule dans leur univers dès les toutes premières notes de ‘Forever Yours’. ‘Death Awaits’, ‘Smile’, ‘Motolotov’, sont autant de titres de la set-list qui vont transporter les gens aujourd’hui, et les faire bouger sous ce soleil de plomb. Le show est carré, tenu de bout en bout, bref une vraie réussite.

À l’applaudimètre, on dira que le pari est réussi !

WARZONE – DRAIN (14H20)

Direction la Warzone pour l’un des concerts les plus déchaînés du week-end. DRAIN ne met pas longtemps à tout retourner. Sammy Ciaramitaro arrive avec son éternel sourire et une énergie qui semble ne jamais connaître la moindre limite. Habitué à sauter dans le public sans prévenir, il paraît presque surpris de découvrir plusieurs mètres entre la scène et les premiers rangs. Qu’à cela ne tienne : le chanteur descend, tire son câble de micro et vient chercher la foule lui-même. Le reste n’est qu’une succession de circle pits et de crowdsurfers.

Malgré une chaleur absolument infernale, la Warzone ne désemplit pas. Entre les déguisements de requins et les ballons à l’effigie de leur logo, impossible de ne pas comprendre que les Californiens étaient attendus de pied ferme.

Le groupe propose l’éventail idéal de sa discographie avec ‘Feel the Pressure’, ‘California Cursed’, ‘Army of One’ ou encore la reprise de ‘Good Good Things’ des Descendents, et bien sûr ‘Whos’ Having Fun?’. Sammy court, saute sans jamais montrer le moindre signe de fatigue. Un cardio à faire pâlir Yann Heurteaux! Pure folie du début à la fin. DRAIN continue de redessiner les contours du hardcore avec ses bonnes ondes contagieuses et son énergie irrésistible.

Une seule conclusion s’impose : il va falloir les faire revenir en Europe très vite !

MAINSTAGE 2 : PRESIDENT (14h20)

Le mystère President débarque sur scène en ce début d’après-midi et déjà on se demande comment le chanteur peut tenir sous son masque. On n’aura pas long à attendre pour constater qu’il suffoque mais il tiens bon et fais le show. Le style, bien qu’assez posé et calme, convainc de par sa structure en place et son approche assez onirique. President ne laisse pas indifférent et joue sur ce mélange de saveurs et de tonalités, sur ce costume spécial afin de cultiver une sorte de secret. Un univers alternatif avec des morceaux comme ‘Fearless’ ou encore ‘Angel Wings’ très mélodieux qui embarquent dans une sorte de voyage énigmatique.

MAINSTAGE 2 : BLACK VEIL BRIDES (16h00)

Un phénomène en chassant un autre, voici  Andy Biersack et ses compères sur la Mainstage 2. Black Veil Brides, un groupe aux tonalités tantôt heavy, tantôt rock FM, revient sur scène pour défendre son tout dernier album ‘Vindicate’. Et on peut dire que ceux-là sont très attendus car la foule est là en masse malgré la chaleur toujours plus intense de ce dimanche.

‘Bleeders’ est un des singles de ce 7e album et il est déjà acclamé et repris par les fans tout comme ‘Vindicate’. La voix d’Andy est posée, calme et il en joue parfaitement. Pas de grandes démonstrations, pas de jeux de scène de fou, pas beaucoup d’interraction avec le public mais des titres qui s’enchainent à la perfection : ‘Rebel Love song’, ‘Revenger’, ‘Faithless’ ou encore ‘The Legacy’. Un set qui se termine avec ‘In the end’, eh oui ca ne s’invente pas ! Les Américains ont tenu leur show d’une main de maître et on aurait aimé quelques morceaux de plus !

MAINSTAGE 1 : PENNYWISE (16H50)

Le clown de Stephen King ? Non, plutôt les quatre potes icônes du skate-punk des années 90 ! Des paroles engagées, des rythmes endiablés, du punk audacieux qui n’a pas pris une ride, bref un cocktail efficace qui fait bouger les carcasses cramoisies par le soleil ! Des générations se sont défoulées sur ces titres et on dirait bien que ça continue en 2026 !

Dans ce set on aura reconnu des morceaux comme ‘Same old Story’, ‘My own country’, ‘Fuck authority’, ‘Pennywise’ et aussi des bonnes vieilles reprises de Bad Religion ‘Do what you want’, Beastie Boys ‘Fight for your Right’ mais aussi le standard ‘Stand by Me’.

Quelle pêche, quel set, quel moment ! La nostalgie nous a fait kiffer mais le talent de Pennywise a fait tout le reste !

WARZONE – CIRCLE JERKS (17H45)

La Warzone accueille ensuite l’un des noms les plus emblématiques de l’histoire du punk hardcore : Circle Jerks. Formé en 1979 en Californie autour de Keith Morris, ancien chanteur de Black Flag, le groupe reste l’un des pionniers d’une scène dont il a largement contribué à écrire les règles.

