Le Hellfest n’a jamais si bien porté son nom. L’enfer continue de nous ouvrir ses portes et crache sa chaleur de plus en plus fort. Déjà les premières rumeurs d’annulation du dernier jour vont bon train car la canicule est de plus en plus intense et installée. L’annulation du feu d’artifice est elle, déjà confirmée. Trop de risques, tout est sec et donc inflammable. Quoi qu’il en soit, le festivalier lui, en redemande encore et nous sommes de ceux-là d’autant que l’affiche est encore très attrayante.
MAINSTAGE 2 : LOCOMUERTE (11h05)
Nous démarrons donc sous un soleil de plomb déjà à 11h00 par les excellents Locomuerte. Les chicanos, après avoir joué sur le Off, et en Hellstage, sont prêts à retourner la Mainstage cette année. Et c’est ce qu’ils font dès les premières notes avec des titres endiablés comme ‘Bandolero’, ‘Parano Booster’, ‘La Brigada de lors muertos’, ‘Démonios’ ou encore ‘La vida Loca’. Forts d’un dernier album survitaminé, et d’une tournée incroyable avec Luicidal (Ex membres de Suicidal Tendencies), Locomuerte montre tout son power et son expérience de la scène pour réveiller la foule de bon matin. Et le pari est plus que gagné car le public semble conquis et à même déjà slammé à dos de crocodiles gonflables ! Un show qui ouvre grandement cette troisième journée.
MAINSTAGE 1 – HOUSE OF PROTECTION (15h25)
Si on vous dit anciens membres de Fever 333, énergie et colère, vous comprendrez le style de ce groupe. Deux membres qui aiment mélanger les styles et qui débordent de créativité. Un show qui laisse bouche béé mais qui fera parler a coup sûr. Pour beaucoup ce fût une découverte et quelle découverte ! En tout cas on peut vous dire qu’on ne savait plus ou regarder car le chanteur Stephen Harrisson ne tenais pas en place. Un coup sur scène, un coup tout en haut de la scène, un coup dans la fosse, bref une vraie pile éléctrique qui emmène son public avec lui où il veut. Un concentré d’électro rock survitaminé !

MAINSTAGE 2 – CRISIX (16h10)
Doit on vous présenter encore les espagnols de Crisix ? Bien sûr que non. Ils sont devenus des incontournables deu Hellfest, des fidèles surtout depuis qu’ils ont remplacés, au pied levé, Incubus qui annule son show 15MN avant d’entrer sur scène. On va vu ce jour là, le bonheur sur le visage de ces gars, le bonheur de jouer sur la Mainstage, le bonheur de sauver l’après-midi, le bonheur de jouer pour un public déjà chaud bouillant. Et bien ce bonheur communicatif, nous l’avons retrouvé ce samedi en Mainstage. On notera des titres comme ‘Fast Music’, ‘G.M.M’ ou encore ‘Antisocial’ comme un clin d’œil à la France ! Un set qui envoie toujours du pâté et qui comble le public !
TEMPLE – GAEREA (16h55)
Le Temple affiche complet pour accueillir Gaerea. Nous dirions même qu’il déborde. Les Portugais nous servent un post-black metal mélancolique avec une élégance sombre qui leur est propre. Fidèles à leur esthétique, les musiciens apparaissent entièrement vêtus de noir, le visage dissimulé derrière leurs masques devenus emblématiques.Entre la noirceur de Nomad, Phoenix ou encore Hope Shatters, le groupe construit un set intense. Une parenthèse aussi belle que mélancolique, qui captive le public visiblement satisfait.
MAINSTAGE 1 – SIDILARSEN (16h55)
Les francais de Sidilarsen font changer le style du rock en Mainstage. Plus sombres, plus engagés, le groupe balance son gros son brut à la tête d’une foule de plus en plus nombreuse. Le groupe qui tourne depuis presque 30 ans, sait comment fédérer et faire bouger tout ce monde avec ce son sobre mêlé de touches electros. ‘Money Game’, ‘Back to Basics’ ou encore ‘on vous tous crever’, voici quelques titres les plus connus qui sont offerts au public aujourd’hui, pour le plus grand plaisir d’un parterre de fans qui pogote sous le soleil écrasant.

