La soirée au Théâtre Beanfield, qui regroupait Hanabie., Nekrogoblikon et Enterprise Earth, affichait complet depuis plusieurs jours. La majorité du public s’était déplacée pour la formation de Tokyo, qui clôturait cette débauche de décibels.
C’est à Enterprise Earth, originaire de l’État de Washington, que revenait l’honneur de lancer les festivités. Depuis quelques années, le deathcore jouit d’une popularité fulgurante, entraînant l’apparition d’une multitude de groupes au sein desquels il est parfois difficile de se démarquer. C’était la première fois que je les voyais et j’ai été impressionné, tant par la qualité des compositions que par la virtuosité des musiciens. Le chanteur, Travis Worland, passe avec une aisance remarquable du chant clair aux différentes techniques de growl. Devant une salle quasi comble, les Américains se sont à coup sûr faits de nouveaux fans.
Les lumières s’éteignent, le générique de Pokémon se fait entendre et Nekrogoblikon embarque sur scène. Les cinq musiciens prennent place autour d’une tête de gobelin géante, suivis de John Goblikon. Je le mets à part des autres car avec son masque et ses mains de gobelin, il est forcément à part. Pour eux aussi, je n’avais jamais entendu une seule note de leur musique. Ça m’a donné l’impression que le groupe a pris un gros chaudron pour y mélanger du death metal, du folk, de la comédie et un peu de symphonique afin d’en faire une grosse potion : la musique de Nekrogoblikon.
J’ai très difficilement embarqué dans le délire, notamment à cause de mon anglais plus qu’approximatif, mais une bonne partie du public s’est fait plaisir avec quelques body surfers. Ça a donné un peu de travail aux gars de la sécurité qui se trouvaient entre la scène et la foule. Je n’ai pas haï ce que j’ai vu et entendu, mais sans plus.
C’est finalement au tour de Hanabie. de prendre possession du Théâtre Beanfield. Dès leur arrivée sur scène, on comprend tout de suite le concept : c’est le mélange parfait entre l’esthétique kawaii (très mignon et coloré) et la brutalité du metalcore. Voir ces quatre filles arriver avec leurs looks hyper travaillés et une énergie débordante, ça change de ce qu’on a l’habitude de voir. Mais ne vous fiez pas aux apparences « mignonnes », car dès que la musique part, c’est une véritable claque. La chanteuse passe de voix claires très pop à des screams sortis d’outre-tombe qui en ont surpris plus d’un. Le public, venu en grand nombre, a d’ailleurs transformé le parterre en un immense mosh pit joyeux.
Elles en sont à leur quatrième passage à Montréal depuis 2024 et, à chaque fois, leur public s’agrandit. Je ne sais pas jusqu’où elles vont se rendre, mais en tout cas, elles sont sur le bon chemin. C’est impressionnant de voir comment elles mélangent des mélodies électro-pop avec des riffs super lourds pour terminer cette soirée en beauté.
En résumé, ce passage au Théâtre Beanfield a offert un contraste saisissant, passant de la technique brute d’Enterprise Earth à l’univers décalé de Nekrogoblikon, pour finir sur l’énergie contagieuse d’Hanabie.. Une soirée riche en découvertes qui prouve que la scène metal actuelle n’a pas peur de briser les codes. Montréal a une fois de plus répondu présent pour cette débauche de décibels, confirmant que le genre a encore de beaux jours devant lui au Québec.












































