Welcome to hell !

Les premiers pas à Clisson ont quelque chose de particulier. Même si les habitués savent exactement où ils mettent les pieds, ce frisson du premier jour a toujours quelque chose d’unique. Le chemin jusqu’à la pose des bracelets, les premières bières, les amitiés naissantes au Metal Corner en attendant la sainte ouverture des portes de la cathédrale… mais surtout ce sentiment familier de venir réveiller les lieux.

Cette année, Ozzy nous accueille à bras ouvert. Une statue monumentale du Prince of Darkness, placée à l’entrée, et réalisée par l’artiste Philippe Pasqua, semble bénir les festivaliers qui n’ont d’autre choix que de passer devant.

Comme si nous n’étions jamais parti·es, ce pèlerinage annuel ravive systématiquement la flamme qui sommeille en nous. Alors, il est temps de profiter des quatre jours qui nous attendent car nous voici enfin au Hellfest 2026 !



MAINSTAGE 1 – WE CAME AS ROMANS (16H00)

We Came As Romans ouvre la Mainstage 1 à 16h00. La fosse est encore un peu clairsemée et le public met quelques morceaux à vraiment entrer dedans, mais le set gagne clairement en intensité au fil du concert.

Visuellement, c’est assez simple, l’accent étant mis sur l’efficacité et le jeu du groupe. Dave Stephens assure le chant, notamment sur les titres plutôt récents, dans une formation qui a aujourd’hui clairement évolué par rapport à ses débuts.

Le groupe livre malgré quelques fausses notes un bon concert, porté par des morceaux comme Daggers ou Where Did You Go. Petit à petit, la foule se réveille et l’ambiance monte, malgré la chaleur et l’horaire difficile de cette ouverture de festival.

Dave Stephens prend aussi un moment pour s’adresser au public, avec un message un poil cliché mais fédérateur autour de l’idée de poursuivre ses rêves. Une ouverture pas évidente, mais bien tenue jusqu’au bout.

MAINSTAGE 2 – MIKKEY DEE WITH FRIENDS (16H45)

Ancien pilier de Motörhead que l’on ne présente plus, l’air naturellement sympathique, Mikkey Dee revient en terres clissonnaises avec son projet plus ou moins solo, entouré d’invités. Batterie massive, attitude rock’n’roll pure, et héritage encore brûlant de Lemmy dans chaque frappe : Mikkey rappelle avec humilité qu’il ne s’agit pas d’un concert de Motörhead, même si l’énergie peut parfois y faire penser. De toutes façons, l’homme au chapeau n’est pas si loin. Du haut de ses 15m, sa statue surveille les lieux.

Une partie du show est un hommage au groupe mythique. Des classiques résonnent comme Ace of Spades et Overkill. Dans le pit, l’ambiance est déjà électrique !

WARZONE – SATANIC SURFERS (16H45)

Du côté de la Warzone, les Suédois de Satanic Surfers débarquent en grande forme. Derrière eux, l’incontournable petit diable nous surveille depuis le fond de scène. Sous une chaleur écrasante, les corps ruissellent déjà, mais personne ne semble vouloir lever le pied.

Et il faut dire que le groupe ne laisse aucun répit. Puppet, Catch My Breath ou encore Going to Throw Up s’enchaînent avec une précision presque clinique. Tout est carré, parfaitement exécuté, sans jamais perdre l’énergie ni l’urgence qui ont fait la réputation du skate punk suédois. Ça joue juste, ça chante fort, et ça fonctionne terriblement bien.

La foule est déjà au taquet. Ceux qui attendaient ce premier jour lui font honneur. Les premiers pichets de l’édition 2026 volent en éclat, les slams s’enchaînent tandis que la Warzone se transforme peu à peu en étuve géante.

MAINSTAGE 1 – THE PLOT IN YOU (17H30)

The Plot In You investit la Mainstage en toute sobriété. Pas de grands discours ni de démonstration excessive : le groupe préfère laisser parler les morceaux. Sous une chaleur toujours aussi écrasante, le public reste d’abord un peu réservé, mais la qualité d’exécution finit par faire son effet.

