La soirée s’ouvre sur The Legendary Orchestra, une formation symphonique… heu… comment dire… magistrale ? Non, plus que ça. Surpuissante. Avec une chanteuse principale dont la voix semble taillée directement dans un minerai très rare et un chœur mixte de six chanteurs qui déploient leurs harmonies. Sur scène, le décor déjà installé de Sabaton ajoute une couche de puissance visuelle, mais ils y ajoutent leur propre folie douce : un livre géant suspendu en l’air, massif, flottant comme un grimoire sacré.

Derrière ? Ah ! Petit secret de coulisses : se cache la batterie de Sabaton, trônant déjà, surélevée, prête à frapper les tympans. L’ensemble dégage une ambiance médiévale très prononcée, avec un rouge incandescent qui inonde la scène, des jeux de lumière pulsés comme des battements de cœur en plein combat. Les orchestrations reprenant Sabaton, tellement soignées qu’on en a des frissons dans le dos. Je… bref, c’était beau, ok ?

Puis viennent Sabaton, les maîtres du récit guerrier. Sabaton, pour ceux qui auraient vécu dans une grotte ces vingt dernières années, c’est LE groupe suédois de heavy/power metal spécialisé dans l’art de raconter avec panache, et sueur les exploits militaires. Formé en 1999, révélé dans les années 2010 avec des albums devenus cultissimes (The Art of War, Carolus Rex, The Great War), le groupe n’a cessé de repousser les frontières de la narration musicale. Dès l’ouverture, c’est… comment dire… un choc visuel.

Un décor de château fort, avec deux tours imposantes, des remparts hérissés. Avant même le premier riff, le groupe fait une petite pause scénique : un personnage déguisé demande qui parle français, qui parle anglais, il hésite, plaisante et puis, hop, décide de parler en français, s’il vous plaît. Parce que ce type déguisé c’est en fait Napoléon, suivi d’autres protagoniste… mais chut, je n’en dis pas plus.

La scène s’ouvre sur une mini pièce de théâtre, une vraie surprise pour ceux qui iront les voir sur d’autres dates. On n’spoil pas, ici, non. Et BOUM : entrée fracassante. Le groupe arrive déguisé, incognito, méconnaissable. Et sans crier gare, ça démarre fort avec “Templars”. Les murs tremblent, les lumières rouges embrasent la scène. Puis vient le tour de “Stormtroopers”. Et là franchement, la scène centrale, celle qui supporte la batterie déjà perchée, se soulève encore, encore ! Le batteur attaque un solo guerrier, nerveux, martelé comme un bombardement rythmique. Sur la chanson de Noël, changement d’ambiance : les téléphones s’allument, la salle devient une guirlande scintillante, d’un sapin de Noël illuminé inattendu au milieu des riffs. À un moment, Sabaton quitte la scène principale, descend dans la foule pour jouer “The Attack of the Dead Man”, suivi de personnages déguisés en prisonniers allemands.

Une procession macabre, théâtrale. La chanteuse de The Legendary Orchestra revient même sur scène pour prêter sa voix à quelques chœurs héroïques. Ces interventions lumineuses ajoutent une douceur, un souffle. Ça défile, ça change, ça se métamorphose. Les tenues s’enchaînent comme des actes d’une pièce d’opéra martial. Deux heures de show. Deux heures de métal lourd, narratif, magnifiquement orchestré. La scénographie est millimétrée, la mise en scène redoutablement pensée, mais… attendez-vous à beaucoup de discours. Sabaton aime raconter, expliquer, introduire. C’est un spectacle complet, un vrai spectacle. Pas juste un concert.

Texte : [Adeline Pusceddu]
Photos : [Deadly Sexy Carl]

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