Callum Graham (chant) et Charlie Manning-Walker (guitare), du groupe de punk The Chisel, ont accordé un moment à Daily Rock lors du Sylak 2025. Arrivés en retard sur le site de Saint-Maurice-de-Gourdans après quelques galères sur la route, les Londoniens nous ont pourtant réservé un accueil royal ! L’occasion de revenir sur les débuts de la formation, son évolution fulgurante et ce qui fait aujourd’hui sa singularité, le tout dans une ambiance aussi franche que détendue.

The Chisel a commencé en 2020, une période assez chaotique. Qu’est-ce qui vous a poussés à lancer ce groupe à ce moment-là ?

Cal : On était devenus potes peu de temps avant, et puis… les choses se sont faites progressivement. Au début on était trois : moi, Charlie et notre pote Nick. On a répété seulement quelques fois avant d’enregistrer. Puis tout s’est enchaîné.


Aviez-vous une direction artistique claire dès le début ou est-ce venu naturellement ?

Cal : Je voulais juste monter un groupe punk ! Et peu importe ce que ça incorporait, on ne voulait pas être un type précis de punk, on voulait pouvoir faire ce qu’on voulait.

Charlie : J’allais dire l’inverse : on n’aime pas faire un seul style spécifique, on aime juste faire tout ce qui est punk.

Cal : (confus) Mais… c’est exactement ce que je viens de dire !

Charlie : Ah  put*** ! Désolé. Je démarre un peu lentement… (rires généraux)


Pourquoi « The Chisel » ?

Cal : Je suis charpentier de métier, donc j’utilise un ciseau (ndlr. a « chisel ») comme outil.

Charlie : Ça sonnait bien. On avait essayé plein d’autres noms, mais… ils étaient trop nuls ! “Chisel” était une blague au début, puis c’est resté.

Cal : D’ailleurs, il y avait un autre groupe qui s’appelait Chisel dans les années 90, on s’en est rendu compte après coup. Et après on est devenus potes avec eux. Désolé les gars !

On vous mentionne souvent comme faisant partie d’une nouvelle vague d’Oi. Vous identifiez-vous à cette scène ?

Cal : Pas vraiment, non.

Charlie : On ne veut pas juste être un groupe d’Oi. On joue de tout. C’est pour ça qu’on joue au Sylak. Normalement, les groupes d’Oi ne joueraient pas ici.

Cal : On a des morceaux qui tirent vers l’Oi, comme ‘Rat Running Scared’, mais je ne dirais pas que notre album l’est dans sa totalité.

Quelles sont vos influences à tous les deux ?

Charlie : C’est assez éclectique. Par exemple, aujourd’hui, j’ai écouté de l’Italo Disco dans le van. La dernière chose que j’ai envie d’entendre après avoir joué du punk… c’est du punk ! Je vais plutôt me tourner vers du Bob Dylan ou quelque chose comme ça.

Cal : On aime des trucs différents, chacun d’entre nous écoute un peu de tout.

Cal, écris-tu les paroles tout seul ou est-ce un travail collectif ?

Cal : Je fais à peu près 95 % du travail, mais Charlie collabore parfois, car il écrit aussi les paroles pour son autre groupe. Donc toutes ses contributions sont bienvenues : il a trouvé les refrains de nos morceaux les plus populaires. Mais en général c’est surtout moi.

Charlie : C’est vrai, je suis bon pour les refrains, mais pas pour les couplets. Je ne parviens pas bien à exprimer les trucs correctement.


Vous avez tourné avec GBH, Circle Jerks, The Chats… Quels souvenirs en gardez-vous ?

Charlie : Les moments avec Circle Jerks étaient vraiment cool. On s’estime chanceux car tu ne peux jamais vraiment savoir comment un groupe va être, et quasiment tous ceux avec qui on a tourné ont été sympas. On avait envie de traîner ensemble et tout. Il faut dire qu’on est assez sociables. On aime bien boire des bières.

Comment avez-vous été accueillis en dehors du Royaume-Uni ?

Cal : Probablement mieux que là-bas ! Quand on joue au Royaume-Uni, c’est bien. Mais…  on dirait que le pays traverse une phase un peu bizarre. Il y a comme une petite baisse d’enthousiasme.

Charlie : Je suis assez d’accord. En Europe, les publics sont excellents, très réceptifs. On a eu d’autres groupes dont tout le monde se foutait. Donc on ne s’attend jamais à avoir de la reconnaissance et je suis toujours surpris quand quelqu’un aime le groupe !


Si quelqu’un devait découvrir The Chisel avec un seul morceau, lequel conseilleriez-vous et pourquoi ?

Cal & Charlie : ‘Chisel Boys’. C’est dans le nom. Et ça résume un peu tout.

Vous donnez tout sur scène. Comment parvenez-vous à garder cette énergie brute ?

Cal : Me concernant, j’ai tellement peur d’avoir l’air d’un put*** d’idiot, que je me dépasse complètement, au point de presque me tuer ! (rires) C’est littéralement juste ça. Si c’était moi, je resterais debout à chanter. Même assis, tiens. Mais je me dis : « Je dois bouger. Je dois pas avoir l’air con ! »

Pourquoi faites-vous encore du punk en 2025 ?

Charlie : Parce qu’on aime ça.

Cal : Ouais, on est punk. C’est notre scène. C’est notre vie, tu vois ? J’aime plein de styles différents, mais toute notre vie a été punk. C’est pas juste une phase.

Charlie (imitant la voix d’un ado) : « C’est pas une phase, maman ! »

[PICK AND PLAY]

Des questions surprise se trouvent sur la table. Cal et Charlie piochent, se la posent et y répondent.

Charlie (se tournant vers Cal): Quel est ton Disney préféré ?

Cal : Merlin l’Enchanteur ! (Charlie se moque et rigole). C’est un put*** de bon film, je l’adorais quand j’étais gamin !

Cal (se tournant vers Charlie) : Quelle chanson chantes-tu le plus sous la douche ?

Charlie : « Amarillo by Morning », une put*** de chanson country.

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