Porté par Landon Tewers, le groupe déroule un metalcore moderne où cohabitent lourdeur, fragilité et refrains particulièrement soignés. Le chanteur impressionne par sa polyvalence, capable de passer d’un chant clair chargé d’émotion à des passages beaucoup plus abrasifs sans jamais perdre en justesse.

Visuellement, l’ensemble reste relativement sobre. Ce n’est peut-être pas le concert le plus spectaculaire de la journée, mais musicalement, c’est carré, précis et exécuté avec beaucoup d’assurance. Une prestation qui aurait sans doute gagné encore en intensité dans l’obscurité d’une salle plus intimiste, mais qui confirme malgré tout pourquoi The Plot In You compte aujourd’hui parmi les valeurs sûres du metalcore américain.

MAINSTAGE 2 – THE PRETTY RECKLESS (18H15)

Dès l’apparition de Taylor Momsen, c’est l’explosion devant la Mainstage. Robe satinée courte, soutien-gorge noir apparent, perfecto jeté après quelques minutes seulement : l’esthétique grunge façon Courtney Love est parfaitement assumé.

Malheureusement, le mix ne rend pas toujours justice à sa voix dans les premiers rangs. Un vrai regret, car dès qu’elle perce davantage dans les enceintes, on mesure à quel point son chant est maîtrisé. Grave, puissant, parfaitement placé, elle porte les morceaux avec une aisance impressionnante.

Le show, lui, est réglé au millimètre. Chaque déplacement, chaque geste semble pensé à l’avance, presque chorégraphié tant certaines séquences rappellent d’autres prestations du groupe. Cela n’empêche pas le public de répondre présent lorsque résonnent les incontournables Heaven Knows, Make Me Wanna Die, Going to Hell ou encore Death by Rock and Roll.

Une prestation solide qui rappelle pourquoi The Pretty Reckless s’est imposé comme l’un des grands noms du rock moderne. Et alors que le groupe s’apprête à dévoiler un nouvel album le 26 juin 2026, l’attente est plus que jamais au rendez-vous.

MAINSTAGE 1 – BREAKING BENJAMIN (19H05)

Il fait encore une chaleur étouffante, mais on sent enfin que la journée commence à basculer. Du côté du bar Sylak, non loin de l’horloge géante, les refrains de Breaking Benjamin remontent jusqu’à nous et la foule reprend en chœur So Cold, Breath ou Until the End.

La voix de Benjamin Burnley n’est pas toujours irréprochable ce soir, mais cela ne change pas grand-chose à l’ambiance. Les classiques font mouche et le public répond présent du début à la fin. Le chanteur a d’ailleurs rappelé sur scène sa phobie de l’avion, expliquant avoir traversé l’Atlantique en bateau pour venir jouer en Europe.

Un concert efficace, porté avant tout par des morceaux que tout le monde connaît par cœur et une prestance scénique de la part du frontman, impossible à lâcher du regard tant il en impose.

WARZONE – LAGWAGON (20H00)

Lagwagon laisse une impression assez décevante. Placés côté avant droit de la scène, on accroche difficilement dès le début : le chant est très approximatif et l’ensemble manque clairement de précision.

Pourtant, la setlist avait de quoi faire réagir avec Falling Apart, Sick, Give It Back, Weak, Coffee and Cigarettes, ou encore Making Friends. Mais sur scène, tout sonne un peu brouillon, comme si les morceaux perdaient en impact au fil du set. Même des titres plus attendus comme Surviving California ou The Cog in the Machine ne suffisent pas à relancer l’ensemble.

Au final, on ne reste pas jusqu’au bout. L’énergie n’y est pas, et la prestation ne parvient jamais vraiment à décoller.

