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BLEED FROM WITHIN – THÉÂTRE BEANFIELD – 3 AVRIL 2026

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Le Théâtre Beanfield a été témoin d’une soirée mémorable dans le cadre du Zenith Tour, où Bleed From Within s’est entouré de Life of CyclesGreat American Ghost (GAG) et Sylosis. Présenté par Evenko, la proposition musicale était théâtrale et efficace par son ton dramatique. La mise en scène s’est illustrée par de nombreux clair-obscur associés à des poses charismatiques sur les moments musicalement forts, de quoi créer un cadre idyllique pour les amateurs du genre. C’est notamment grâce au grand podium en avant-scène, qui démocratise la vue et la dynamise, que les groupes se sont coordonnés régulièrement dans leur jeu et leur complémentarité, de quoi complexifier davantage les morceaux. 

PREMIÈRES PARTIES | Life of Cycles, Good American Ghost et Sylosis

La soirée débute avec Life of Cycles, formation texane d’hardcore. Jeremy Cuevas capte l’attention par sa mobilité, tandis que les autres musiciens, plus statiques, assurent une exécution technique plus précise. Les compositions sont soutenues par des guitares plus mélodiques et rythmées. Le groupe dégage une présence décontractée par ses va-et-vient. Musicalement, c’est cohérent avec la tête d’affiche. Une entrée en matière qui donne envie d’en voir plus. 

S’ensuit Great American Ghost, originaire de Washington. Le chanteur de tête, Ethan Harrison, est excentrique. Dès l’entrée sur scène, l’ambiance devient sourde et lourde. Ce dernier s’avance, tête sur le côté, avant que le reste du groupe le rejoigne dans une séquence effrayante de chaque côté de la scène, comme en décalage. L’emprunt au théâtre/cinéma est évident. Le chanteur, sourire cinglant, nous fixe du regard avant d’initier le morceau. Ça ajoute du caractère à la performance, et ça propose une différence notable quant au dernier groupe. 

Enfin, Sylosis complète le segment avec une proposition plus groove, aux accents thrash. Les riffs pèsent et c’est saccadé. Le rythme entraînant trouve un écho immédiat dans le public, où le headbanging (hochement de tête) s’installe naturellement. Leur performance n’en demeure pas moins efficace que les autres, et c’est à la fin de leur set que le pit éclate le plus : le public est manifestement prêt à accueillir la tête d’affiche. 

TÊTE D’AFFICHE | Bleed From Within

Dès les premiers instants, l’arrière-fond rétroéclairé rappelle des ossements, ou un endroit menaçant, un clin d’œil direct à l’esthétique du nouvel album. Le frontman, Scott Kennedy, est chaleureusement acclamé par son public, ainsi que son band à son entrée, souriant et balayant son public des yeux, manifestement reconnaissant. Il a le regard lumineux, une aisance évidente sur scène et il semble à sa place. Une fébrilité se dégage du public, déjà réactif, et criant à répétition « Bleed / Bleed / Bleed », alternant des fameux « holé, holé, holé ». Chaque morceau déclenche une réponse immédiate : cris, poings levés, chants scandés. Les morceaux The End of All We KnowGod Complex et Zenith rencontrent de bonnes envolées. Aussi, à la batterie, le musicien Ali Richardson livre un solo précis qui se rapproche d’une réalisation technique et sportive à la fois. L’engagement du public est total. À un moment, l’ambiance bouscule : le chanteur nous remercie, le débit beaucoup plus posé, d’être présents à consommer de la musique « live », car c’est ce qui lui permet de faire son travail aujourd’hui. Une confidence sincère, qui attendrit à même cette foule où mosh pit et circle pit se sont déchaînés quelques minutes plus tôt dans une proportion assez généreuse du parterre. 

UNE SOIRÉE À LA HAUTEUR DES ESPÉRANCES

En ensemble, la force de cette soirée a résidé dans sa cohérence scénique. Bien rythmée, chaque groupe, par son identité et son charisme, s’est engagé dans sa performance. La sélection était particulièrement judicieuse : elle construit une trajectoire musicale crédible. Une proposition généreuse et incarnée. 

Photo Cellulaire: Sarah Rudge

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