Musicalement, rien à redire : les classiques s’enchaînent avec l’énergie et l’urgence que l’on attend d’une telle légende. La foule répond présente et mesure rapidement l’influence immense du groupe sur plusieurs générations de musiciens. En revanche, Keith Morris se montre particulièrement bavard. Après avoir pris le temps de présenter un à un les membres du groupe, ce qui reste tout à son honneur, il multiplie les interventions entre les morceaux, revenant régulièrement sur la politique américaine et différents sujets de société. Une prise de parole cohérente avec l’ADN contestataire du punk hardcore et l’histoire même de Circle Jerks, mais qui finit par casser un peu le rythme du concert à force de répétition. Heureusement, dès que les morceaux repartent, la machine se remet en route. Et c’est finalement ce que l’on retiendra : un rappel vivant de ce que le punk hardcore américain a produit de plus influent.

MAINSTAGE 2 : THREE DAYS GRACE (17h45)

Avec Pennywise on vous parlait de classique et de nostalgie. Avec Three Days Grace on remet le couvert, mais dans un tout autre style. Vous devez vous souvenir du tube : ‘I Hate Everything About You’ : c’est eux… Il y a quelques années ! Mais même avec les années qui défilent, Three Days Grace garde la patate et l’envie d’exploser la scène avec leurs hits. Et puis c’est aussi le retour d’Adam Gontier au chant, après quelques années loin du groupe. Bref, une machine à tubes, qui va recoller des sourires immenses à quasi toute la foule présente. ‘I Am Machine’, ‘The Mountain’, ‘Painkiller’ et ‘Riot’, sont autant de morceaux joués ce soir et acclamés par la foule ! Le show est maitrisé, simple mais plein d’énergie. On voit que le groupe s’amuse sur scène et Adam Gontier, accompagné du second chanteur Matt Walst, fait le show. On a attendu longtemps cette tournée, et voilà un concert qui a convaincu.

MAINSTAGE 1 : RISE AGAINST (18H40)

They’re back ! Rise Against foule à nouveau la scène du Hellfest pour notre plus grand plaisir et avec l’idée de tout retourner. Ça tombe bien, le public est chaud bouillant ! Avec son hardcore mélodique, Rise Against a envie de faire passer un message, celui du changement, de la cohésion, de l’empathie. Un peu tout ce qui unit ce public du Hellfest en somme ! Les américains sont en forme, les musiciens sautent partout y compris… dans le public ! Et puis les morceaux s’enchainent : ‘Give it All’, ‘Ready to Fall’ ou encore ‘Swing Life Away’.

Net, précis, concis, efficace a souhait, nous on a vraiment accroché la patte Rise Against !

MAINSTAGE 2 : ARCHITECTS (19h45)

S’il y a un groupe plus qu’attendu aujourd’hui, c’est bien Architects. Depuis plusieurs années, ces anglais déchainent les passions ! Il faut dire que leur metalcore qu’ils baladent depuis plus de 20 ans a su convaincre des pointures comme Metallica. C’est peu dire ! Emmené par Sam Carter depuis toutes ces années, Architects n’a désormais plus rien a prouver.

Les titres sont excellents, la voix puissante, les riffs entêtants, et la scène finira de convaincre les plus sceptiques. C’est donc un groupe incontournable qu’accueille à nouveau le Hellfest ce jour-là. On a déjà eu le droit à un moment qui n’a pas laissé de marbre en 2024 donc on en attendait pas moins cette année. Et on a été plus que bien servis avec des titres incroyables en live tels que ‘Doomsday’, ‘Blackhole’, le magnifique ‘Broken Mirror’ ou encore ‘Animals’. Pas besoin que Sam Carter en face des caisses, sa voix et sa puissance suffisent à scotcher un parterre de milliers de fans. Même en plein jour, la magie opère et les poils se dressent.

Architects sont maitres en la demeure en ce début de soirée et finissent d’achever de bonheur les fans amassés devant la scène.

MAINSTAGE 1 : THE HIVES (20H50)

Made in Sweden, avec un british style, The Hives c’est l’ambiance garantie. Un rock improbable qui ne fait pas baisser l’intensité de la journée, bien au contraire. Un look impeccable voir décalé avec ses costumes à LEDs, les membres de The Hives sont bien décidés à faire bouger encore plus le Hellfest. Le chanteur Pelle Almqvist est un véritable show man qui sait y faire avec son public. Il ne lui offre aucun moment de répit et le fait crier, danser, slammer, hurler !

Une fougue et un panache qu’on retrouve au travers des titres joués aujourd’hui comme ‘Bogus Operandi’, ‘Paint a Picture’ ou encore ‘Legalize Living’. Mais celui qui met le feu aux poudres c’est encore et toujours ‘Come On !’, véritable carton pour le groupe ! Un concert haut en couleur, positif à souhait, et qui donne une patate d’enfer en début de soirée !

