Comment bien démarrer le week-end ? Franchement… on a la réponse, là, maintenant, depuis ce vendredi 24 avril, avec la soirée Metalcore, 100% scène française au Gueulard Plus. Sérieusement, comment passer à côté de ça ? Bon… quand on regarde le running order, Resolve à 22h30… ce n’est pas qu’on se fait vieux, mais… si, un peu quand même. Mais qu’importe. Alors direction Nilvange et ses quelque 4 500 âmes. Une petite ville un peu oubliée, posée là, au cœur de la Vallée de la Fensch. Une de ces villes où le métal, le vrai, celui des usines résonnait dans l’air il y a de cela quelques années encore.

20h30, les lumières tombent et c’est le groupe Syderals qui entre en scène. Formé autour de 2021, le groupe local. Quelques premières scènes dans le Grand Est, une fanbase naissante, et cette envie très palpable de… d’en découdre, quoi. Visuellement, ça fonctionne. En décor, deux gros caissons électriques encadrent la scène, ça claque, ça évoque une usine en surchauffe. Le chanteur, masque semi-facial et gilet pare-balles, impose une silhouette dure. L’énergie est là, indéniablement. Le son, lui, reste hésitant. La batterie met du temps à émerger, à frapper vraiment. Ce n’est que sur le dernier titre que tout s’aligne enfin, que la machine prend, enfin, toute sa puissance. Le chanteur donne tout. Vraiment tout. Quitte à perdre un peu en précision sur les parties en chant clair. Mais on s’en fout presque, parce que l’intention est sincère, brute. Moment suspendu, et franchement drôle, quand il demande au public de choisir entre Chuck Norris et Nicolas Cage. Oui oui, et bim, wall of death lancé comme un duel mythologique. Le genre de truc improbable… mais parfait. Il enlève son gilet, “Nicolas Cage” inscrit sur le t-shirt. Choix assumé. Respect. Ils terminent sur leur dernier single, tout juste sorti.

Il est 21h30 lorsque le groupe SUNBORN monte sur la scène du Gueulard Plus. Changement d’ambiance radicale plus sombre, plus froid. Projet plus récent, autour de 2022, SUNBORN explore un metalcore teinté d’électro industrielle. Pas de décor particulier hormis un drap en fond de scène rappelant le nom du groupe. Tous masqués. Pas un visage. Une identité effacée au profit d’une entité collective. Ça intrigue. Ça dérange un peu. Et clairement ça marche. Le son, cette fois, est nettement mieux calibré. Plus massif. Plus précis. Ça tape fort, vraiment fort. Le set monte progressivement. Lentement. Sûrement. Une tension qui grimpe, qui s’installe… jusqu’à embarquer la salle. Un set de 30 minutes, efficace et sans fioritures. Et si vous ne connaissez pas encore le groupe, on vous conseille vivement d’aller y jeter une oreille, parce que ça vaut le détour.

Il est ENFIN 22h30 quand Resolve prend place sur scène. Et là… oui. Là, on change de dimension.

Formé en 2017, le groupe s’impose depuis progressivement dans la scène metalcore française. Avec des albums salués et une montée en puissance impressionnante. On les attendait. Clairement. Depuis un moment. Et les voir ici, dans une salle à taille humaine… c’est presque irréel, alors on se devait d’y être. Dès les premières notes, le son est parfait. Limpide, massif, chirurgical. Chaque impact tombe juste. Chaque silence respire. Le set est d’une intensité remarquable, alternant entre des assauts frontaux et des respirations plus aériennes. Ça ne lâche jamais vraiment. Les lumières, parlons-en. Un travail fin, immersif. Des faisceaux tranchants, des nappes lumineuses qui enveloppent la scène… On est dedans. Complètement. Une construction de la set-list intelligente, fluide et des titres phares comme « Death Awaits » ou encore « Smile » et évidemment le groupe n’oublie ses premières créations, pour les plus « anciens fans », le morceau « Pendulum ». Le bassiste, col roulé, veste de costume, petites lunettes rondes, semble sortie tout droit de la matrice, littéralement. Des titres qui résonnent comme des hymnes, portés par cette énergie débordante, sur la scène comme dans le public. Petit moment de flottement quand un spectateur tente un slam depuis la scène… sans réception derrière. Oups. Plus de peur que de mal. Mais ça rappelle aussi que l’intensité, parfois, dépasse le cadre.

Une claque, simple, efficace, franchement, ce sont les meilleurs 17€ jamais investis depuis… longtemps. Trois groupes, trois énergies, trois visions. Et une constante, l’envie. La vraie. On en ressort avec l’envie de plus. Alors oui c’est sûr, qu’on sera devant la MainStage du Hellfest, dimanche 21 juin à 12h50 pour ne pas manquer Resolve.

Texte : Adeline Pusceddu

Photos : Marjorie D.

Liens :

RESOLVESUNBORN SYDERALS

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