A l’instar du célibataire chronique, toujours à l’affût d’un coup d’un soir amical, le gratteux isolé montre une claire tendance à ne jamais refuser l’occasion d’une petite jam. Imaginons que l’industrie du cul virtuel présente audit célibataire un logiciel lui permettant d’organiser de véritables partouzes dans sa piaule, sensations physiques comprises, avec garantie. Vous entendez ce « plouf » ? C’est le bruit de son intégration sociale et de toute tentative de rencontrer des humains qui s’en va faire de la spéléo sous-marine dans les chiottes. Avec Guitar Pro, c’est une semblable bénédiction/malédiction qui est agitée sous le nez du guitariste SGF (Sans Groupe Fixe). Adieu locaux de répète, bonjour isolement monacal.

Guitariste très amateur depuis une grosse vingtaine, le soussigné ne proposera ici que des observations à la hauteur de sa technique instrumentale ; c’est pourquoi cette critique sera complétée par les commentaires de musicos confirmés, dont l’avis sera peut-être plus pertinent.

Enfin, pour faire votre propre analyse du logiciel il est possible de télécharger la version d’essai sur ce lien : goo.gl/PAADut


Quelle gueule ça a ?

Déduisons tout d’abord que le chiffre décorant le nom du logiciel laisse entendre l’existence de six autres versions, dont je n’ai point connaissance. Étaient-elles plus faciles d’accès, plus intuitives lors de la première prise en mains ? Allez savoir. L’interface se présente sous des teintes grise et bleue ; au centre, une partition délicieusement vierge ; à gauche, un empilement de signes cabalistiques, qui vous rappelle de douloureux souvenirs de conservatoire, parmi lesquels vous repérerez peu à peu des clés de sol, des croches simples ou multiples, et des choses jamais vues jusqu’alors. Promener le curseur à leur surface fait heureusement naître un pop-up garni d’une légende un peu plus précise.

Mais il y a surtout, parfaitement intrigant, un « instrument virtuel » qui vous fait de l’œil, soit un rectangle reproduisant la surface de votre outil favori, frettes et cordes comprises, en notation anglaise. On en sort des sons en cliquant dessus, avant d’apprendre comment le faire résonner par le clavier. Il faut faire mumuse avec un certain moment pour le maîtriser, dans la mesure où l’on n’y a pas les repères des doigts (et aussi parce que c’est fendard, attendez-vous à retomber quelque peu en enfance).

Qu’est-ce qu’on peut faire avec ?

Quelques heures de bidouillage plus tard, c’est un pur bonheur de composer ses propres riffs de gros métal bourrin, et la chose se laisse approprier relativement vite. Pour vos premiers pas, vingt-deux « modèles » de style musicaux sont à disposition, dont « Metal Band », « Stoner Band » et « Thrash Band » pour l’univers brutal qui nous intéresse ici. Gratte bien sûr, mais aussi basse et batterie n’attendent que votre commandement pour commencer à dépoter. Le manche virtuel s’arrête à l’accordage classique, mais il est possible de composer des mélodies chthoniennes au possible, façon Crowbar voire plus lourd si affinités, en descendant suffisamment sur la partition via le clavier.

Naissent alors des morceaux que tu n’entendais jusqu’alors que dans ta tête, sans jamais avoir les moyens de les réaliser. Le son de la batterie est couillu à souhait et tout se superpose avec une cohésion dont ne saurait rêver un groupe de potes sobres, l’on s’amuse donc comme un moutard découvrant le concept de bagnole téléguidée. Toutes les nuances imaginables d’une partoche classique sont disponibles, avec ce que cela suppose d’ésotérisme. Le profane passe donc un certain temps à infliger divers traitements à quatre notes, histoire d’en saisir toutes les subtilités. as évident au premier abord de produire de gros barrés agressifs, les accords se suivant de manière très saccadée. Et puis on trouve la fonction « palm mute » appliquée à la note : dans le modèle thrash, on n’est pas loin d’une complète érection. Toutefois, au-delà d’un certain BPM, le résutat final se rapproche plus de l’électro que du metal, rappelant les premières boîtes à rythmes infoutues de recréer la touche hystéro d’un blast beat fait à la main. On se fend bien la gueule jusqu’au tempo thrash, mais lorsqu’on s’essaie au black metal, la sensation de découpage/collage est un poil trop flagrante.