MAINSTAGE 1 : ENHANCER (18h35)
Enhancer ou le retour de années fiesta metal et lycée pour beaucoup ici. 25 années se sont écoulées depuis le premier son d’Enhancer et pourtant leur musique n’a pas pris une ride. Un rap métal qui fonctionne encore à merveille, et une énergie intacte. Leur leitmotiv c’est toujours ce mélange de styles et de collaborations excellentes comme avec Pleymo ou encore La Fouine. Après avoir longtemps tenu le haut de la scène rock, les revoilà en pleine puissance pour tenir la Mainstage de main de maître. Et puis, pour ce come-back ils avaient promis des surprises et il y a eu de la méga surprise surtout avec cette apparition de l’excellent Joey Star qui a hurlé sa rage et sa joie avec le groupe sur le morceau ‘J’arrive’. ‘K.O.’, ‘Pas sommeil’, ‘Cinglés’ mais aussi ‘United Nowhere’ avec Pleymo, l’autre surprise du set, bref du bon, du très bon et une énergie qui ne pouvait qu’enflammer la Maisntage cet après-midi.

Les annulations, c’est presque le thème de cette 3e journée. Après Volbeat, Static-X, avant le Hellfest, après Tom Morello qui confirme qu’il ne viendra pas, deux jours avant, voici que c’est au tour des frères Cavalera de décliner. Raison… et pas de moindres, un canard dans le pare-brise du tour bus ! Non, vous ne rêvez pas ! Malheureusement un canard en moins, un bus au garage et donc un set annulé.
WARZONE – CRO-MAGS (18h35)
On retourne du côté de la Warzone prendre notre dose de hardcore new-yorkais à l’heure de l’apéro. Pionnier du genre, figure emblématique de la scène, Harley Flanagan est en grande forme. Comme d’habitude, il apparaît tous muscles dehors, laissant dépasser son caleçon Dixon de son bermuda et basse au poing. Mais entre deux décharges, l’homme prend aussi le temps de revenir sur son parcours. Il évoque la rue, les années difficiles, et rappelle à plusieurs reprises combien il est reconnaissant d’être encore là aujourd’hui, sur scène, face à ce public qu’il remercie chaleureusement. Une sincérité qui donne une dimension particulière à des titres comme ‘We Gotta Know’ ou ‘Hard Times’. Le temps a passé, Harley a laissé derrière lui une partie de ses démons, mais continue de défendre avec la même conviction l’esprit hardcore qui l’anime depuis toujours. Les combats ont changé, l’énergie est restée intacte.
MAINSTAGE 2 – ANTHRAX (19h30)
On passe, pour notre part, directement à Anthrax. Les New-Yorkais, avides de heavy bien gras, fiers d’avoir écrit des hymnes pour la postérité, restent donc des maîtres dans leur style. Anthrax c’est plus de 40 ans de carrière et plus de 13 albums au compteur donc les tubes, ils en ont a balancer ce soir. Scott Ian, Frank Bello et Joey Belladonna, comme pionniers du trash metal, en mettent toujours plein la vue sur scène. ‘Madhouse’, ‘Medusa’, ‘It’s for the kids’ et… encore un petit ‘Antisocial’, font partis de la set-list de ce soir. Simple, efficace, et terriblement addictif !

MAINSTAGE 1 – A PERFECT CIRCLE (20h35)
Un moment de grâce dans l’enfer du Hellfest. Une pause fraicheur dans cette torride journée. La voix de Mayard Keenan comme douce mélodie dans nos oreilles brulées. Un envoutement. La voix est magnifique, posée, et elle glisse sur nos tympans desséchés. Metal alternatif pour ne pas dire metal doux, qui n’est pas sans rappeler parfois les titres murmurés à la grande époque d’Alice in Chains.
A Perfect Circle ca ne s’explique pas, ça se vit, ça s’écoute posé, tranquillement au coin de la cheminée ou de la fournaise du Hellfest. Certains ont reconnus ‘The Doomed’, ‘Gravity’ ou encore ‘The Outsider’ parmi les titres de la setlist qui aura offert, non pas des circle pits mémorables, mais un moment hors du temps, à des milliers de festivaliers.