MAINSTAGE 1 – PAPA ROACH (21H20)

Le soleil commence à baisser lorsque Papa Roach investit la Mainstage. Dès les premières notes de Even If It Kills Me, la foule répond présente. Les Californiens enchaînent ensuite les classiques avec une efficacité redoutable : Blood Brothers, Dead Cell, To Be Loved, Kill the Noise ou encore Getting Away With Murder.

Le groupe présente également son nouveau single See You in Hell, accompagné d’images diffusées sur les écrans géants. Autre moment marquant : l’apparition des fils de Jacoby Shaddix sur scène, d’abord Jagger, puis Brixton pendant Born for Greatness. Une séquence forcément émouvante.

Scars est repris en chœur par une fosse déjà conquise, avant que Between Angels and Insects puis Last Resort ne fassent définitivement exploser l’ambiance. Entre deux morceaux, le groupe rend aussi hommage aux grandes heures du nu metal en glissant quelques références à Korn, Deftones ou System of a Down.

Papa Roach reste une valeur sûre du live : des hymnes fédérateurs, une énergie intacte et un Jacoby visiblement très touché par l’accueil du public clissonnais.

WARZONE – ALL TIME LOW (22H10)

All Time Low fait partie de ces groupes qui ont accompagné toute une génération pop punk du début des années 2000. Nés dans le Maryland, ils ont construit un son immédiatement reconnaissable, entre énergie adolescente, efficacité pop et refrains pensés pour les grandes scènes.

Le jour s’est dissipé laissant place à un ciel plus sombre et une dynamique différente de ce que la journée nous avait jusqu’à présent réservé.

Sur scène, l’énergie est communicative dès les premières minutes. Le groupe est visiblement heureux d’être là, multiplie les échanges avec le public et transforme rapidement le set en moment collectif. La foule répond au quart de tour, portée par des morceaux comme Weightless, Time-Bomb, Monsters ou encore l’inévitable Dear Maria, Count Me In.

Un concert vivant, dynamique, sans temps mort, où tout est fait pour créer du lien. Et ça fonctionne parfaitement : le public repart avec le sourire, et le sentiment d’avoir partagé un vrai moment de festival.

MAINSTAGE 2 – ALICE COOPER (22H30)

Alice Cooper livre exactement ce qu’on attend de lui : un vrai show de rock théâtral, pensé comme un spectacle à part entière. Dès l’arrivée, la mise en scène donne le ton avec décors monumentaux et acting surjoué. Le concert ne connaît aucun temps mort, enchaînant les tableaux et les changements de costume, entre camisole, guillotine et tout l’imaginaire du shock rock.

À 78 ans, Alice Cooper, maquillage dégoulinant, tient toujours la scène avec une énergie impressionnante, porté aussi par une Nita Strauss flamboyante à la guitare, très en avant et particulièrement solide tout au long du set.

Les classiques s’enchaînent naturellement : I’m Eighteen, Poison, No More Mr. Nice Guy, Hey Stoopid ou encore Feed My Frankenstein. Le public suit sans forcer, dans une ambiance très festive.

Le final surprend avec une reprise de Smells Like Teen Spirit reprise en chœur par la foule. Un concert divertissant, parfaitement exécuté, et à la hauteur des attentes.

Hellfest 2026 report Jour 1 par Floriane Piermay

ALTAR – IGORRR (23H15)

Clôturer l’Altar avec Igorrr n’a rien d’anodin. Le projet de Gautier Serre continue de défier toutes les étiquettes possibles, mélangeant metal extrême, breakcore, musique baroque, électronique et tout ce qui lui passe par la tête avec une liberté désarmante.

Porté par l’excellent Amen sorti en 2025, Igorrr livre une prestation aussi dense que spectaculaire. Le son est massif, les lumières parfaitement synchronisées, et chaque morceau semble partir dans une direction différente sans jamais perdre sa cohérence. C’est parfois déroutant, souvent fascinant.

L’Altar est bondée, preuve que le projet a désormais largement dépassé le statut de curiosité. Plus qu’un concert, Igorrr reste une expérience, dont seul Gautier Serre semble posséder la formule.