Après les gros riffs, tentons les soli. Le son le plus agressif disponible évoque toutefois plus le clavecin que la guitare saturée, la faute à un son plus précis qu’abrasif. Mais l’éventail des possibilités est sans doute l’aspect le plus étonnant de Guitar Pro, spécifiquement pour recréer des effets qu’on ne pensait pouvoir faire qu’à la main, et sans trop savoir comment les nommer. Coup de chapeau particulier aux nuances de l’outil vibrato, du trémolo, du slide et autres tapping. Ils permettent non seulement de composer précisément une mélodie, mais de leur donner tout le caractère qu’on espérait lui conférer sur le manche.

Composer une partition de batterie à l’aveugle est plutôt rigolo, mais demande là aussi du temps pour prendre ses repères. Si le piano à clavier virtuel ad hoc s’apprivoise assez rapidement, il faut assimiler un ensemble de signes kabbalistiques en enfilade auquel l’on ne pige pas tout du premier coup. En outre, pour qui n’est absolument pas familier de la notation en général, il faut de nombreux essais chaotiques pour piger comment diviser chaque mesure de manière à ce que notes et accords démarrent ou stoppent au moment voulu. Par exemple, les quatre coups de cymbales donnant le tempo avant que ne démarre la batterie doivent être enregistrés en double croches, mais pour que le quatrième tombe juste avant le début de la mesure suivante, deux silences doivent être enregistrés en noires !

Reste qu’avec la persévérance que nourrit l’enthousiasme enfantin, tout cela est somme toute très intuitif.

Les limites du truc

Vient rapidement l’envie de s’en servir comme un logiciel de mixage, ce qu’il n’est pas prévu pour. On se dit que, sur la base du gros grindcore bourrin que l’on vient péniblement de composer, une piste voix avec des aboiements de clebs ou des bruits d’émeute serait du plus bel effet. Si c’est possible, le soussigné n’a pas trouvé comment faire.

Une fonctionnalité plutôt plaisante : la possibilité d’importer des pistes de morceaux connus, enregistrées au format MIDI, histoire de voir comment se joue ce putain de riff de Dave Mustain ou KK Downing sur lequel vous suez depuis votre lointaine adolescence. C’est aussi l’occasion de déconner : notons ainsi qu’une « chanson » de Jean-Louis Costes, une fois ainsi transcrite, prend des airs d’insane gribouillage pour musée de l’art brut ou poubelle d’asile psy.

Incriminons en priorité mon vieux PC fatigué, plutôt que le logiciel tout neuf. Il n’empêche qu’au cours de plusieurs semaines de bidouillage, des bugs étranges ont été constatés. Ainsi le logiciel se plante au moment de créer une nouvelle piste, ou le clavier/manche virtuel se déclare inaccessible sans préavis… Il n’est alors plus possible de modifier la partition qu’au clavier, ce qui est assez agaçant, et il faut se résoudre à enregistrer pour redémarrer la chose, ce qui est très agaçant.

Et ne me lancez pas sur le plantage inopiné de tout le programme, parfaitement horripilant. Il arrive également que des notes ou des accords clairement posée sur la partition ne soient tout simplement pas joués lors de la lecture. Le guide de l’utilisateur n’est pas d’une clarté stellaire non plus, en particulier en ce qui concerne les raccourcis claviers et quelle commande à quel effet.

Alors, j’aime ou j’aime pas ?

Oh que oui, j’aime, aucun doute là-dessus ! Plutôt chronophage, ce merveilleux programme vous isole dans une bulle musicale où même les tâtonnements sont jouissifs. Il permet de mettre en forme, seul dans son coin, de véritables démos n’attendant plus qu’un groupe pour les tester sur instruments non-virtuels, d’affiner la complexité d’un solo, de donner vie à des mélodies que l’on se croyait à jamais seul à pouvoir entendre. Mais les professionnels auxquels il est destiné en parlerons sans doute mieux que votre serviteur, qui a assez blablaté comme cela.