VALLEY : ACID BATH (20H50)

La Valley bascule dans une autre dimension avec l’arrivée d’Acid Bath. Le retour de ces pionniers du sludge était attendu comme un véritable événement, et l’impression est immédiate : on a presque du mal à croire qu’ils sont réellement là, tant l’attente était forte du côté du public, composé en grande partie de fans de la première heure.

Malgré une chaleur encore écrasante, la scène à ciel ouvert devient une sorte de bulle hors du temps. L’ambiance reste lourde, étouffante, mais portée par une forme de fascination collective. Le parterre est calme, observe et écoute. Quelques soucis techniques viennent brièvement perturber le set. Sur les écrans, des filtres psychédéliques donnent parfois une impression irréelle à l’ensemble. Sur scène, le groupe impose une maîtrise impressionnante. Dès le premier morceau, Dax Riggs, chanteur emblématique du groupe, lance un « I can’t hear you, bitches », relançant immédiatement la tension dans le public. Le chant est parfaitement tenu, habité, avec une aisance presque déconcertante qui renforce le côté sombre et immersif du concert. La musique, elle, coule avec une fluidité inattendue pour un sludge aussi dense.

Ce concert est remarquable, incomparable et fascinant : à la hauteur de l’attente énorme autour de ce retour.

MAINSTAGE 2 : BAD OMENS (21h55)

Voici qu’arrive la fin de soirée et les têtes d’affiche du jour. Et pour Bad Omens, que dire si ce n’est : ENFIN ! On les a tant et tant attendus, on a été tellement décus de l’annulation du concert en 2024 (même si Landmvrks a été THE remplacant !), qu’on ne peut qu’être heureux rien qu’a l’idée qu’ils seront enfin la sur scène, devant nous !

Car Bad Omens ça s’écoute, mais surtout ça se vit ! Imaginez ce que vous ressentez juste en vous posant et en écoutant ‘Specter’ ou encore ‘Dying to Love’, alors le ressentir, l’admirer, presque toucher les notes du bout des doigts… Ça ne peut que prendre aux tripes. Ajoutez-y la voix de Noah Sebastian, la grâce de son timbre, juste, posée, plus un jeu de lumières, vous obtiendrez une saveur toute particulière. Tous les titres majeurs y passent : ‘The Death of Peace of Mine’, ‘Concrete Jungle’, ‘V.A N.’, ‘Left for good’, ‘What it cost’, ‘Like a Villain’ ou encore ‘Just pretend’, joués à la perfection, comme sur les albums, avec une intensité en plus.

Pas de chichis, pas de détours, Bad Omens va droit au but, celui de vous coller des frissons à chaque note. La prestation est juste parfaite de bout en bout, timide peut-être parfois avec un chanteur qu’on sent fébrile dans sa façon d’être mais tellement grand et imposant dans sa prestation vocale. On regrettera peut être cette fin abrupte qui nous laisse scotchés, émus, sans savoir si le groupe en avait fini avec nous… Finalement, après le très énervé ‘Dethrone’, les lumières se rallument et on comprend qu’on n’en a pris pour notre grade ce soir.

On a pris une claque musicale, celle qui vous remue tripes et boyaux et qui sera gravée en mémoire un long moment !

MAINSTAGE 1 : THE OFFSPRING (23H15)

C’est avec les anciens que ce Hellfest va se terminer. The Offspring, qui revient pour la énième fois sur la Mainstage a l’honneur de clôturer ces quatre jours de pure folie ! Et ils ont bien décidés de faire perdurer cette folie encore quelques temps avec un set survitaminé.

Dès le premiers morceaux, c’est l’explosion. ‘Come Out and play’ figure parmi les grands classiques et ne peut laisser personne de marbre. Ce qui suit non plus d’ailleurs : ‘All I want’, ‘Staring at the Sun’ par exemple. Un petit tour du côté des covers avec un autre hommage à Ozzy sur ‘Paranoid’ ou ‘Crazy Train’ et, plus surprenant, un titre de Taylor Swift ‘Love Story’, Dexter expliquant que la pop star est une punk : pourquoi pas !

Mais The Offspring c’est surtout les tubes et on y revient pour ambiancer les festivaliers : ‘Gotta Get Away’, ‘Why you don’t get a Job ?’, ‘Pretty fly (For a White guy)’, ‘The Kids aren’t Alright’ ou encore ‘Self Esteem’ en guise de final. Autant dire que malgré pas mal de blablas entre Dexter et Noddles, le sauce a pris, la chaleur est encore montée d’un cran, et la foule a exulté sa joie !

Un moment de communion, de fête, de bonheur sur cette musique qui donne une pêche d’enfer même après quatre jours de chaleur et de pogos ! The Offspring, valeur sûre pour terminer un festival avec la banane !

Textes : Marjorie Delaporte et Floriane Piermay

Photos : Sifaka Photographies

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