SKUNK ANANSIE + SHELF LIVES – Les Docks, Lausanne – 11 mai 2022

La troisième date était la bonne. Après presque deux ans de report, Skunk Anansie a enfin pu faire sa tournée du 25ème anniversaire et jouer ses meilleurs titres en Europe, avec un arrêt à Lausanne, dans la salle des Docks, 6 ans après y avoir joué pour la dernière fois.

La première partie était confiée à un duo, Shelf Lives, qui a joué de l’electro punk sans grande originalité en profitant d’une salle bondée, Skunk Anansie ayant une fois encore fait sold out. Plein de bonne volonté et démonstratif, cela passe en concert, mais sans plus.

Quand l’heure annoncée du début du concert est dépassée, le public manifeste son impatience. Depuis le temps que l’on attend, personne n’a envie de patienter ne serait-ce que quelques minutes de plus.

Cela démarre fort avec Yes It’s Fuckin Political. Skin porte une coiffe mi gorgone, mi-Hellboy du plus bel effet. La salle est surchauffée et c’est probablement pour cela qu’elle l’enlève après un morceau déjà. Sur ce premier titre, l’anglaise joue un peu de Theremin … avec la langue. Deuxième titre, un de mes préférés parmi les plus récents, Because Of You. Sur le devant de la scène, les techniciens ont installé une bande pour permettre au groupe de se balader devant le public et personne ne s’en prive, notamment Skin qui se rapprochera à plusieurs reprises des premiers rangs, sans toutefois sauter dedans, Covid-oblige.

Les vieux morceaux, c’est-à-dire ceux issus des deux premiers albums, sont les plus plébiscités, en particulier Weak et Twisted. Le sol de la salle bouge, la foule est compacte, il fait trop chaud et cela sent un peu la sueur. Comme avant et comme c’est bon de participer à cela. Réentendre Hedonism, repris en choeur pour l’occasion, 25 ans plus tard, c’est juste magique.

Depuis quelques années, le groupe est accompagné par un nouveau membre pour les claviers mais aussi pour quelques percussions et surtout pour accompagner vocalement Skin. Erika, la jeune fille en charge n’hésite pas à tout lâcher pour prendre le micro et venir donner de la voix sur le devant la scène, comme sur Love Someone Else, ce qui apporte un vrai plus. Surtout que ce soir, fin de tournée oblige avec plusieurs dates consécutives, il y a un peu de fatigue dans la voix de la londonienne.

Un des récents singles, This Means War, malheureusement trop actuel, est dédié aux victimes ukrainiennes, mais également à celles d’autres pays en conflit. La fin de set est vraiment costaud avec Intellectualise My Blackness, Tear The Place Up et Charlie Big Potato.

Le rappel débute avec Piggy, un titre récent qui n’a pas la même qualité que tout ce qui a été joué avant, mais ce n’est que mon avis. Retour immédiat aux classiques avec Brazen joué dans sa version originale. Skin présente ensuite tout le groupe pendant que Ace joue Highway To Hell sur sa guitare. Quant le tour est fait, on a droit à une version karaoké du titre d’AC/DC, sympa mais dispensable. Le dernier titre nous ramène à Paranoid & Sunburnt, le premier album puisque nous avons droit à Little Baby Swastikkka.

Généralement quand le concert est fini, l’ingé son envoie de la musique. Là, les speakers crachent Best Of Me des Foo Fighters mais le groupe au complet est sur scène pour remercier longuement le public et rendre hommage au passage du défunt Taylor Hawkins.

Un concert d’une vingtaine de titres qui a récompensé notre patience, ravivé nos souvenirs et nous a rappelé qu’il n’y a rien de plus beau qu’un déluge de décibels un mercredi soir pour profiter de la vie. On se revoit aux Docks bientôt ?

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