AccueilLive ReportsLive reports QuébecSLAUGHTER TO PREVAIL – L’OLYMPIA – 17 AVRIL 2026

SLAUGHTER TO PREVAIL – L’OLYMPIA – 17 AVRIL 2026

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La formation russe Slaughter to Prevail était de passage à l’Olympia le 17 avril dernier. Accompagnée d’Attila et de Whitechapel, la proposition d’Extensive Enterprise était particulièrement bien ficelée, avec des sous-genres similaires (deathcore / metalcore), mais suffisamment variés pour laisser présager une soirée solide du début à la fin. On se souvient qu’après une malheureuse tentative de voir le groupe au printemps dernier au Centre Bell, Alex Terrible, le chanteur du groupe, s’était dit très déçu d’annuler leur participation à la première partie de Falling In Reverse, suivant un enjeu de visa. Dans le contexte de la sortie de leur plus récent album Grizzly, à l’été 2025, plusieurs avaient pu espérer entendre Imdead, sa collaboration avec Ronnie Radke. L’attente était donc considérable. Désormais de retour à Montréal, et toujours bien accompagné par une formule solide, les fans en ont eu la certitude : la patience en valait largement la peine.

PREMIÈRES PARTIES | Attila et Whitechapel

Attila, originaire d’Atlanta, ouvre le concert efficacement. Le chanteur Chris Fronzak apparaît en hoodie, casquette sur la tête, avec ses lunettes fumées. Middle Fingers Up retentit et, dès les premières secondes, le ton est posé : un mélange assumé de nu metal, rap et deathcore. Des intégrations efficaces, où Metalcore Manson évoque une énergie similaire à Hollywood Undead, tandis que Moshpit rappelle une version alternative de Rap God d’Eminem, par son flow rapide et articulé.

L’enthousiasme est à son comble quand vient le tour de Whitechapel de monter sur scène. De façon théâtrale, le chanteur principal s’avance en avant-scène, tenant le crâne emblématique de la formation, qu’il lève d’un seul bras dans un silence presque rituel, sous un faisceau étroit qui renforce ce moment dramatique.

Puis, soudainement, la mise en scène devient plus vaporeuse. Les projecteurs et la fumée installent une ambiance plus mystérieuse, où les musiciens semblent presque s’effacer. Les contours des silhouettes deviennent plus sombres, les podiums disparaissent dans la brume, donnant la sensation que le groupe lévite. Macabre, mais surtout réussi.

Musicalement, les transitions entre les passages plus mélodiques et les breakdowns sont très satisfaisantes. C’est notamment le cas sur Hymns in Dissonance ou Hate Cult Ritual, tous deux issus de leur dernier album, très bien accueilli. Le groupe surprend par son intensité, au point où l’on se demande si la suite pourra maintenir une telle puissance. C’est fort, et en même temps, le temps passe beaucoup trop vite.

TÊTE D’AFFICHE | Slaughter to Prevail

Puis vient le tour de la tête d’affiche. Sur scène, Alex Terrible, nouvellement papa, aborde énergiquement la scène. À la façon d’un animateur de foule, il adopte une gestuelle maîtrisée et scénarisée, un clin d’œil évident à sa discipline sportive de prédilection : le sport de combat. Sa performance vocale, fidèle à sa réputation, démontre le sérieux de son entraînement, enchaînant des coups appuyés sur le tempo des morceaux de façon infatigable.

Mais plus incroyable encore, c’est aussi le cas du reste du groupe : Jack SimmonsMike PetrovEvgeny Novikov et Dmitry Mamedov, qui, par leur jeu charismatique et appuyé, dégagent une impression de puissance. Le traitement de volume ajoute du dynamisme, tandis que l’énergie s’intensifie sur Russian Grizzly In America. Parmi les moments forts, on retrouve également BratvaBaba YagaKoschei et Behelit, qui marquent la soirée. 

Le set se conclut d’ailleurs par Demolisher, un titre qui porte bien son nom, où je me lance dans le moshpit, qui soutient la performance avec une énergie égale à celle déployée jusque-là. La sensation est similaire à celle d’un tourbillon de piscine à contre-courant et je me fais barouetter juste assez. Puis, je replonge un peu en enfance. Je m’entends intérieurement dire à mes parents dans la piscine : « encore une minute, M’man! Je sors là, promis! ». Et bien entendu, je m’élance cette fois-ci, à l’inverse, amusée.

Si je devais noter le concert sur cinq, je lui donnerais sans hésiter toutes ses étoiles. Je m’en sors de bonne humeur, un brin essoufflée, mais surtout euphorique : comme après un saut « à frette » dans une piscine, un jour de canicule (ajoute à ça une bière, et l’analogie est parfaite). 

ÇA RENTRE AU POSTE

Une chose est sûre : tout le monde a eu du fun, même l’enfant d’environ dix ans qui, comme un habitué, naviguait en bodysurfing à la vitesse d’un rafting sous les yeux fiers et émerveillés de son père. De même que ce punk téméraire, aux cheveux roses, qui est passé une dizaine de fois au centre du pit pour remonter encore une autre « p’tite fois ».

Entre AttilaWhitechapel et Slaughter to Prevail, c’était une soirée aussi inclusive que singulière, aussi brutale que rassembleuse autour d’une passion commune : le métal. Comme le témoignaient les commentaires à la sortie de la salle : c’était une soirée de malade. 

Photos: Charles-Alexandre Tourchot

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