Je vous avais prévenu ici, après le fantastique live au Nou Camp livré 5 jours précédent, je remettais le couvert à Lisbonne pour revoir le Boss dans le formidable cadre du Rock In Rio de Lisbonne, édition célébrant les 30 ans de la franchise qui, tour à tour, pose ses valises à Rio, Lisbonne, Madrid, et depuis l’an passé à Las Vegas.

Tout d’abord, je tiens à dire que Lisbonne est une ville superbe, que l’on y mange très bien, et que choisir cet endroit pour y voir un concert est assurément un excellent choix !

Un peu à la manière des festivals espagnols où les têtes d’affiche commencent généralement tard (minuit pour Blur à Benicassim l’an passé, par exemple), ici Bruce commence à 23h45. On arrive donc sur le coup des 22h pour découvrir le site et repérer où se placer correctement.

Sans surprise, le site est gigantesque : pas uniquement l’aire où les spectateurs regardent les concerts, mais également autour avec une quantité incalculable de stands de bouffe, de merch, de bars, ce qui fait qu’on n’a pas eu à attendre pour prendre nos tee shirts ou acheter des Super Bock. Il y a aussi beaucoup de terrasses et d’emplacements dédiés aux sponsors, que nous ne testerons pas. La palme du plus gros WTF de la soirée revient sans conteste à la tyrolienne, qui passe au dessus de la fosse de gauche à droite, et ce aussi bien entre que durant les concerts ! J’imagine que la vue et les sensations doivent être bien cool.

Ceci dit, on est avant tout venus voir notre héro, et avant ça on peut voir une bonne partie du show de Xutos & Pontapés, un groupe de rock local qui semble être assez énorme puisque la foule massée devant la gigantesque scène est massive et que leurs chansons semblent toutes être des tubes. J’ai bien aimé, notamment les parties lead guitare vraiment intéressantes, et le côté entraînant de ces chansons rock sans fioriture. Une bonne découverte donc.

On profite de la fin de ce show pour aller nous positionner convenablement, et nous rusons pour nous faufiler par la droite de la fosse et nous recentrer un peu pour arriver à un endroit légèrement surélevé, qui nous permettra de voir le show dans des conditions optimales. Il faut être honnête, du fond, on est tellement loin qu’on n’arrive pas à distinguer combien il y a de musiciens sur scène !

Après un feu d’artifice bien sympa, Bruce Springsteen et le E-Street Band rentrent sur scène comme d’habitude, sans musique d’intro, sans vidéo, simplement en saluant le public, le sourire aux lèvres, et c’est ce qu’on aime chez eux ! L’intro sur Badlands est comme une délivrance, suivie par No Surrender et My Love Will Not Let You Down (que je ne trouve toujours pas démente sur scène), exactement comme à Barcelone. Mais un concert du Boss, c’est des surprises, comme nous le rappellent le plutôt rare Cover Me, et la première sur cette tournée de Darkness on the Edge of Town, qui figure parmi mes chansons préférées du groupe. L’enchaînement avec Hungry Heart est un peu surprenant puisque que The Ties That Bind était systématiquement jouée sur ce leg européen (je le rappelle, la tournée est dédiée à The River), avant de poursuivre sur la première request du jour, The Promised Land, vraiment bien jouée avec son break parfait. A ce moment du show, on peut signaler deux choses: Patti n’est pas là, laissant Soozie Tyrell seule à la guitare acoustique et ramenant le bassiste Gary Tallent sur le devant de la scène, et le Boss et ses compères semblent moins communicatifs que quelques jours auparavant. Si la musique, toujours aussi parfaitement interprétée, avec toujours autant d’énergie et de conviction, est dans les standards du groupe, Bruce, Jake ou encore Steve ne profitent que peu des grandes plateformes sur les côtés de la scène, et les moments de répit entre les chansons sont très brefs, voir inexistants, et limitent donc la communication entre le band et le public. Ceci dit cela donne un certain rythme au concert, puis qu’aprés les deux premières sur cette tournée I’m On Fire et Downbound Train (ça en fait donc trois pour l’instant !!), je regarde ma montre pour la première fois et m’aperçoit que plus d’une heure est passée.

