Ce vendredi soir, le public des Plaines d’Abraham a été témoin de l’énergie brute du quatuor français Last Train. Avec près de 15 ans de carrière et des centaines de concerts au compteur à travers l’Europe, le groupe n’a pas mis longtemps à s’imposer face à la foule du FEQ.
Fidèles à leur réputation, les Alsaciens ont livré une performance viscérale, naviguant entre la retenue hypnotique et l’explosion rock qui caractérise leur dernier album, III. Dès 19h00, la tension est montée d’un cran sur la scène Bell. Le groupe, reconnu pour son sens du spectacle et sa sincérité, a su captiver les festivaliers avec une intensité palpable, prouvant une fois de plus que leur musique est conçue pour la scène.
Rarement ai-je vu un chanteur délivrer ses textes avec une telle intensité. Jean-Noël vit ses morceaux, abordant des thèmes profonds comme la lutte intérieure, la désillusion, le doute et la résilience. On est bien loin du cliché rock où les groupes parlent uniquement de filles ou de voitures. Il n’est d’ailleurs pas le seul en totale symbiose avec sa musique : Julien, à la guitare, est à peine tenable. Avoir le privilège d’être au bord de la scène permet d’entendre les deux musiciens hurler hors micro tout en jouant, une preuve supplémentaire de leur engagement total. Si Antoine, à la batterie, et Timothée, à la basse, semblent évoluer avec une retenue plus contenue, ils demeurent les piliers indispensables à la cohésion et à la puissance brute de l’ensemble.
« I’m just trying to keep the fire alive, even when the wind is blowing against me. » — This Is Me Trying
Leur musique mélange des passages ultra-énergiques à des moments de calme où les mélodies de guitare font place à toute cette rage. Un concert en salle, avec un éclairage adapté à leur univers, doit rendre l’expérience encore plus forte. La setlist, mêlant titres emblématiques et sonorités plus sombres issues de leurs récentes compositions, a parfaitement servi de mise en bouche avant l’arrivée de Muse. C’est une formation en pleine ascension qui a marqué les esprits québécois ce soir, et que l’on espère revoir au Québec très bientôt.
« Still I’m looking for a place to call my own, but every single door I open leaves me more alone. » — Home
Le concert s’est terminé avec des accolades entre les musiciens, ce qui démontre qu’ils ne sont pas juste un groupe, ni même seulement des amis, mais de véritables frères qui montent sur scène pour tripper et offrir au public des moments comme ceux qu’on a vécus ce soir sur les Plaines d’Abraham. Il ne fait aucun doute qu’ils ont marqué les esprits et gagné, en ce vendredi soir, un grand nombre de nouveaux adeptes.
























