AccueilLive ReportsLive reports FranceRevnoir + Aurore – Le Gueulard Plus, Nilvange – 23 octobre 2026

Revnoir + Aurore – Le Gueulard Plus, Nilvange – 23 octobre 2026

-

Ce vendredi 23 octobre, c’est le genre de vendredi où il faut vraiment du lourd pour avoir envie de ressortir… Déjà on se fait vieux et puis il pleut des cordes, le vent souffle à décorner les bœufs, bref, une météo absolument dégueulasse. Mais bon, quand le metalcore nous appelle, on finit quand même par braver la tempête. Direction Nilvange, ce petit village perdu au fin fond de la Moselle, pour rejoindre le Gueulard Plus. Après avoir eu la chance de voir Resolve, c’est cette fois Revnoir qui nous donne une bonne raison de mettre le nez dehors. Et autant dire qu’on ne va pas regretter le déplacement !

Pour ouvrir les hostilités, place à Aurore, formation marseillaise née en 2020, qui développe un hardcore mélodique particulièrement musclé, quelque part entre punk hardcore américain, nu metal et metalcore. Les Marseillais ne sont clairement pas venus pour faire de la figuration. Dès les premières notes, ça envoie sévère ! Le chanteur est habité et balance ses vocaux avec une intensité qui ne laisse personne indifférent. Les guitares cognent, la rythmique tabasse et l’ensemble dégage une énergie brute. Entre les passages hurlés et les séquences plus mélodiques, le groupe impose une dynamique qui fonctionne à merveille en live. Dans la fosse, ça commence à s’agiter sérieusement, jusqu’à ce que le fameux wall of death soit lancé. Une vague humaine qui fonce droit l’une sur l’autre… Le chanteur réclame également des slams, mais la fosse n’est malheureusement pas assez compacte pour que l’expérience prenne vraiment.

Côté décor, on reste sur du classique : un simple drap noir floqué au nom du groupe. Rien de spectaculaire sur le papier. Le véritable spectacle se joue au-dessus des musiciens, grâce à un jeu de lumières particulièrement efficace. Les faisceaux découpent la scène, soulignent les silhouettes et accompagnent les montées en puissance avec une belle précision. Des éclairages bien pensés, qui donnent du relief à l’ensemble et renforcent cette atmosphère sombre et électrique. Comme quoi, avec un bon ingénieur lumière, quelques projecteurs et une bonne dose d’inspiration, on peut faire des merveilles sans sortir l’artillerie lourde.

Après cette première mise en bouche plutôt musclée, place à Revnoir. Formé à Paris en 2023, le groupe s’est rapidement imposé comme l’un des noms à suivre du metalcore français moderne. Après deux EP, le groupe poursuit son ascension avec son premier album qui est attendu pour le 27 novembre 2026. Et ça démarre fort. Le public répond présent, les corps s’agitent, les circle pits se forment et la fosse se transforme rapidement en véritable tourbillon. Revnoir maîtrise parfaitement cette alternance entre screams rageurs et chant clair, plus aérien, presque fragile par moments. C’est justement là que réside une bonne partie de sa force, cette capacité à passer d’une déferlante de riffs massifs à des mélodies accrocheuses, sans jamais perdre en intensité. Les contrastes sont saisissants, les refrains restent en tête et les ruptures de rythme viennent régulièrement remettre une couche. Ça cogne, ça respire, puis ça explose à nouveau.

Une nouvelle fois, pas de scénographie chargée, un simple drap noir, le nom du groupe, et c’est tout. Mais ici, les lumières prennent une place encore plus importante. Là où Aurore privilégiait des teintes plutôt froides et blanches, Revnoir déploie une palette beaucoup plus colorée, entre bleu profond, rouge incandescent et nuances qui viennent épouser les différentes ambiances des morceaux. La lumière ne se contente pas d’éclairer les musiciens, elle raconte quelque chose, elle accompagne les émotions et participe pleinement à l’immersion.

C’est d’ailleurs la troisième fois pour nous cette année qu’on a la chance de les voir, et il faut bien reconnaître que l’expérience n’est jamais tout à fait la même. En festival, en extérieur et en plein jour, une partie de la puissance visuelle et sonore du groupe semble se diluer. Ici, au Gueulard Plus, dans cette salle où le public est au plus près des musiciens, tout prend une autre dimension. Le son paraît plus enveloppant, les lumières sont plus percutantes et l’univers de Revnoir s’installe pleinement. Le groupe est taillé pour les salles, c’est indéniable. On ne regarde plus seulement un concert, on entre dans son ambiance.

Mention spéciale au morceau « Alchemised », enregistré avec Carpenter Brut, dont l’univers synthwave se marie particulièrement bien avec le metal moderne du groupe. Les couleurs et les effets lumineux semblent avoir été pensés pour accompagner cette rencontre entre deux mondes, l’un massif et organique, l’autre électronique et hypnotique. Le résultat est franchement immersif. Autre moment à part, avec le titre « New World », le groupe demande au public d’allumer les lampes de leurs téléphones pour apporter quelques points de lumière dans cette atmosphère mélancolique. Des petites étoiles apparaissent alors dans la salle, contrastant avec la noirceur du titre. Un instant plus doux, presque suspendu, qui rappelle que derrière les riffs dévastateurs et les screams, Revnoir sait aussi jouer sur l’émotion et la vulnérabilité. Et c’est ce contraste qui rend sa musique aussi prenante.

Seul petit bémol, un set qui nous paraît bien trop court. Tout juste une heure, et déjà l’heure est venue pour Revnoir de quitter la scène. On en aurait volontiers repris une bonne dose, surtout avec un premier album qui arrive dans quelques semaines et un groupe qui semble encore avoir pas mal de choses à nous montrer. Mais bon, comme on dit, toutes les bonnes choses ont une fin…

Au final, cette soirée au Gueulard Plus, le groupe Aurore aura misé sur un hardcore mélodique direct, nerveux et viscéral, avec une énergie brute. Tandis que Revnoir, de son côté, jouera davantage sur les contrastes, les ambiances et l’alternance entre violence sonore et envolées mélodiques. Deux identités différentes, mais une même capacité à embarquer le public. Et puis il y a ce détail qui change tout, la lumière. Pas besoin de décors monumentaux ou d’une scénographie hors de prix quand les éclairages sont capables de transformer une simple scène en univers à part entière. Comme quoi, même sous une pluie battante et avec une météo à ne pas mettre un metalleux dehors, il suffit parfois de deux groupes bien décidés à en découdre pour nous rappeler pourquoi on continue de ressortir les soirs de tempête.

Texte : Adeline Pusceddu

Photos : Marjorie Delaporte

Liens utiles :

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

A voir aussi

ROCKONWOOD avec The Scotts, Chaoseum et Tagada Jones – le 112, Terville (F) – 10 octobre 2026 

Un samedi soir comme les autres en Moselle… Non pas vraiment. Car cette fin de journée s’annonce assez rythmée et très rock n’roll. D’ailleurs tout commence...

Amon Amarth + Orbit Culture + Soilwork – Rockhal, Luxembourg – 14 octobre 2026

Arrivées in extremis, la première chanson est déjà passée, mais bon, on est là ! On se fraye un chemin dans une foule déjà bien...

Suivez-nous !

17,057FansJ'aime
1,439SuiveursSuivre
637SuiveursSuivre
1,340SuiveursSuivre
277AbonnésS'abonner

Les plus lus

Publicité