VALLEY – AMERA (21H40)
Amenra ne donne pas vraiment des concerts. Amenra propose des expériences. Dès les premières secondes, quelque chose s’installe du côté de la Valley. Une tension sourde, presque physique, qui ne quittera plus le public jusqu’aux dernières notes de ‘Diaken’. Les Belges avancent lentement, méthodiquement, construisant un set aussi écrasant que fascinant. Au centre de ce dispositif, Colin H. van Eeckhout semble totalement habité. Plus qu’un chanteur, il apparaît comme le vecteur d’une émotion brute qui traverse chaque morceau. ‘A Solitary Reign’ ou ‘Plus près de toi’ ne sont plus simplement des chansons : elles deviennent des moments suspendus, à la fois planants et dévastateurs.
La puissance d’Amenra ne réside pas uniquement dans son volume ou dans la lourdeur de ses riffs. Elle se trouve dans cette capacité rare à absorber complètement son audience.
Aller voir Amenra, c’est accepter d’entrer dans un univers dont eux seuls possèdent les clés. Fou, prenant, intense. Une performance plus qu’un concert, qui laisse son empreinte longtemps après avoir quitté la Valley.
MAINSTAGE 2 – MEGADETH (21h50)
Retour aux grosses guitares et aux riffs grincants avec sur scène : Megadeth. La bande à Dave Mustaine revient pour la énième fois au Hellfest, mais est toujours attendue comme le messie. Tournée d’adieu, pas tournée d’adieu: dans tous les cas, un plaisir pour des milliers fans. Même si la voix du sieur Mustaine peine parfois, égard a ses soucis de santé, nous ne lui en tiendrons pas rigueur.
Les riffs et les solos incroyables font oublier tout le reste. Les hymnes mythiques ont la part belle également ‘A tout le monde’, ‘Countdown to extinction’, ‘Hangar 18’, ‘Peace Sells’… Des pépites en live, des morceaux qu’on aime tous a reprendre en chœur pour aider un peu Dave Mustaine s’il en avait besoin. Mention spéciale pour Dirk Verbeuren, le batteur de Megadeth, qui a offert un show incroyable, d’une maitrise incensée et posée. Un grand musicien parmi les grands !

MAINSTAGE 1 : LIMP BIZKIT (23h10)
Ce soir, on peut dire que le Hellfest attendait avec une énorme impatience les américains de Limp Bizkit. Fred Durst and co. sont donc dans la place, un jour un look, un show une surprise. Bref, du grand Limp Bizkit. Encore un retour en arrière, une belle nostalgie, un grand bonheur de retomber dans des années magiques du rock. Et pas besoin d’attendre pour avoir les sons tant attendus à l’instar de ‘Break Stuff’, ‘My Generation’, ‘Nookie’ qui arrivent dès le début du set.
Une scène avec décors nostalgie également, avec des cassette audio en toile de fond pour nous rappeler les bons moments de la musique lorsqu’on était tous fiers d’aller acheter ou d’enregistrer nos morceaux préféres sur bande. Du coup Fred Durst et ses troupes nous gratifient d’anciens morceaux histoire de nous laisser dans cette ambiance nostalgie.
Et puis résonnent les ‘Eat You Alive’, ‘Rollin’, Behind blue Eyes’ un peu coupée à la machette, ‘Take a look around’ et… ‘Break Stuff une seconde fois… Bizarre mais bon… on s’attend à tout avec Limp Bizkit ! Une ambiance de malade qui, comme un bon soufflé, retombe plusieurs fois avec des intermèdes qui trainent en longueur quasi entre chaque morceaux. On sait que nos groupes favoris ne rajeunissent pas mais ont-ils vraiment besoin de pause aussi ennuyeuses ? Bref, malgré tout un bon moment et toujours une énergie incroyable pendant les morceaux que tout le monde attend !

Textes : Marjorie Delaporte et Floriane Piermay
Photos : Sifaka Photographies


















