Larkin Poe à l’Alhambra de Genève pour son unique date suisse de la tournée, c’est comme Noël avant l’heure. La magnifique salle du bout du lac était l’écrin parfait pour recevoir les sœurs Lovell et leurs musiciens dans le cadre du « The Bloom World Tour ». En première partie, Son Little (aka Aaron Livingston) était annoncé, l’occasion de découvrir le trio californien sur scène.

Son Little est actif depuis une dizaine d’années, éditant ses propres albums et multipliant les collaborations avec The Roots et Mavis Staples notamment. Discret, presque timide sur scène, sa musique nous fait penser parfois à Ben Harper ou Jake Isaac. Première partie plaisante et attachante un peu plombée toutefois par deux titres un peu longs et mous en milieu de set.

L’Alhambra est bien garni pour la venue de Larkin Poe, de la fosse aux balcons, et cela fait plaisir à voir. Les muses se sont penchées sur le berceau de Rebecca et Megan Lovell qui ont fait leurs premiers pas dans la musique à l’âge de cinq ans. Nées dans une famille musicale, elles enchaînent les tournées pendant cinq ans avec leur sœur aînée Jessica, jusqu’à que cette dernière se fiance et embrasse des études supérieures. En 2010, Rebecca et Megan fondent Larkin Poe (le nom serait un clin d’œil à leur aïeul, l’écrivain Edgar Allan Poe). Plusieurs EPs et huit albums studio plus tard – dont le dernier paru cette année (« Bloom » Tricki-Woo Records) – , les voici enfin en terres genevoises avec leurs musiciens, Ben Satterlee (batterie) – Robby Handley (basse) et Lucas Pettee (claviers).

‘Bloom’, album de la maturité, est donc sorti cette année. Le chaleureux public de l’Alhambra aura droit à huit titres de ce dernier opus, chansons très bien construites et écrites, aux genres variés allant du rock le plus pêchu à la ballade intimiste en passant par l’americana. Entrée de concert avec ‘Nowhere Fast’, un rock qui vous fait tout de suite taper du pied et vous trémousser. Rebecca (chant et guitares) et Megan (chœurs, lap steel, Dobro) sont tout sourire et se mettent instantanément le public dans la poche. On est stupéfait du punch et de la ligne de Rebecca qui est maman depuis dix semaines, ce qui nécessite une sacrée organisation avec son bébé qui l’accompagne en tournée.
‘Mockingbird’ qui suit est un mid tempo fort bien construit qui met en avant, une fois de plus, les belles harmonies vocales des deux sœurs. A noter la chaleureuse intro au lap steel de Megan qui excelle à cet instrument particulier. ‘Easy Love Pt.1’ distille un groove irrésistible tandis que le grain chaud du chant de Rebecca nous rappelle celui de Shania Twain. ‘Summerside Sunset’ est un puissant rock aux duels plaisants de la guitare électrique et du lap steel. ‘Bluephoria’, l’un de nos coups de cœur, est un tube en puissance – harmonies vocales, mélodie accrocheuse, somptueux soli, final époustouflant. Pour clôturer cette première partie électrique, le très beau ‘If God Is a Woman’, inspiré des classiques blues rock, que Rebecca dédiera à toutes les femmes.

Au cœur du concert, sympathique et convivial set acoustique lors duquel tout le groupe vient sur le devant de la scène et les musiciens se rapprochent les uns des autres. Les fans auront droit à des versions unplugged de ‘Southern Comfort’ (frissons garantis), ‘Little Bit’, ‘Fool Outta Me’ et ‘Devil Music’. Un pur moment de bonheur hors du temps et de complicité avec le public de l’Alhambra.
On repasse à l’électrique pour la fin du set avec ‘Bad Spell’, ‘Pearls’ et ‘Bolt Cutters & The Family Name’ dont les fans reprendront le refrain en chœur pendant la chanson, après que le groupe ait quitté la scène et à son retour pour le rappel. ‘Bloom Again’ met le point final à cette somptueuse soirée de rock – rhythm’n’blues, l’un des plus beaux concerts de l’année sans aucun doute.
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