Shaârghot – Ice Nine Kills – Three Days Grace – Electric Callboy

Jour 3

Troisième jour et toujours la même motivation aujourd’hui… Pourquoi ?
Eh bien, il n’y a qu’à regarder l’affiche du jour, toujours aussi exceptionnelle et grandiose que les jours précédents.

En ce troisième et dernier jour du Heavy Week-End le public se presse à nouveau. Le temps est au beau fixe, c’est dimanche, le site du Nancy Open-Air nous éblouit toujours autant. Que demander de plus ?
Du gros son, bien sûr ! On démarre directement avec les Français du jour, j’ai nommé Shaârghot. Au programme ? Un indus metal fracassant, porté par un univers tout droit sorti d’un monde sombre, fantastique et monstrueux. La claque est immédiate. Que c’est bon, un impact sonore massif envahit toute la plaine du Zénith, pendant que la foule ne tarde pas à remplir la fosse et les gradins à vitesse grand V.

L’ambiance est déjà folle. Le groupe prend plaisir à se défouler sur scène et à envoyer ses comparses, les Shadows, malmener le public à coups de peinture noire et de grimaces. C’est un set sans répit, qui emporte le public dans un monde irréel fait de gros son avec des guitares omniprésentes. On regretterait même que ce concert ne dure que quarante minutes.

Même pas le temps de s’en remettre que déjà Ice Nine Kills monte sur scène. Les Américains, aux références cinématographiques plutôt ensanglantées, ont décidé de faire le show et d’embarquer le public sur un plateau studio proche des collines d’Hollywood. Le groupe nous sort ses plus beaux costumes, ses plus belles scènes d’horreur mais surtout ses morceaux qui font décoller les pieds du sol : « Ex Mortis », « Funeral Derangements », « Welcome to Horrorwood », « Hip to be Scared » ou encore « The American Nightmare ». Des pépites qu’on adore écouter et voir en live. Entre couteaux, tronçonneuses, intestins ou membres sanglants, le tout donne un set incomparable qui rend la foule plus qu’heureuse.

Quant à la grosse surprise du jour, c’est Alissa White-Gluz (ex-Arch Enemy) en personne qui est venue prêter sa voix sur « Twisting Knife » et sur « A Work of Art ». Une apparition inattendue qui a comblé le public, entré instantanément en communion avec la chanteuse canadienne. Beaucoup ne sont pas prêts d’oublier ce moment tant l’effet de surprise fut immense. Quoi qu’il en soit, ce show condensé et intense d’une heure, certes un peu court, a définitivement conquis une foule de plus en plus bouillante.

A noter : les photographes sont interdits pendant toute la durée du show d’Ice Nine Kills

Place ensuite à un groupe également très attendu ce dimanche, qui s’est fait plutôt rare ces dernières années : Three Days Grace. Après des années passablement agitées et des départs marquants, à l’instar de celui du charismatique chanteur Adam Gontier en 2013, le groupe a su renaître de ses cendres, tel un phénix, prêt à remonter sur le ring et à enflammer à nouveau la scène, près de trente ans après ses débuts. Three Days Grace possède des titres incontournables, à jamais gravés dans les mémoires depuis l’adolescence de nombreux fans. C’est d’ailleurs cette fibre nostalgique qui va se dessiner ce soir avec des morceaux parlant à tous ou rappelant un évènement particulier, ce que ne manquera pas de souligner Adam Gontier, revenu au sein du groupe en 2024.

On aura donc le plaisir de se bouger sur « Animal I Have Become », « I Am Machine », « Pain », « Kill Me Fast », « I Hate Everything About You », « Painkiller » ou encore « Riot ». Un clin d’oeil à la nouveauté aussi avec « Mayday » morceau sorti en 2024. Le jeu de scène est sobre, un simple écran avec quelques images illustrant les chansons, tout réside dans l’efficacité des tubes et les prouesses des deux chanteurs. Un peu moins d’une heure trente pour convaincre, mais seulement trois chansons ont suffi pour conquérir le public, déjà acquis à la cause dès les premières notes.

Le gros morceau et dernier groupe du festival est Electric Callboy. La foule arbore alors de nouvelles couleurs : après les nombreux tee-shirts à l’effigie de Three Days Grace, place aux looks décalés, tendance années quatre-vingt, fluo, flashy et mode licorne, rappelant les styles de Kevin et Nico sur scène. Pour les extra-terrestres qui ne connaissent pas encore Electric Callboy, c’est un mix de metalcore, electro metalo-mélodique, post hardcore… Vous n’avez rien compris ? C’est normal, Electric Callboy ça ne se raconte pas : ça se vit et ça se danse. Et tout le monde l’a d’ailleurs bien compris. Près de 90% du public est massé dans la fosse, prêt à en découdre. Dès la tombée du rideau sur « Tanzneid », ce sont plus que des hurlements et des moments de folie. La terre du Mordor ? non celle du Zénith tremble !

Des costumes, des perruques, des paillettes, des confettis et des hymnes que tout le monde chante en se bougeant le popotin sur « Tekkno Train », « Hypa Hypa », « Pump It », « Hypercharged » ! Une rapidité de rythme, d’exécution, de décors, on en prend plein la vue et les oreilles. On est en transe au bout de dix minutes ! On dit d’un groupe dont le batteur est un grand calibre, que c’est une assurance tout-risque pour ses collègues sur scène, encore une autre surprise au Heavy Week-End, la présence de Frank Zummo derrière les fûts qui n’est autre que le batteur de Sum41 !

Une petite pause proposée par Nico Sallach avec une reprise d’abord en douceur de « Everything We Touch » puis une fin sur les chapeaux de roues pour enchaîner le set explosif avec « Elevator Operator », « Ratatata », « Spaceman » et un final sur « We Got The Moves ».

Flammes, feux d’artifice, cotillons : bref une fiesta hors norme comme savent la faire Electric Callboy. Le public est lessivé, rincé, mais heureux d’avoir fait la fête avec ce groupe qui envoie du bonheur et de la positivité à ses fans. Des smiles aux lèvres, on traîne des pieds pour quitter le Zénith car tout est fini pour cette année.

Attendez… la bonne nouvelle c’est qu’on remet ça l’année prochaine pour la 4ème édition.
Bloquez dès à présent vos agendas : du 4 au 6 juin 2027. Et comme toujours, on vous promet du lourd !

Texte : Marjorie Delaporte

Photos : Stéphane Bée

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