Girl In The Year Above
Projet encore jeune, un peu à part, un peu en marge, formé récemment, porté par une envie très brute de raconter l’intime sans le surjouer. De la pop indé à fleur de peau, quelque part entre folk fragile et envolées plus lumineuses. Un groupe encore “niche”, comme elle le dira elle-même, sans album pour l’instant… mais “ça arrive”, promis. Et on la croit.
Sur scène, une chanteuse, deux guitaristes (une sèche, une électrique), un batteur, un bassiste, et une claviériste. Une formation classique, oui, mais qui prend le temps. Les musiciens s’accordent, encore, et encore… ça traîne un peu, on se regarde, on sourit, on attend. L’entrée est progressive.
Une petite voix, toute douce, fluette, presque timide : “Hello…” Silence suspendu. Elle commence a cappella. Les instruments arrivent un à un, délicatement, comme s’ils ne voulaient pas casser quelque chose. La claviériste chante aussi, en soutien, en chœur. C’est fin, c’est fragile, c’est joli. Vraiment. Elle confie être heureuse, presque abasourdie d’ouvrir pour The Kooks. Elle dit que c’est fou. Qu’elle n’a jamais eu autant de place sur scène. Et ça se sent. Elle occupe l’espace sans le remplir de trop. Juste ce qu’il faut. 25 minutes, pas plus. Une parenthèse douce, un peu flottante, parfois hésitante, mais sincère.
The Kooks
Formés en 2004, enfants chéris de l’indie rock britannique, The Kooks, c’est ce mélange imparable de mélodies solaires, de romantisme un peu nonchalant et de tubes qu’on croit connaître depuis toujours. 20 ans déjà. Et toujours ce truc. Ce jeudi 5 février marque la première date de la tournée européenne. Le charme agit instantanément. Ça se dandine, ça fredonne, ça sourit. Le charme à l’anglaise, pur jus. Quatre sur scène. Pas de décor, ou presque : un immense drap avec une rose en fond. La batterie simplement surélevée, sur un plateau. Minimaliste. Classe. Le chanteur arrive, chemise ouverte, tout en noir, cheveux frisés en bataille. Et là… on sent très vite que le public est majoritairement féminin. Et conquis. Il faut dire qu’il assure aussi à la guitare, pendant que l’autre guitariste jongle entre guitares et claviers. Tout le monde chante. Des chœurs partout. Une énergie collective, terriblement efficace.
Apparemment, cela faisait 12 ans qu’ils n’étaient pas venus au Luxembourg, mais en tout cas, ça ressemble à des retrouvailles. Après une quarantaine de minutes, le chanteur s’installe derrière un clavier. Le temps ralentit. Le groupe célèbre ses 20 ans, et là, moment suspendu : une lettre à son père, un morceau qu’il joue rarement « See me now » parce que trop dur. Les lumières sont braquées sur lui et les autres musiciens restent en retrait quelques instants avant de le rejoindre doucement au moment du refrain. Il demande au public d’allumer les téléphones et la salle se transforme alors en ciel étoilé. C’est beau. Après 1h10, c’est déjà la fin, enfin on croit que c’est fini… Mais non ! Le groupe nous gratifie d’un rappel. Deux titres phares du groupe, que l’on attendait désespérément, « Ooh la » et évidemment « Naïve ». Un concert sans artifices, mais chargé d’énergie, de lumière et surtout de rock.
Texte : Adeline Pusceddu
Photos : Carl Neyroud @Deadlysexycarl
The Kooks – Girl In The Year Above – Rockhal – Den Atelier