Bruce nous ressert cette exceptionnelle version d’Atlantic City, dont l’intro me donne encore une fois des frissons, avant d’interpréter Darlington County, avec une petite reprise du lick d’intro de Honky Tonk Woman (hommage d’un dieu de la Telecaster à un autre ?) puis Working on the Highway, que je trouve un peu plus dispensable. On enchaîne avec Johnny 99, autre première sur cette tournée, puis The River. Encore une fois, et même en s’y attendant, quel superbe moment ! L’émotion dégagée par cette chanson et la communion entre Bruce et son public rendent l’instant superbe. L’enchaînement avec le classique Because The Night (solo superbe de Nils Lofgren) et Spirit In The Night, cinquième « tour debut » de la soirée, et Lonesome Day, marque le début de la « dernière partie » du show, au bout d’un peu moins de deux heures.

Et oui…on est tellement habitués à avoir des performances fleuves qu’on trouverait ça presque court, mais il y a une raison : les concerts finissent à 2h30 du matin, et ayant commencé à 23h45, le show ne peut durer plus de 2h45. Ça explique donc pourquoi on enchaîne aussi vite, on évite de faire durer les morceaux durant des mini soli au plus près des fans, etc…Et c’est tout à l’honneur du groupe que de profiter au maximum du temps imparti pour nous offrir le plus de MUSIQUE possible, encore une fois, merci !

On commence donc avec la meilleure interprétation de The Rising que j’aie pu voir à ce jour, puis un Thunder Road sublime, et un Born In The Usa dont les premières notes basses de l’intro nous transpercent. Quelle énergie ! Born to Run est également un pur moment de grâce, avant le jovial Glory Days, qui permet à Bruce et Steve de venir haranguer la fule.

Le classique Dancing In The Dark voit ensuite Bruce inviter une jeune demoiselle à danser avec lui sur scène, même si, comme mentionné plus haut, cela est ici assez bref (5 ou 6 minutes au total pour la chanson), alors que cela peut parfois dépasser allègrement les 10 minutes sur d’autres dates.

Tenth Avenue Freeze Out et Twist & Shout viennent conclure ce show de manière magistrale, avant un retour du Boss pour interpréter, en guise de rappel seul avec sa guitare acoustique, une version poignante de This Hard Land, pour la seconde fois de la tournée après la date de San Sebastian l’avant veille.

Alors, qu’en conclure ? Premièrement, malgré le fait de l’avoir vu 5 jours auparavant, aucune lassitude, j’ai adoré ! J’adore Springsteen, j’adore le E-Street Band et j’en redemande. Ensuite, clairement, malgré un show « court » par rapport à d’autres, et un Bruce peut être un peu moins énergique qu’à Barcelone, on a eu le doit à notre lot de raretés et de surprises avec pas moins de 5 premières sur cette tournée (compris tournée US), un rappel acoustique assez rare, et des interprétations très marquantes de certains classiques tels The Rising, Born In The USA, The River, Atlantic City ou Badlands, pour ne citer qu’elles… Et au final, 27 chansons, et rien à jeter !

Mon seul regret vient du fait que ce soir, on n’aura eu que peu de chansons de The River, alors que Born in the USA a été joué quasi en entier… J’aurais bien aimé entendre Independance Day, Crush on You ou encore You Can Look (But You Better Not Touch), mais c’est bien là le seul bémol que je pourrais trouver…

Encore un concert exceptionnel donc, et ce qu’il y a de bien, c’est que le concert était télévisé, et que donc vous pourrez vous faire votre avis vous-même si vous n’êtes pas convaincus ! Et si ça vous met l’eau à la bouche, n’oubliez pas que la tournée européenne est loin d’être finie avec, notamment, des dates à Paris, Werchter, San Siro, ou encore Zurich qui s’annoncent bouillantes !

Merci Bruce Springsteen, merci le E-Street Band, merci Rock in Rio Lisbon !

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