Vous avez peur dans le noir ? Passez votre chemin. Le hard rock ampoulé des années huitante vous file des boutons ? Passez votre chemin. 
Allez, je rigole, ne fuyez pas si vite, il faut juste prendre tout cela au deuxième degré. Ce n’est pas parce que Creeper nous conte une histoire de Vampire qu’il faut ainsi craindre la nuit venue, et si la faconde maniérée du rock qui habille les dix titres sonne comme une ode à la flamboyance des productions eighties, elle est toujours cousue avec justesse et dévoile la finesse d’écriture du quintet. On en prend pour preuve l’énorme entrée de plus de neuf minutes, cheminant entre prog et metal, mêlant éternité et rêve, nuit et lumière, et qui laisse planer le spectre qu’un baiser entre les vampiresques protagonistes Mercy et Spook pourrait mettre fin à la vie. 
Tout ici respire l’enthousiasme et la fantaisie. Montez par-ci l’affaire avec un riff joliment carré, des chœurs gothiques et les claviers synthétique de « Cry to heaven », glissez par-là une ligne de guitare octavée et larmoyante sur « Sacred Blasphemy » et terminez par napper la rythmique baveuse de « Lovers Led Astray » d’un duo indissociable de basse onctueuse et de synthès plastoque. On croirait cette musique sortie tout droit de notre vieux walkman à cassettes. Mais il y a par-dessus ces mille couches qui élargissent le spectre musical et en soulignent la facette théâtrale. A commencer par la voix de Will Von Gould qui peut passer d’un baryton poussiéreux sur « The Ballad of Spooky & Mercy » à un fragilité pop sur « More Than Death ». Il y a aussi des saignées punk, un interlude doucereusement christique et les vapeurs crasse d’une électronique froide et noire. Hey, mais ne rallumez pas la lumière, le spectacle ne fait que commencer ! [YP]

creepercult.com

Note: 4/5

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