Depuis 2010 et la première présence de Daily-Rock au FEQ, l’industrie de la musique a énormément évolué. Si à l’époque on parlait encore de ventes physiques, le streaming dicte aujourd’hui sa loi et surpasse largement les formats CD, vinyle ou cassette. Pour s’en convaincre, une rapide recherche sur le groupe Cleopatrick, qui avait l’honneur de lancer les festivités sur les Plaines, suffit : la formation de Cobourg, en Ontario, cumule plus de 100 millions d’écoutes sur les différentes plateformes.
Ouvrir la soirée sur les Plaines d’Abraham reste un défi intimidant. La majorité de la foule, déjà dense, n’est pas venue pour vous ; il faut donc aller la chercher et la convaincre. Durant le temps qui lui était alloué, le duo, qui s’est parfois transformé en quatuor, a relevé le pari haut la main grâce à un Blues Rock teinté de grunge, livré avec une énergie brute et contagieuse.
Cypress Hill, qui n’en est pas à sa première visite dans la capitale avec des passages remarqués en 2014, 2022, 2023 et 2025, a clairement fait monter l’ambiance d’un cran. Dès les premières notes de How I Could Just Kill a Man, un nuage s’est élevé au-dessus des premiers rangs. Et non, ce n’est pas ce que vous pensez… enfin, pas complètement ! B-Real, Sen Dog, Eric Bobo et DJ Lord, qui ont tous la cinquantaine bien sonnée, ont toujours le feu sacré et l’ont prouvé devant une foule de plus en plus compacte. Tous les classiques des Californiens étaient au programme : Dr. Greenthumb, (Rock) Superstar ou encore l’incontournable Insane in the Brain. B-Real, qui a aussi évolué au sein de Prophets of Rage, nous a offert une solide surprise en reprenant Bombtrack de Rage Against the Machine. Le concert s’est terminé en apothéose sur Jump Around d’House of Pain, transformant l’avant-scène en un immense plancher de saut. Cypress Hill, on se revoit bientôt.
En voyant le nom de Limp Bizkit en tête d’affiche, certains ont dû se dire : « Pas sûr ! » Car lors de leur dernier passage à l’Agora de Québec en 2019, la grande foule n’était pas au rendez-vous. Mais là, c’était tout autre chose : le groupe connaît un regain de succès depuis plusieurs mois malgré l’absence d’un nouvel album. La foule devant la scène était très jeune, une bonne partie n’étant probablement pas née au plus fort du succès des Américains. Après un décompte sur les écrans, Limp Bizkit lance les festivités avec Hot Dog, suivi de Break Stuff, et là, rien à dire : la magie opère et on se retrouve instantanément en 1999. Malgré le poids des ans, le groupe dégage la même énergie qu’à l’époque. Et si, malheureusement, le décès de Sam Rivers en octobre 2025 a entaché ce retour en haut de l’affiche, la formation livre toujours la marchandise. Limp Bizkit enfile les hits comme on enfile des perles : My Generation, My Way (qui transforme les Plaines en un karaoké géant), Rollin’ ou encore Nookie ne laissent pas le public reprendre son souffle.
Après cette déferlante, la foule pensait avoir un petit peu de répit… Raté, car c’est là que Dylane entre en scène. Elle était à la barrière depuis le début de la journée, sa pancarte bien en mains. Fred l’a vue, elle sait qu’il l’a vue, et… Full Nelson débute. Elle met littéralement le feu car elle connaît la chanson par cœur, ce qui impressionne un Fred Durst qui la garde avec lui tout au long du morceau. On tient là le premier moment fort de cette édition 2026. Le show touche à sa fin et il était impossible de ne pas rendre un vibrant hommage à Sam Rivers, ce que fait le groupe avec la reprise de Behind Blue Eyes des Who. Take a Look Around et une ultime déflagration sur Break Stuff viennent clôturer ce concert. Ce qu’on peut en retenir, c’est que la place de Limp Bizkit est définitivement sur une scène, en espérant maintenant du nouveau matériel suivi d’une tournée.














































