Vous n’en pouvez plus, votre plus grand souhait est que toute cette énergie négative accumulée de votre train train quotidien sorte et se manifeste. Et parmi toutes les options et ‘remèdes’ qui vous sont offerts face à ces pulsions vous cherchez un échappatoire, une thérapie. C’est dans ce contexte que l’effet inverse se produit. Vous vous retrouvez totalement réconforté dans cette négativité et cette colère contagieuse qui est devenue ironiquement ce même thérapeute que vous avez demandé. Il prend la forme de cet album. Il s’agit d’une oeuvre mise au monde pour les gens qui en ont marre. Qui sont au fond du trou et qui ont appris à vivre avec. Pour qui c’est même devenu plutôt confortable.

‘A History of Nomadic Behavior’ est la figure de proue d’un vaisseau lamentable, qui fait naviguer les esprits les plus tourmentés dans les méandres de leurs idées noires. Jimmy Bower, le guitariste, est un parfait architecte sur cet album. Chaque riff suffirait lui-même à expliquer l’état d’âme des chansons. Lents, lourds, contrariés et d’une exécution progressive mettant à la fois en haleine et délivrant la récompense d’un build-up travaillé avec une passion sincère et puissante du groove si familier au bestiaire musical de la Nouvelle-Orléans.

Mike IX Williams incarne la torture ; ce que notre poing fermé aimerait hurler à chaque situation l’ayant mis dans cet état. Des paroles simples, qui ont tellement de sens. L’esprit Eyehategod à son apogée lyrique. Ce n’est pas un seul récit qui est raconté dans cet album. On a le droit au véritable recueil d’un poète malade, qui traduit avec brio la mal-existence. Pour cette oeuvre, le groupe déploie ses ailes comme le plus bel ange déchu. [Mathis Laucella]

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Note : 5/5

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