Dans le cadre de sa tournée A Pale White Dot US Tour, Periphery était de passage au MTELUS, accompagné de trois formations en ouverture : Ando San, Greyhaven et Ne Obliviscaris. Présentée par Evenko, la soirée s’est caractérisée par une montée en puissance qui a su répondre aux attentes escomptées. Ando San a proposé un mélange de math-metal et de hip-hop, tandis que Greyhaven, venu du Kentucky, a misé sur un metalcore/post-hardcore agressif. De son côté, Ne Obliviscaris, formation australienne de Melbourne, a captivé avec ses compositions progressives complexes. Enfin, Periphery, tête d’affiche originaire de Washington, D.C., a complété le spectacle avec une approche qui contrastait avec celles des groupes précédents, offrant une belle complémentarité entre les différents sous-genres du metal.
ANDO SAN
Ando San, de Sumerian Records, ouvre la soirée avec une proposition alternative où le math-metal rencontre les sonorités du hip-hop. Le groupe, originaire de la Californie, présente une identité musicale intéressante, mais semble d’abord timide avant de prendre progressivement ses aises. La sélection des morceaux présente des similarités, tandis que les interactions avec le public demeurent limitées. Un bref face-à-face entre le chanteur et le guitariste apporte un peu de dynamisme à la performance, tout comme un court solo de batterie qui vient renforcer la prestation. Il faut dire que la disposition des musiciens — batterie au centre, chanteur-guitariste à gauche et bassiste à droite — renforce cette impression d’être un peu figé. En revanche, les jeux d’éclairage, notamment les faisceaux croisés et superposés, viennent dynamiser la mise en scène minimaliste. Avec une présence de scène plus affirmée et davantage d’interactions avec le public, Ando San pourrait exploiter encore davantage le potentiel de sa proposition musicale, bien que respectable dans son ensemble.
GREYHAVEN
S’ensuit Greyhaven, du Kentucky, qui puise généreusement dans son dernier album paru à l’automne 2025, Keep It Quiet. Sur scène, le chanteur Brent Mills débute le concert avec Burn a Miracle, son morceau le plus écouté sur les plateformes numériques. Une pièce énergique et saccadée qui donne rapidement le ton et qui n’en démord pas. Les compositions invitent naturellement à bouger et se prêtent particulièrement bien aux moshpits. Aussi, la prestation conserve un rythme soutenu, où les passages mélodiques alternent efficacement avec des sections plus agressives. La sélection des morceaux est pertinente et la gestuelle des musiciens soutient l’énergie des compositions, tandis que la foule répond avec enthousiasme, l’air de bien connaître la formation. Si les interventions entre les morceaux demeurent aussi rares, la prestation reste cohérente et pose de bonnes bases pour la suite.
NE OBLIVISCARIS
Ensuite, c’est au tour de Ne Obliviscaris, originaire de Melbourne. Dès Devour Me, le groupe se démarque par une mise en scène soignée et un jeu de lumière efficace. Au violon et au chant clair, Tim Charles impressionne par l’étendue de son registre, sa maîtrise et sa projection, tandis que James Dorton, avec ses growls profonds, suscite une forte réaction du public. Avec Intra Venus, la batterie mitraille à une vitesse vertigineuse, alors que les guitares enchaînent les passages complexes. La gestuelle dramatique des musiciens accentue l’intensité dramatique de la pièce. Suspyre se démarque notamment par ses envolées de violon et son interprétation théâtrale. Dans la foule, un circle pit se forme spontanément, puis des spectateurs se mettent à mimer un bateau au parterre. Une scène inattendue qui ajoute une touche amusante à la performance. Enfin, And Plague Flowers the Kaleidoscope fait ressortir les accents presque néo-trad du violon, qui enrichissent les textures du metal progressif du groupe. C’est réussi.

PERIPHERY
Et vient enfin le moment attendu : Periphery entre en scène. Originaire de Washington, le groupe amorce sa prestation avec Scarlet, suivi de Wildfire et Heaven on High, avant d’enchaîner avec It’s Only Smiles, Unlocking et Mr. God. La setlist se poursuit avec Everyone Dies Alone, Subhuman, Dracul Gras, The Bad Thing et Lune, avant de se conclure avec Reptile. La progression musicale retient l’attention : les premiers morceaux privilégient des sonorités plus légères, aux accents metalcore, avant de céder progressivement la place à des passages plus lourds et à des voix plus gutturales. Cette montée en intensité révèle une facette plus abrasive de Periphery, dont la maîtrise technique se déploie pleinement au fil du concert. Le public applaudit généreusement, manifestement heureux d’avoir passé un bon moment.
Dans l’ensemble, A Pale White Dot US Tour a présenté quatre formations aux approches différentes, mais complémentaires du metal contemporain. Ando San a offert un mélange de metal et d’influences hip-hop qui gagnerait à être davantage soutenu par sa présence scénique. Greyhaven a misé sur les morceaux accrocheurs et l’énergie collective, Ne Obliviscaris a impressionné par sa virtuosité et sa dimension théâtrale, tandis que Periphery a offert un concert qui a gagné en lourdeur et en intensité.
Photos au cellulaire: Sarah Rudges