A présent découvrez les avis de guitaristes confirmés !

Stephane Geiser – Novembrer-7

J’utilise principalement GP pour écrire les riffs et solos de November-7 ; je ne compose rien avec cet outil car je préfère utiliser un vrai DAW comme Logic Pro X pour pouvoir utiliser mes plugins et faire un meilleur mix. Je l’utilise également pour apprendre des morceaux d’autres groupes, car il est très facile de trouver presque tout ce que l’on veut jouer au format GPX sur internet. Je ne m’attarderais pas sur les sons du mode RSE (Realistic Sound Engine) qui sont secondaires pour mon usage. Comme nous pouvions nous y attendre l’interface a été modernisée par rapport à GP 6 ; les icônes et boutons en 3D passent en 2D comme dans les OS actuels, elle a de plus été adapté pour supporter les hautes résolutions des écrans Retina et HD. Il faut également chercher certaines fonctions qui ont changé de place mais en résumé, après quelques heures de travail, on remarque que l’interface a gagné en ergonomie. Une des nouveautés est le Tuner polyphonique qui permet de voir l’état de son accordage d’un seul coup de médiator en utilisant le micro de l’ordinateur, Perso je préfère l’accordage corde après corde qui me paraît plus fiable.

En conclusion je ne pense pas qu’il y ait de nouvelles fonctions révolutionnaires dans cette nouvelle version mais GP reste pour moi le programme le plus abouti pour la notation de tablature pour un prix plus que correct.

http://www.november-7.com/


Jérôme Fischer – prof de guitare

Si les premières versions étaient principalement utilisées afin d’éditer des partitions, les améliorations technologiques ont vite permis au programme de se muer en prof ou répétiteur, en offrant la possibilité de jouer les partitions en temps réel avec une banque de son de plus en plus réaliste, surtout en ce qui concerne les sons de guitare qui le deviennent également !!

Le programme se présente sous la forme d’un éditeur divisé en trois palettes ; le volet d’édition situé à gauche qui regroupe tous les signes et autres sigles (mesures, # & b, silences etc), à droite on retrouve l’inspecteur qui permet de nommer le projet et de mettre tous les détails concernant la partition (artiste, auteur, tonalités, copyright…) ainsi que de choisir les sons parmi une banque de plus de 1’000 preset, choisir l’accordage, ainsi que de transposer les notes. Pour finir, on retrouve une palette de « vue d’ensemble » en bas de l’écran qui représente les pistes de chaque partitions ou projets, qui offre une grille d’arrangement pour changer de piste, permet de déplacer des sections entières le tout avec une fonction de mix permettant de régler la panoramique (son au centre ou plus a gauche/droite de chaque piste) ainsi que le volume et l’égalisation (basse médium aigus). Dans cette version, il est désormais possible de de brancher sa guitare via une carte son externe et profiter d’une banque de 1’000 sons pré-réglés très réalistes ! Il devient facile de faire sonner sa partition avec le son de David Gilmour ou de Joe Satriani !

Vous pouvez aussi exporter vos fichiers aux format de votre choix (mp3, WAV, FLAC, AIFF ou Ogg) afin de les partager facilement. Il serait bien long d’expliquer toutes les possibilités qu’offre ce nouvel opus de GP, alors je vais faire court mais concis… Guitar Pro 7 est un must à avoir si vous voulez créer des partitions, travailler un morceau en détail ou encore transposer une grille d’accord, un programme indispensable à tous les musiciens que vous soyez guitariste flutiste ou chanteur. Guitar Pro 7 vous permettra de travailler tous les aspects de la musique de manière efficace et ce de manière assez intuitif ! Excellent programme dans son ensemble, essayez la version gratuite pour vous faire votre propre idée !

www.jerrock.com


Boris (à gauche) – Monkey3 & enseignant de guitare à l’école Music Arts

Je suis un utilisateur du logiciel Guitar Pro depuis la version 6. Je l’utilise pour la lecture de partitions, la création d’exercices pédagogiques et pour la composition. J’ai récemment fait l’upgrade à la version 7. L’ergonomie a été améliorée, tout est dispo dans la même fenêtre, ce qui représente un gain de temps notable et on peut finalement zoomer avec la roulette de la souris. La qualité des sons est légèrement meilleure et plus réaliste. Avec la version 7 on peut maintenant avoir une notation en tablature pour tout les instruments, ce qui est très utile à des fins pédagogiques pour les personnes n’ayant pas particulièrement de notions de solfège.

