Dans le petit monde du jeu vidéo, la franchise nipponne est un genre d’OVNI qui revient périodiquement hanter les gaijins que nous sommes. Après huit ans de silence, l’heure est venue pour les retardataires d’effectuer un bref rattrapage.

Un mois après sa sortie, il faut avoir fait preuve d’une cécité et d’une mauvaise volonté coupable pour ne pas avoir entendu parler du dernier bébé de chez Atlus. Le Monde, les Inrocks, même FranceInfo et la respectable RTBF n’ont pu faire l’impasse sur le phénomène. Jusqu’à ton putain de Daily Rock semble vouloir te vendre une énième japo-niaiserie. Oui, mais pourquoi ?

Faut les comprendre, aussi, les peintres en bâtiment de la presse généraliste. Quand tu fais ton job de tâcheron à coup de verni culturel pas cher, et qu’on te parle d’exotisme adolescent teinté de psychologie et de ‘sujets de société’, tu réfléchis pas deux fois. Ce qui compte au milieu de tout ce battage, c’est que bien plus qu’un sujet pour briller en cocktail mondain, tu tiens une bonne grosse bombe.

Imagines la chose. Tu arrives dans ton nouveau lycée au coeur de Tokyo, catalogué comme loubard pour avoir voulu jouer les héros une fois de trop, et tu te retrouves face à toute l’injustice que tu peux conceptualiser dans une vie d’étudiant. Abus des professeurs, vieux tarés exploitant sans vergognes de jeunes esprits malléables, et tout un cortège d’autres raclures dignes d’un Lord Voldemort du XXIe siècle. Il existe toutefois un autre univers, dans lequel ton statut de collégien lambda s’efface pour laisser place à un gentleman cambrioleur en mode #thuglife. Pénétrant les forteresses mentales des pourritures sus-mentionnées, tu devras venir à bout de donjons sadiques au level-design diabolique pour exposer leurs vils forfaits.

Ceci étant dit, on reste au Japon, alors crois pas que tu pourras sécher tes exams comme un petit branleur occidental parce qu’il ‘y avait des monstres à tabasser her soir’. Toute tes aventures impitoyables devront se dérouler dans l’espace balisé par tes multiples deadlines scolaires et sociales. Une année de cours t’attend, avec tout son cortège de relations sociales, matinées de cours et autres sessions de test pour lesquels t’as rien glandé.

…et comme dans une bonne enquête policière, faisant écho à un scénario dont on ne te dira rien d’autre par peur du perfide spoiler, chaque détail compte. Les relations que tu chéris, les compétences que tu développes, et chaque activité que tu choisis de caser dans un agenda plus ministériel qu’estudiantin influencera plus ou moins directement ta puissance en combat.

Une difficulté digne d’un bon gros Dark Souls, des niveaux immenses et tortueux, des thématiques traitée de manière crue et attachante à la fois font de ce nouvel opus le plus abouti de la série, et le témoignage ultime pour réduire au silence ceux qui pensent que le RPG old school à la japonaise est mort avec Final Fantasy.