MAINSTAGE 1 – BRING ME THE HORIZON (23H35)

Bring Me The Horizon clôt la Mainstage 1 avec un show d’une ampleur impressionnante. Une foule massive s’est amassée bien avant le début du concert, identifiable à distance tant les T-shirts du groupe sont omniprésents. L’attente est énorme, et la réponse du public sera à la hauteur.

Oli Sykes occupe pleinement l’espace, laissant loin derrière lui le reste de la formation. Car disons-le très clairement : Oli incarne à lui seul le groupe.

Très impliqué, souriant, presque ému par ce statut de headliner qu’il évoque avec gratitude, il remercie à plusieurs reprises le public et semble porté par l’instant. Il n’hésite pas à descendre au contact du premier rang, caméra au poing. Sur les écrans géants, les sourires, la communion et les hugs sont beaux à voir.

La setlist aligne les titres attendus – Drown, Kingslayer, Can You Feel My Heart, Throne, Sempiternal – dans un enchaînement pensé pour l’impact. Surprise sur Antivist : Will Ramos débarque ! on savait qu’il était dans les parages vu ses stories sur les réseaux, mais nous étions loin d’imaginer qu’il monte sur scène.

La mise en scène, dominée par Eve, une figure virtuelle interagissant avec la foule, renforce une dimension immersive très travaillée, portée par des lights parfaitement synchronisées. La pyro ajoute encore son lot de surprise, se coordonnant avec les dispositifs enflammés au-dessus des bars alentours, rallumant le site par moment, comme si nous étions en plein jour.

Oli assume aussi un retour à des passages plus agressifs, avec quelques growls qui marquent une volonté de renouer avec une énergie plus brute. On le savait, il nous en avait un peu annoncé la couleur sur ses réseaux récemment… L’intensité ne retombe jamais. Le final sur Throne, regard fixe et déterminé, conclut un set massif, presque démesuré. On n’a pas envie que ce concert se termine… et pourtant : « YOU SURVIVED BMTH » apparaît sur le fond de la scène, remplaçant les vitraux de cathédrale auparavant présent.

WARZONE – SOCIAL DISTORTION (00H30)

On ne va pas se mentir : à force de courir, on est rincé. Alors quand vient le tour de Social Distortion, on est là mais un peu en retrait.

Formé à la fin des années 70 en Californie autour de Mike Ness, le groupe a grandi avec la scène punk hardcore avant de tracer sa propre voie, entre punk rock, rock’n’roll et même des influences country.

Aujourd’hui, ils incarnent un son rugueux mais mélodique, marqué par des textes souvent sombres et une vraie identité « americana ». Ce soir, on apprécie le moment avec des morceaux parfaitement exécutés en live comme Born to Kill ou No Way Out. Pas de fioritures : un moment de musique live qu’on apprécie bien à cette heure-ci.

MAINSTAGE 2 – ALESTORM (00H55)

On doit vous avouer un truc : on a menti. On vous a dit qu’on était H.S. Mais il y a eu un changement de programme : Alestorm a débarqué plein de bonnes (?) intentions et son Keelhauled accrocheur. Ce concert annone encore une belle partie de rigolade. On ne peut pas leur enlever : leur pirate metal fait toujours sont petit effet. Et vas-y qu’on te demande de lever ton verre, et vas-y qu’on te parle de partir à la conquête d’une terre ou la bière coulerait à flots…

Les Écossais sont, comme toujours, en forme et réussissent le pari de réveiller tous ceux qui avaient abandonné plus tôt dans la soirée. C’est autant absurde que drôle : parfait pour finir la soirée en toute légèreté. Les classiques du groupe fédèrent : Mexico, P.A.R.T.Y, Drink.

La première journée s’achève. On comprend gentiment que le réveil sera compliqué, car ce jour 1 était plus intense qu’un cours de sport qu’on aurait jamais dû accepter.

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