Qui a dit que, dans un spectacle d’humour, on ne pouvait pas tout dire? Certainement pas Laura Laune. Elle, elle a pris cette règle, l’a roulée en petite boule et l’a lancée directement dans la foule. Cette humoriste belge, gagnante de La France a un incroyable talent en 2017, n’en a absolument rien eu à faire lors de son spectacle Glory Alleluia au Granada de Sherbrooke, le vendredi 3 avril dernier.
Le spectacle commence avec des vannes trash, noires, très explicites… du genre à faire faire un triple salto arrière à nos grands-mères dans leur tombe. Laura, elle, annonce la couleur dès le départ : « Si ces deux dernières minutes ont été difficiles à entendre, vous vous êtes trompé de place. » Voilà. Ambiance posée.
Sur scène, elle ressemble à une petite fille qui aurait trouvé un micro et décidé que tout ce qui lui traverse l’esprit mérite d’être dit. Elle sourit comme si elle venait de faire une bêtise, court partout comme un enfant hyperactif et laisse des silences tellement bien placés qu’on ne sait plus si on doit rire… ou appeler un thérapeute.
Elle met son public à l’aise ,parfois un peu trop, en faisant monter sur scène un prince charmant qui n’avait rien demandé à personne. Le pauvre doit répondre à ses questions sur la meilleure façon de demander une dédicace. On sent qu’il regrette un peu d’être sorti de chez lui, mais nous, on savoure.
Et puis elle parle de tout. Absolument tout. Pédophilie, handicap, religions, TSA, violence conjugale… Elle coche toutes les cases du bingo des sujets tabous. Si quelqu’un avait crié « LIGNE! », personne n’aurait été surpris.
Comme son spectacle est pensé pour un public français, certaines blagues sur des personnalités de là-bas ont provoqué de petits rires jaunes le genre de rires où tu souris mais tes yeux disent « je ne sais pas de qui elle parle ». Heureusement, elle nous rattrape avec des blagues sur le Québec, le Saguenay, la Gaspésie, Valérie Plante… et évidemment Gilbert Rozon, parce que pourquoi se priver.
À la fin, elle nous révèle que tout ce spectacle, c’est son histoire. On apprend qu’elle est Asperger, que « Petit Ours Brun » (son ex) lui a fait vivre des moments de violence psychologique, et surtout qu’elle s’en est sortie. Après nous avoir fait rire toute la soirée, elle réussit même à faire pleurer plusieurs personnes avec sa chanson de Voldemort. Oui, Voldemort. Personne n’était prêt.
Si j’étais un peu mitigée à l’idée d’aller voir cette humoriste complètement déjantée, je peux vous confirmer que je n’ai pas regretté une seule seconde. Merci Laura d’être venue nous offrir une soirée extraordinaire dans notre petit coin de pays.
Pas d’images du spectacle, l’entourage de l’artiste ne nous a pas répondu quant à l’approbation ou non des photos