On l’avait noté depuis longtemps dans notre agenda ce concert de Johnny Marr à l’X-Tra. Génial et créatif guitariste qui a fait les beaux jours de The Smiths – The The et Electronic avant d’embrasser une carrière solo, ses prestations live sont aussi rares qu’appréciées. En première partie, nous étions curieux de découvrir les jeunes Irlandais de The Clockworks, très tôt repérés par Alan McGee (créateur du label Creation) et dont le premier album a été enregistré à Abbey Road et produit par Bernard Butler, l’ancien gratteux de Suede. Comme lettres de noblesse, difficile de faire mieux !

The Clockworks – dont le second album (« The Entertainment », V2 Records) sortira en mars prochain – ravive les flammes de The Smiths, Oasis ou Buzzcocks entre autres. On y retrouve cette fougue propre aux groupes britanniques et irlandais des 80’s avec des accents contemporains faisant écho à ses compatriotes de Fontaines D.C. A n’en pas douter, le quatuor de Galway est un groupe dont on va reparler et qu’il faudra suivre dans les années à venir.

Johnny Marr, fringant sexagénaire, faisait une halte suisse à l’occasion de sa tournée européenne. Après une compilation sortie en 2023 (« Spirit Power : The Best of Johnny Marr » – BMG Rights) et un live capté au Hammesmith Apollo de Londres l’an dernier et sorti en septembre dernier pour le Record Store Day (« Look Out Live ! » – BMG Rights), les fans avaient hâte de voir à nouveau en live le légendaire guitariste irlandais natif de Manchester.
Entouré de musiciens discrets mais efficaces – Jack Mitchell, batterie – Iwan Gronow, basse – James Doviak, guitare – Johnny offre au public une setlist éclectique qui retrace sa carrière dans les grandes lignes. Outre son jeu de guitare délié et délicat, le Mancunien est doté d’un beau timbre de voix rappelant celui de Morrissey, son ancien compère, en moins affecté et plus rock. Appuyé par les vocaux de ses musiciens, l’ensemble revêt une classe indéniable.

Le concert débute avec un titre du répertoire solo de Johnny, ‘Generate ! Generate !’ qui envoie bien la sauce. Le public transgénérationnel part au quart de tour et se masse dans les premiers rangs. Première explosion de folie avec ‘Panic’ (hymne de The Smiths) parfaitement interprété. Plusieurs titres du groupe mythique seront joués lors du set et pas des moindres : ‘This Charming Man’, ‘Please, Please, Please Let Me Get What I Want’, ‘Bigmouth Strikes Again’, et ‘How Soon Is Now ?’. Parmi nos coups de cœur de la carrière solo de Johnny, relevons l’accrocheur ‘New Town Velocity’, l’enjoué ‘It’s Time’, le délicieux ‘Hi Hello’, le puissant ‘Walk Into the Sea’ et l’irrésistible ‘Easy Money’ repris par tout le public de l’X-Tra.

Un petit crochet backstage et Johnny nous revient pour trois rappels imparables : version courte de ‘The Passenger’ (cover d’Iggy Pop) qui met le feu à la salle, puis deux dernières covers de The Smiths (‘Stop Me If You Think You’ve Heard This One Before’ et ‘There Is a Light That Never Goes Out’) pour se dire au revoir. Au revoir, oui, car il nous tarde de revoir à nouveau un artiste aussi doué que sympathique en live.
Liens utiles :
Johnny Marr – The Clockworks – Gadget
