Fraîche création d’une trilogie déjà si prometteuse, les architectes post-punk de Bristol nous récompensent une fois de plus par leur talent, ponctué d’une élégante agressivité qui leur est propre. Idles ne se détourne à aucun moment de son objectif. ‘Ultra Mono’ se constitue de 40 minutes de performance appliquée, fraîche et saisissante. Il va sans dire qu’on s’en régale.

Ce qui frappe aux premiers abords, alors bien-sûr, la batterie, la guitare et les autres copains préférés de vos voisins, mais surtout la qualité exemplaire du mix. J’en rappelle à l’élégance, car l’agressivité, on va jamais y refuser. Il faut qu’elle se fasse belle pour qu’elle puisse fonctionner. Autant la voix que les instruments sont parfaitement balancés et on est loin de la mode lo-fi qui commence à saturer depuis ces dernières années. Les Anglais se penchent sur le hip-hop pour fournir un son poli et agressif, percutant.

Pour ceux qui ont la référence, et je suis sûr que vous êtes nombreux, la cover de l’album fait tout de suite penser à ‘Vulgar Display Of Power’ de Pantera. L’effet bulldozer de la patte musicale. On est clairement dans le même thème. Les textes sont sensibles, soignés et actuels. Contrastant parfaitement avec la voix acharnée de Joe Talbot qui est vraisemblablement le vecteur de force de cet album.

Il y a aussi un aspect important quant à l’expérimentation des instruments. Dès les premières secondes, on ressent ce faible pour le style très carré et sec de la basse et de la batterie, sans oublier la délicate utilisation du gain et de la distorsion de la guitare qui vont apporter plein de petites touches d’ambiances grinçantes et plaisante tout au long de l’album.

Même si le ton général sur ‘Ultra Mono’ est uniforme et dans la même esthétique, la complexité de la performance et la qualité de la production sont épatantes. Ça sent la grosse pointure pour ce groupe et on espère pour bien des années encore. [Mathis Laucella]

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4.5/5

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