Cependant, avec cette nouvelle version j’aurais apprécié certains upgrades qui ne sont toujours pas présents. On ne peut toujours pas gérer l’espace des systèmes comme on le désire, ce qui oblige à rester dans un canevas précis et cela peut être fastidieux pour l’écriture d’exercices spécifiques ou certaines formes de partitions. Il n’est toujours pas possible d’écrire des « partitions » uniquement avec des diagrammes d’accords, utile pour l’enseignement.

En résumé, version 7 globalement améliorée par rapport à la version 6 mais pas de grand changement non plus en fonction de l’utilisation que l’on désire faire de Guitar Pro.

www.monkey3official.com

www.musicartsacademy.ch


Bakdosh – The Erkonauts

Guitar Pro est le logiciel de référence de lecture et écriture pour partitions et tablatures de guitare. Seulement voilà, cela fait une éternité que Guitar Pro 6 est sorti (2011), et une mise à jour majeur était attendu comme le mec qui se pointe avec un pack de six et douze bouteilles de jaja à deux heures du matin quand il n’y a plus rien à boire à une fête. Là où GP6 proposait une interface probablement créée par une équipe pour qui le summum du confort utilisateur est Java sous Windows 95, GP7 propose une interface plus épurée, plus rapide, élégante et très facile à prendre en main. Il y a certes encore quelques ratés, mais d’une manière générale cette refonte justifie à elle seule la mise à jour. D’un point de vue compatibilité, GP7 lit sans problème les versions précédentes, mais introduit un nouveau format (il n’est donc pas possible de lire sur GP6 une partition crée sous GP7).

Dans les améliorations notables, il est également plus facile d’écrire pour d’autres instruments que la guitare, la lecture et transcription automatique des fichiers midi en partition fait enfin du sens, et on peut enfin verrouiller ses fichiers pour empêcher les modifications involontaires. Le virtual fretboard a aussi été largement amélioré, et GP7 permet également de crée un layout personnel qui est automatiquement appliqué à tous les nouveaux fichiers. En revanche, la fonctionnalité de line-input pour brancher sa guitare et jouer sur GP7 est très anecdotique et limite inutilisable, et si le moteur « Realistic Sound Engine » a été amélioré, la différence de qualité ne saute pas aux yeux (mais à part pour du karaoké, qui s’en sert vraiment ?). Au final, une évolution logique et dans le bon sens.

www.erkonauts.com


Valery Veings & Loïc Duruz – Elferya

Dès l’ouverture du programme, nous nous apercevons que le logiciel sur lequel nous éditons nos partitions a gagné en convivialité. Changement de décor sympathique sans que l’on perdre nos repères par rapport à la version précédente. Histoire de se rassurer, nous ouvrons un ancien fichier. Pas de souci, celui-ci fonctionne toujours sans perte de données.

Après quelques manipulations, Nous constatons une grande amélioration des sons de guitares principalement. Si on ajoute une amélioration des bends, le rendu est bien plus réaliste. un bémol reste au niveau des slides encore peu naturels. Le choix des instruments se situe dans une fenêtre à droite de l’écran. Il contient quelques nouveautés. Cependant il pourrait être d’avantage visuel, par exemple sur l’organisation des pédales et des réglages.

La nouvelle ergonomie proposée est un gain de temps non négligeable lors de l’édition. Il est également possible par l’intermédiaire d’une carte son, de brancher sa guitare et de profiter des sons proposés par Guitar Pro 7. Voilà une option qui réjouira tous ceux qui voudront apprendre à jouer un morceaux.

www.elferya.com

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